Conseil général – Vie chère – Ou comment faire payer par les Réunionnais eux-même ce que l’ État nous doit

 

   Je vous invite à prendre connaissance du communiqué de presse du groupe PCR – Alliance au Conseil Général relatif aux discussions en cours sur la vie chère en Préfecture.

 

Malgré l’expression de 2 des 3 groupes de la majorité lors de la réunion du groupe majoritaire de vendredi dernier, le groupe PCR-Alliance prend acte que la Présidente du Conseil général a fait le choix de maintenir sa position sans tenir compte des propositions et réserves formulées par des composantes de sa majorité sur la question de l’engagement du Conseil Général à financer des mesures qui concernent uniquement le secteur privé, ou régi par l’État.

 

Intervenir avec l’argent public localement (donc les contribuables réunionnais) sur des dispositifs de soutien à la baisse des prix des produits de 1ere nécessité, à l’application plus large d’un tarif social pour l’électricité ou en intervenant sur le prix du gaz ou du carburant, revient tout simplement à financer ces monopoles qui sont les seuls à pouvoir agir efficacement sur les prix en jouant sur leurs marges.

 

De surcroit c’est un précédent inédit, puisque jamais dans le règlement de tel conflit les collectivités locales n’ont eu à ce point à se substituer à l’État ou au secteur privé.

 

Il suffit de comparer avec ce qui s’est encore récemment passé à Mayotte où l’État s’est directement impliqué aux côtés des acteurs privés et syndicats pour apporter des réponses à la question de la vie chère sans que le Conseil Général n’ait eu à intervenir pour faire baisser les prix.

 

Le risque financier est donc important pour la collectivité qui s’engage sur un champ qui ne relève pas de sa compétence.

 

La collectivité s’affaiblit donc au plan financier ce qui rendra encore plus difficile l’exercice de ses propres compétences en particulier dans le domaine social où la pauvreté montante alourdit chaque jour davantage les charges à assumer par le Conseil Général.

 

Ceci au moment, nous l’avons déjà rappelé, où des actes de décentralisation de l’État ne sont pas compensés à l’euro près (déficit de compensation actualisé à plus de 500 millions d’euros).

 

Le seul exemple du tarif social de l’électricité est flagrant :

les prix de l’électricité sont fixés par l’État par arrêté ministériel,

c’est EDF qui assume aussi la péréquation tarifaire,

et enfin c’est encore EDF qui assume le tarif de première nécessité par décret ou arrêté pour les publics aujourd’hui éligible à la CMU.

 

Le Conseil Général prend donc une responsabilité financière nouvelle que l’État et EDF devait pourtant assumer.

 

En finançant cette mesure sur les crédits réservés à l’amélioration de l’habitat, cela correspond à renoncer pour part à un engagement fort pris en début de mandat envers la population qui en bénéficie.

 

Pour conclure, le groupe PCR-Alliance maintient l’orientation selon laquelle l’État doit assumer ses responsabilités en relation avec les acteurs concernés que ce soit la grande distribution, les pétroliers ou encore EDF.

 

Le Conseil Général doit se positionner aux côtés des familles réunionnaises qui revendiquent pour une baisse des prix afin d’obtenir de vraies avancées auprès de ceux qui sont en position de décider des variations significatives de prix.

Les Réunionnais n’ont pas à payer plus que les autres concitoyens de France et d’Outre Mer.

 

Les fonds publics du Conseil général doivent être préservés pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin et qui font appel de façon croissante aux dispositifs sociaux (aide sociale, habitat, ….) de la collectivité.

 

Saint Denis, le 28 février 2012


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3 Commentaires sur

Conseil général – Vie chère – Ou comment faire payer par les Réunionnais eux-même ce que l’ État nous doit

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    Tout cela uniqiuement avec des visées électoralistes !
    Dindar / Robert : même combat, iune politique à la petite semaine, une gestion du budget qui n’est pas celle « d’un bon père / mère de famille » ; on a de l’argent, on dépense et quand il n’y aura plus… ce seront les plus défavorisés qui seront pénalisés (pour le département) pour la Région, une fois qu’on aura fini le carnaval au Seychelles, comment on va financer les retenues collinaires pour l’irrigation?

  • DominiqueNo Gravatar |

    Nassimah Dindar et Didier Robert voudraient préparer La Réunion à l’indépendance ou à l’autonomie, ils ne s’y prendraient pas autrement: position fusionnelle de la Région et du Département unis dans un même souhait: se substituer à l’Etat,
    qui plus est, ils se substituent également au secteur privé (grande distribution)

  • Boismery HervéNo Gravatar |

    Il est navrant que des fonds publics initialement destinés à l’investissement soient affectés à subventionner la consommation populaire sur une base aussi fragile que des baisses de prix nécessairement provisoires. Ces prix avaient du reste déjà augmenté et reprendront leur tendance à la hausse d’ici quelques mois.

    Le Préfet l’a du reste clairement affirmé: « les prix ne sont pas gelés ».

    Un exemple: le prix du litre de carburant diésel va diminuer de 8 centimes, ce qui nous donnera 1.21 euros à la pompe (au passage, on doit mentionner que ce même diésel coûte l’équivalent de 1.07 euros à Maurice, soit 41.20 roupies, après la décision du gouvernement mauricien de ne pas autoriser d’augmentation du prix des carburants). De toute évidence, dans quelques semaines,à La Réunion, les prix du carburant augmenteront à nouveau…sauf à ce que s’effondrent les prix sur le marché mondial, perspective totalement exclue.
    Les mesures de baisse des prix vont coûter des dizaines de millions d’euros à la collectivité et compromettre de nombreux projets d’investissement.
    Ces décisions hâtives, inspirées par la peur de l’émeute, ne peuvent en aucun cas être considérées comme le fondement d’une politique des prix et des revenus dont La Réunion a cruellement besoin.

    En outre, le problème de la « vie chère » ne sera jamais résolu sans une diversification des sources d’approvisionnement et sans un recours à de nouveaux fournisseurs « hors Europe ».

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