Alerte-Urgent – Îles artificielles : joujou des milliardaires mais surtout survie pour des milliers d’insulaires

 

  http://projets-architecte-urbanisme.fr/projet-lilypad-par-larchitecte-vincent-callebaut-cite-flottante-ecologique-et-autosuffisante/lilypad-callebaut-cite-ecologique-refugies-climatiques/

 

Îles artificielles : paradis pour milliardaires désoeuvrés… mais surtout une nécessité pour celles et ceux qui, dans les années à venir, vont voir leur terre natale engloutie par les eaux à cause des changements climatiques !

 

Cette idée de bâtir des îles artificielles est très vieille :  en Amérique du Sud, par exemple, au beau milieu du lac Titicaca, le peuple péruvien Uros s’était installé sur une quarantaine de villages flottants faits d’herbes.

 

Tenochtitlan, ville aztèque, s’était érigée sur une petite île naturelle du lac Texcoco entouré par des centaines d’îles artificielles. 

 

Neft Dasalri, est une ville construite au milieu de la mer Caspienne par Staline, pour accueillir… des travailleurs du pétrole !

 

D’autres pays comme la Hollande, le Japon, le Mexique ont aussi fait sortir de nulle part ou de terre  des îles artificielles pour accueillir des aéroports, des logements ou des bureaux. Des créations fonctionnelles.

 

Mais lorsqu’on parle d’îles artificielles, on pense tout de suite à Dubaï.

Elles ont  constitué un des premiers projets pharaoniques de ce 21e  siècle.

 

Baptisé The World, ce projet des émirats prévoyait la construction de 300 îles reproduisant une planisphère, chaque île représentant un pays du monde.

 

L’idée venait d’un prince milliardaire et étaient censées être protégées par un immense bouclier servant de brise lame.

 

Le projet a quelque peu pris l’eau. Mais cela a donné des idées à d’autres milliardaires.

 

En 2009, un projet, tout aussi pharaonique, devait s’installer au large du Liban, plus précisément en face de la ville de Damour ; elle aura la forme d’un gigantesque cèdre du Liban.

Et bien, évidemment, c’est une île résidentielle pour milliardaires.

 

C’est aussi le projet d’un milliardaire américain qui souhaite se lancer dans la construction d’une île 100% artificielle au large de San Francisco.

Bien plus qu’une île en fait. Car c’est un véritable État qu’il espère créer.

 

Un État peuplé de libertariens, prônant la liberté absolue des individus et appliquant les principes du laisser-faire et de l’autogestion.

 

Dans ces trois derniers cas de figures, cela relève du gadget pour milliardaire ne sachant pas comment dépenser ses revenus.

 

Une île artificielle pour ne pas disparaître 

 

Mais pour d’autres, la création d’îles artificielles est une question de survie.

C’est notamment le cas pour les petits Etats insulaires du Pacifique.

 

Ces petits Etats insulaires du Pacifique sont confrontés à la montée des eaux, du fait des changements climatiques.

Une montée qui ne pourra pas être contenue.

 

C’est donc leur survie qui est en jeu.

Ces 16 États du Pacifique viennent de demander l’étude des possibilités de déménagement des populations.

Il y a urgence, comme aux  îles Kiribati : 33 atolls, une zone maritime de plus de 3 millions de km2 perdus dans l’océan,  pour seulement 810 km2 de terres émergées et étroites.

 

Déjà, de nombreux villages ont été déplacés, pour échapper aux montées des eaux, vagues, houles etc.

Avec un point culminant à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer, la submersion est rapidement possible.

 

Et l’eau de mer arrivant sur terre s’infiltre dans les nappes phréatiques, rendant l’eau impropre à la consommation, détruit les cultures. Sans compter le phénomène d’érosion lié à la montée des eaux.

 

Trop tard pour l’adaptation ! 

 

Le président de Kiribati, Anote Tong a annoncé que son pays étudiait comment déplacer ses 100.000 habitants sur des îles flottantes construites sur le modèle de plateformes pétrolières géantes.

 

«Il ne s’agit plus de s’adapter à un environnement changeant mais de survivre.

Si vous étiez confrontés, avec votre famille, à la possibilité de voir votre maison submergée, sauteriez-vous sur une île artificielle ?

Je pense que la réponse est oui».

 

Et c’est bien pour une question d’argent que d’autres îles vont disparaître dans une indifférence quasi générale.

En effet, faute d’aides et de fonds, les îles  Tuvalu, Tonga,  Maldives, îles Cook, Marshall ou encore Salomon sont  toutes en train de perdre la bataille contre l’élévation du niveau des mers.

 

Selon le Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), le niveau des océans pourrait monter de 20 à 90 cm au cours du XXIe siècle!

 

Et les scientifiques les moins alarmistes prévoient qu’une hausse d’un mètre pourrait entraîner l’engloutissement de nombreuses terres émergées (6% aux Pays-Bas, 17,5% au Bangladesh, 80% environ dans l’atoll Majuro, en Océanie – Iles Marshall, Kiribati et Maldives).

 

À l’image de lilypad, cité flottante écologique pour réfugiés climatiques ? 

 

La solution pourrait être copiée sur ce qu’a réalisé le Mexique, qui a bâti Spiral Islande à partir de 250.000 bouteilles de plastiques.

Ce n’est donc pas totalement utopique.

 

D’autant plus que d’autres projets ont vu le jour.

Tel que celui de  l’architecte belge Vincent Callebaut qui a conçu « Lilypad », un projet de cité flottante, écologique et autosuffisante.

 

Son objectif : concilier développement durable urbain et humain. 

C’est sa manière d’apporter une réponse concrète à l’explosion annoncée du nombre de réfugiés climatiques d’ici à 2050.

 

Lilypad est conçue pour produire sa propre énergie grâce à l’énergie solaire, éolienne, marémotrice et la biomasse, pour absorber  le CO2 excédent de l’atmosphère dans sa peau de dioxyde de titane.

 

Le projet Lilypad est entré dans sa deuxième phase d’étude.

Le cabinet de Vincent Callebaut planche avec une équipe de scientifiques sur la réalisation de surfaces plus petites, de la taille d’un village.

 

Cette « écopolis », qui peut accueillir 50.000 habitants, se déplace au gré des courants marins de surface, ascendants chauds du Gulf Sream ou descendants froids du Labrador.

 

« Pourquoi ne pas être en accord avec l’océan plutôt que toujours contre lui ? » interroge Vincent Callebaut, qui veut proposer avec Lilypad « un nouveau style de vie, nomade et ancré dans l’écologie urbaine en mer. »

 

25 millions de réfugiés climatiques ! 

 

À Bangkok, aussi, on s’interroge : des architectes envisagent aussi d’élaborer une « wetropolis » flottante qui pourrait remplacer la mégalopole, construite sur des marais et menacée par la montée des eaux.

 

La création d’îles flottantes est donc une réponse tout à fait réaliste face aux catastrophes naturelles liées au réchauffement de la planète :celles-ci ont déjà poussé 25 millions d’individus à quitter leur pays pour des contrées plus accueillantes.

 

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), le nombre de réfugiés climatiques pourrait atteindre 250 millions de personnes à l’horizon… 2050. 

 

Le problème est donc simple : des chercheurs, des ingénieurs travaillent à des projets réalistes et réalisables (à plus ou moins court terme).

 

Il y a là une solution pour permettre à des millions d’individus de survivre.

Mais ce qui va bloquer, c’est la question financière.

 

Le coût du projet  pour Kiribati : 1,42 milliard d’euros.

Un prix élevé pour ce pays très pauvre.

 

À mettre également en adéquation avec le « coût » si l’on peut dire du déplacement de milliers de personnes sur des terres occupées par d’autres, qui probablement, ne sont pas encore prêts à partager ce qu’ils ont (ou surtout le peu qu’ils ont).

  

La question du coût de construction 


Le phénomène de l’exil climatique est un risque pour la sécurité internationale.

 

«On peut s’attendre à ce que, avec les sécheresses, il y ait une rareté des ressources, ce qui fera augmenter les tensions et fera croître le nombre de conflits dans le monde » a déclaré Haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés, qui estime que les ONG humanitaires vont devoir multiplier « par dix ou vingt » leurs réserves d’aliments et de médicaments pour faire face aux catastrophes futures.

 

Un coût également  à mettre en rapport avec le milliard de dollars nécessaire, à la construction et la consolidation de digues le long des côtes de chaque atoll afin de protéger les infrastructures.

 

Et à mettre en parallèle avec les coût d’achat d’une île de Dubaï : entre 15 et 50 millions de dollars.

Évidemment, ce ne sont pas les mêmes caisses !

 

Lors de la conférence de Poznan sur le climat, plusieurs Etats insulaires dont Tuvalu (Pacifique) et la Grenade (Caraïbes), avaient souligné le risque qu’ils encouraient d’être engloutis à cause de la hausse du niveau des océans.

 

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans une étude publiée début décembre,  proposait la création d’un fonds d’indemnisation des réfugiés climatiques.

 

Ce serait une application stricte du principe « pollueur/payeur », dans le respect des principes de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCUNCC).

 

«Le droit international prévoit des sanctions sur les questions de pollution transfrontalière ou de transport des déchets nucléaires. Il faut s’en inspirer pour définir un régime juridique de compensation pour les victimes du réchauffement», explique un responsable climat au WWF-France.

 

Ces fonds pourraient donc servir à la construction de ces éco-cités flottantes.

Et quelle belle revanche de ces pays les plus pauvres à être les premiers à être des pays non pollueurs, propres…

 

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6 Commentaires sur

Alerte-Urgent – Îles artificielles : joujou des milliardaires mais surtout survie pour des milliers d’insulaires

  • EricNo Gravatar |

    Habiter sur une île se déplaçant au gré des courants et des vents… l’idée est séduisante. peut être un peu utopiste tout de même
    mais il n’en reste pas moins que la question de l’accueil des réfugiés du climat est extremement importante

  • SophieNo Gravatar |

    A lire cet article, on se croirait dans un film de science fiction. Cela doit être exaltant pour les urbanistes et les ingénieurs de trouver des solutions viables. Le problème est toujours celui de l’argent. Pourquoi est-ce qu’on trouve toujours des gens qui dépensent des fortunes à tort et à travers et pour n’importe quoi, sauf pour aider leur prochain ?

  • Eliane T.No Gravatar |

    Comment les habitants de ces îles feront-ils pour s’approvisionner en eau potable, par exemple ?

  • Pierre VERGESNo Gravatar |

    En utilisant entre autres des usines de dessalement d’eau de mer…

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    Ou en récupérant l’eau de pluie
    quant au financement, une piste a été indiquée dans l’article
    cela ne suffira pas, si l’on parle simplement d’incitation
    en revanche, et je sais que c’est complètement sordide, mais c’est le seul langage que certains présidents de république comprennent: quel va être le coût de l’accueil des réfugiés du climat? non seulement en termes économiques et financiers, mais sociaux, culturels, d’intégration, de travail etc.

  • Bruno97490No Gravatar |

    pour continuer sur le sujet
    L’archipel qui valait trois milliards
    a lire à l’adresse suivante

    http://r974.com/journal/1664/larchipel-qui-valait-trois-milliards/

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