Objectif prioritaire dans l’Île : inverser la tendance en matière de déplacements. L’exemple de l’agglomération nantaise

 Le département s’est engagé dans une nouvelle phase de développement des transports collectifs en profitant de la nécessité de lancer une nouvelle délégation de service public pour le réseau départemental, plus connu sous le nom de réseau Car jaune.

 

Les axes principaux du PDT  

 

Cette ambition s’est traduite par l’adoption d’un plan départemental des transports (PDT) dont je vous rappelle quelques axes principaux :

 

– une DSP d’une durée de 10 ans, pour construire un réseau performant et durable ;

 

– un respect de l’exigence d’accessibilité aux bus pour les personnes à mobilité réduite au plus tard en 2015, et dans les meilleurs délais pour les stations et gares, en partenariat avec les AOTU ;

 

– une coordination avec les AOTU pour une inter modalité adaptée aux exigences des usagers, et une inter opérabilité afin de rendre encore plus attractif l’usage du transport collectif sur tous les réseaux, avec un ticket valable quel que soit les réseaux empruntés ;

 

– une mutualisation des politiques en adhérant à un syndicat mixte de transports ;

 

– une meilleure information pour atténuer les effets dommageables (retards par exemple) des limites d’un dispositif qui n’intègre pas vraiment des transports collectifs en site propre (TCSP), ferroviaires ou non, à la mesure des enjeux ;

 

– une réflexion à approfondir pour la pratique des différents modes de déplacements durables, dont le vélo ;

 

– une conviction partagée qu’il est indispensable, pour la plus grande efficacité de la politique coordonnée de déplacements durables, d’associer tous les citoyens soucieux d’accompagner la mise en place de cette politique, et d’abord de l’enrichir.

 

L’objectif est certes ambitieux.

Mais il est réaliste.

 

L’exemple de l’agglomération nantaise  

 

Il est urgent de le faire parce que d’autres territoires avant nous ont eu une ambition forte qui porte aujourd’hui ses fruits, ce qui ne peut que nous encourager.

 

C’est le cas de l’agglomération nantaise.

 

Une récente enquête réalisée en octobre 2012 par l’Agence d’urbanisme de l’agglomération nantaise sur les pratiques de déplacements dans l’agglomération nantaise montre une nette baisse nette de l’usage de la voiture particulière au profit de la marche à pied, du vélo et des transports publics.

 

Ainsi, depuis 2008, la part de l’automobile est passée de 57 à 50,9% dans la première ville française à avoir remis en 1985 le tramway sur les rails.

 

La pratique du vélo voit sa part de marché doubler, passant de 2% en 2008 à 4,5% en 2012 (5,3% en zone centrale).

 

C’est une progression remarquable car le vélo était « scotché » à ces 2% depuis des décennies. 



 

Mais ce qu’il y a aussi de réjouissant, ne serait-ce que pour la santé, c’est que la marche à pied gagne deux points passant de 24% en 2008 à 26,8% en 2012 (21% en 2002).

 

Les transports publics ne sont pas en reste car sa part de marché atteint 15,8 contre 15% en 2008 et 13,9% en 2002.

 

S’en inspirer pour le devenir des déplacements dans l’Île  

 

Certains vont voir à travers cet exemple l’impossibilité de trouver l’équivalent à La Réunion, du fait de la pesanteur de décennies d’usage du véhicule individuel, ou du relief accentué de l’île.

 

Notons que la voiture a un coût de plus en plus important dans le budget des ménages, et qu’il est un peu facile de généraliser le caractère accentué du relief, ne serait-ce que lorsqu’on mesure la densité de déplacements dans les villes, dont beaucoup de liaisons sont sur du « plat ».

 

Mais ce qui est intéressant dans l’étude sur l’agglomération nantaise, c’est que les territoires extra périphériques ont été pris en compte.

 

Et si la voiture reste le moyen de déplacement dominant pour les banlieusards nantais avec 63,9% de part de marché, elle a perdu plus de 7 points par rapport à 2008 alors qu’elle n’avait pas varié jusque-là.

 

Dans la partie centrale de l’agglomération nantaise, la voiture n’est plus utilisée que pour 43,6% des déplacements, contre 49% en 2008

 

Constat surprenant : les avancées de la marche à pied, qui passe de 13 à 18% des déplacements, et du transport public, qui passe de 11% à 13,1%, sont plus fortes en banlieue nantaise qu’en zone centrale.

 

Allier volonté et détermination   

 

Nantes Métropole note dans un communiqué que ces chiffres sont cohérents avec les hausses sensibles de fréquentation enregistrées, de 4% en 2012, sur le réseau de bus et de tramway depuis 2008.

 

On a tendance à dire qu’il faut savoir ce que l’on veut.

Ainsi, pour l’agglomération nantaise, ces résultats résultent de la politique de mobilité menée par l’agglomération qui a été la première en France à remettre le tramway sur les rails, en 1985.

 

Et l’agglomération Nantes Métropole note que son plan de déplacements urbains (PDU) 2010-2015 devra être réactualisé quant à ses objectifs, puisqu’il est en avance de plus de deux ans sur ses prévisions.

 

En effet, les objectifs étaient de faire passer à 58% la part de marché du transport public et des modes doux en 2030, et de baisser celle de la voiture à 40%.

 

Et à La Réunion, quel train… pardon quel tram pour offrir une véritable alternative durable à l’usage individuel de la voiture ?

Nous avons à mettre les bouchées doubles pour réussir les déplacements durables dans notre île.

 

Source : Robert Viennet (Mobilicités)

 

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