Climat – le BASIC s’en prend à l’Union Européenne

   Réunis au Brésil, il y a quelques jours, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Chine, les 4 pays émergents regroupés au sein du BASIC ne veulent pas s’en laisser compter par l’Union européenne. Ils veulent la prolongation du protocole de Kyoto et non un nouveau document.

 

Le BASIC est un groupe  créé en 2007 dans le but de coordonner des négociations sur le changement climatique. 

Lors de la rencontre d’août dernier, ses quatre membres se sont donné pour objectif de préparer la prochaine conférence des Nations Unies.

Elle se tiendra à Durban (Afrique du Sud) du 28 Novembre au 9 Décembre prochain.

 

Mais avant même le début de cette conférence, leur position est claire et rigoureuse : dans le communiqué qu’ils ont publié à l’issue de leur rencontre, les 4 pays émergents ont souhaité que  la prolongation du protocole de Kyoto au-delà de 2012 soit « la priorité numéro un de la prochaine conférence de l’ONU sur le climat ».

 

Si tel n’était pas le cas, si la conférence ne permettait pas de prolonger le protocole, les 4 pays estiment que cela

« saperait les principes du multilatéralisme à la base de la lutte contre les changements climatiques dans le cadre de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ».

 

Refusant tout nouveau protocole ou autre mécanisme, le BASIC estime que la non prolongation du protocole de Kyoto traduirait également

« un recul de la volonté politique à lutter contre les changements climatiques. (…).  Il est difficile de concevoir qu’un pays puisse se retirer du protocole de Kyoto pour faire plus d’effort ».

 

Dans cette logique, les 4 pays demandent plus d’engagement dans le sens du protocole de Kyoto,

« le seul instrument juridique obligeant les pays développés à réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

 

Rappelons que lors de la mise en place de ce protocole (en 1997), certaines puissances industrielles, (notamment les Etats-Unis), n’avaient pas ratifié le document.

Ce que n’a jamais cessé de dénoncer le BASIC qui aujourd’hui, leur demandent fermement de  «prendre des engagements similaires » à ceux définis à Kyoto.


 

La démarche a-t-elle une chance d’aboutir ? Pas sûr du tout !

En effet,  outre les pays développés qui maintiennent leur refus de ratifier Kyoto du fait que les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, en l’occurrence, les USA et la Chine, n’y ont pas adhéré, certaines puissances émergentes, comme la Russie, ne semblent pas disposées à proroger le protocole de Kyoto.

 

Le BASIC rétorque qu’il a

«beaucoup fait pour combattre le changement climatique en présentant des objectifs ambitieux » et que cela « conduit à exiger des pays industrialisés des objectifs de réduction de CO2 beaucoup plus significatifs que ceux présentés jusqu’à présent ».

 

Le Basic souligne enfin  que la survie du protocole de Kyoto

« est contingente à l’adoption d’objectifs de réduction des émissions de CO2 par les pays de l’Annexe 1 dans le cadre d’une deuxième période d’engagement sous le protocole de Kyoto ». 

 

Ce faisant, ils épinglent l’Union Européenne qui cherche une solution pour prolonger le mécanisme de développement propre sans nécessairement s’engager via une deuxième période sous le protocole de Kyoto.

 

De même, le Basic regrette vivement les politiques unilatérales menées par certains acteurs, et en particulier l’UE :

« Les ministres ont exprimé leur inquiétude face aux mesures unilatérales, planifiées ou adoptées, qui entraîne des impacts négatifs pour les autres pays »,

 

Et de dénoncer la décision de l’UE d’introduire l’aviation dans le système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre.

  

Le BASIC se réunira fin octobre à Pékin.

Donc avant le sommet de la CCNUCC.

 

Le chemin à parcourir est encore long avant d’aboutir à un accord général…

 

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3 Commentaires sur

Climat – le BASIC s’en prend à l’Union Européenne

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    Les pays développés doivent choisir des modèles durables qui seront ensuite adoptés par les nations en voie de développement plutôt que de tenter de dissuader les secondes de suivre leurs traces,:c’est la position du négociateur climat du Brésil
    et il n’a pas tort du tout.

  • ùXBäNo Gravatar |

    @jean-jacques c’est très clair ! les émergents n’acceptent plus le discours paternalo-colonialste
    du  » faites ce qu’on vous dit et pas ce que nous avons fait « …et ils ont raison ! mais on peut craindre que cela leur serve de pretexte pour ne
    rien faire de significatif pour la protection de l’environnement. en ce domaine , comme en beaucoup d’autres , comme la gestion de l’eau , des denrées alimentaires et des flux financiers spéculatifs qui tournent autour de la planète à la vitesse d’un « click  » de souris , nous sommes à une époque charnière où il faudrait un consensus
    mondial sur l’ensemble de ces sujets alors que nous ne disposons pas encore des structures de décision et de suivi à la hauteur des enjeux…
    et pendant ce temps les situations s’aggravent !

  • SophieNo Gravatar |

    Serons-nous obligés d’arriver à un point de non-retour (si ce n’est déjà fait) pour que tout le monde s’accorde enfin sur des actions communes et urgentes concernant notamment la gestion de l’eau, qui devient primordiale au plan mondial ?

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