Alerte-Urgent- Va t-on vers une crise mondiale du sucre ?

 

   Les stocks mondiaux de sucre ne seront-ils pas suffisants pour compenser une deuxième année consécutive de déficit en 2009/2010 ?

Une question que certains producteurs, comme l’Australie, se pose.

 

Quant aux professionnels du secteur, ils s’attendent à ce que  les prix continuent à grimper.

 

« Si le sucre a fini l’année à un niveau de prix très élevé, un certain nombre de facteurs haussiers identifiés en 2009 n’ont pas encore été pris en compte par le marché », ont affirmé les experts d’une maison de courtage londonienne.

 

Ces experts précisent :

« La forte hausse des prix du sucre en ce début de 2010 montre que les investisseurs semblent ne prendre que maintenant la pleine mesure des problèmes d’approvisionnement, qui ont déjà provoqué le doublement des prix en 2009″.

 

Et de conclure : « Les principaux pays producteurs de sucre ont dû puiser dans leurs stocks l’année dernière ».


Le déficit mondial devrait atteindre 13,5 millions de tonnes (Mt) en 2009/2010.

 

Le marché devrait ainsi connaître une 2e  année de production insuffisante, après une saison 2008/2009 marquée par un déficit de 15,8 Mt, selon les prévisions de l’agence de courtage.

 

Mais, « du fait de la fin des récoltes dans l’hémisphère Sud, ces estimations dépendent de la production dans l’hémisphère Nord, où de nombreux producteurs ont déjà indiqué qu’ils ne voyaient pas se confirmer la reprise attendue. (…).

 

D’ailleurs, les rendements plus faibles que prévu, de la Thaïlande au Mexique, pourraient entraîner une diminution de la production par rapport à l’an passé ».

 

FIN D’UNE ÉPOQUE

 

La demande reste soutenue, et par effet mécanique, les prix du sucre devraient ainsi connaître de nouveaux sommets, même si ces pics étaient de courte durée.

 

« Il semble que l’ère du sucre peu cher est bel et bien terminée » conclut le cabinet.

 

Le cyclone Yasi, classé en catégorie maximale, qui a frappé la côte nord-est de l’Australie pourrait favoriser cette situation : le secteur agricole pourrait être gravement touché.

 

Une nouvelle catastrophe pour cette région qui a déjà subi il y a quelques semaines de très importantes inondations.

 

Deux produits sont surtout concernés : le sucre et la banane.

 

Les Australiens, 4e exportateur mondial de sucre, (1,7 milliard de dollars expédiés chaque année vers le Japon, la Corée du Sud et la Malaisie) estiment que ce serait plus de 50% de leur production qui serait anéantie, se basant en cela sur les dégâts causés par le cyclone Larry (2006).

 

DE GRAVES MENACES PÈSENT AUSSI SUR LA BANANE


En ce qui concerne le secteur de la banane, là aussi les risques de sous production sont envisagés par les Australiens, mais dans une mesure moindre.

 

Une information à mettre en parallèle avec ce qu’annoncent les media antillais : pour ce produit, les droits de douane devraient être ramenés à 75 euros la tonne.

 

Selon l’agence de presse GHM,

« La Colombie et le Pérou ont obtenu de l’Union européenne une diminution supplémentaire du tarif douanier appliqué aux bananes exportées par ces deux pays vers l’Europe :

les négociateurs de la Commission ont en effet accordé un tarif douanier final d’un montant de 75 euros/tonne au lieu des 114 prévu dans l’accord de Genève. »


Elle rajoute :

« Ce traitement différencié entre les pays producteurs de banane, consenti dans le cadre d’accords bilatéraux, mécontente l’Equateur et le Guatemala :

ils réclament (comme avant la signature de cet accord multilatéral) un traitement douanier égalitaire à l’entrée sur le marché communautaire, sous peine de recourir à l’OMC. »

 

« Par ailleurs, dans le cadre de la reprise des négociations avec le Mercosur, le Brésil demande un contingent de 200.000 tonnes de banane à  taux zéro (sans aucun tarif douanier). »

 

« Dans ce contexte, l’ensemble des producteurs européens de bananes (Canaries, Guadeloupe, Madère et Martinique) réunis au sein de l’Association des Producteurs Européens de Bananes (APEB) s’inquiètent de ces accords bilatéraux qui menacent leur production sur le marché européen de la banane,

alors que se profile un probable adoption, par le Parlement Européen, de l’accord de Genève censé mettre fin à la  guerre de la banane ».


QUELLE POSITION À LA RÉUNION ?


Si cette question de la banane ne concerne pas directement La Réunion, peut-être serait-il intéressant de voir quelles vont être les positions du gouvernement français vis à vis de Bruxelles ?

 

C’est, derrière cet exemple, la question de la régulation du marché mondial qui est posée, tout comme l’est celle de la politique agricole commune.

 

En ce qui concerne le sucre, La Réunion est concernée.

L’industrie sucrière de La Réunion (car peut-on encore parler d’une industrie sucrière réunionnaise ?) est-elle préparée à cela ?


Les errements du gouvernement sur la bagasse (ou plus récemment sur la biomasse) ne sont pas de nature à rassurer une filière déjà fragilisée économiquement et mis à mal à cause des aléas climatiques.

 

On attend la position de « monsieur développement endogène » sur cette question… comme sur toutes les autres (énergies renouvelables, nouvelles technologies… labellisées secteurs stratégiques ! Sans rire !)

 

Décidément, la crise dans de nombreux secteurs, conjugué à une stratégie gouvernementale inadaptée en matière de développement durable, n’a pas fini de produire ces effets dévastateurs.

                                                                                          

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3 Commentaires sur

Alerte-Urgent- Va t-on vers une crise mondiale du sucre ?

  • ArsinoéNo Gravatar |

    Je crois, en effet, que nous n’en sommes qu’au début d’une crise effroyable: entre les prix qui augmentent (notamment à cause des spéculateurs), des salaires qui sont figés (notamment pour épargner les gros capitalistes), des dotations qui sont gelées (soit disant parce que tout le monde, collectivités locales et citoyens, doivent contribuer aux efforts….)
    oui, nous n’en sommes qu’au début d’un cycle infernal. Dans quel état en sortirons-nous? et comment allons-nous nous en sortir?

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    depuis deux jours, il y a un problème sur votre site, la page ne s’affiche pas toujours très bien.
    peut être est-ce lié au fait que j’utilise un « mac »?

    ceci étant signalé, la crise mondiale du sucre est plausible. au même titre que la crise mondiale des céréales. ou du pétrole; ou des autres matières premières…

    on est vraiment mal partis et comme le dit « arsinoé »: comment va-t-on s’en sortir. et surtout quand?

  • ùXBäNo Gravatar |

    je persiste à le dire , la mère de tous les problèmes reste la surpopulation planéraire ! raréfaction des surfaces agraires au profit de l’habitat , augmentation géométrique de la consommation des énergies fossiles et donc effet de spirale par le réchauffement induit qui mène à des errements climatiques , sécheresses etc..qui ont un impact négatif sur les productions céréalières qui , comme le reste dans cet univers de « rentabilité  » fonctionnent en flux tendu…aux cours manipulés ?….ouf !
    le seul espoir repose sur une prise de conscience planétaire que nous sommes justement tous sur le même bateau et qu’il conviendrait de s’entendre! mais je ne suis que la voix d’un occidental privilégié dans son abondance et sa démocratie relatives,que tant sur terre rêveraient juste d’approcher englués dans un quotidien de survie!

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