Tribune libre – Politique gouvernementale et sport : vers une privatisation des événements sportifs… et du sport ! (2ème partie)

 

   David Douillet préconise donc de « revoir le modèle économique des équipements, en faisant intervenir davantage le secteur privé, à l’image de ce qui se fait dans des pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne, ou le Royaume-Uni, et en impliquant dès l’origine l’exploitant dans la conception et le dimensionnement de l’équipement».

 

Le rapport précise qu’il faut

« sécuriser le cadre juridique de la construction et de l’exploitation de grandes infrastructures de spectacle sportif en réfléchissant à l’opportunité de reconnaître des projets privés comme services d’intérêt économique général au sens du Traité sur l’Union européenne ».

  

Et David Douillet de souhaiter que

«des projets privés puissent bénéficier de concours publics, dès lors que les échanges intracommunautaires ne s’en trouveraient pas affectés, en mettant cette opération à l’abri du risque de requalification en marché public ou en concession ».

  

L’ADF – comme l’ARF d’ailleurs – ne semblent pas fondamentalement opposées à un apport du secteur privé. À condition toutefois que cette intervention soit strictement encadrée et maîtrisée. Ce qui n’est pas la voie choisie par le rapport Douillet.

 

C’est donc le début de la privatisation des événements sportifs, avec tout ce que cela peut entraîner, comme les retransmissions à la télévision, à des coûts sûrement élevés et tout le cortège des masses financières directement et indirectement tant aux événements eux-mêmes qu’aux disciplines pratiquées ou à la notoriété des sportifs y participant.

 

Un pas de plus vers la suprématie des « disciplines reines » et la mise au rebut de disciplines plus confidentielles.

  

Autre mesure préconisée par le rapport Douillet : la suppression de la taxe sur les spectacles, versée aux communes, ce qui, selon le judoka, «mettrait un terme aux inégalités de traitement entre disciplines, clubs et communes et renforcerait la compétitivité des clubs professionnels et les inciterait davantage à investir ».

Avec une compensation pour les communes, versée…par l’Etat estimée à 17 millions d’euros. En pleine récession économique, l’idée ne manque pas d’humour…

 

Le sport « bling bling » 

 

Et c’est surtout le début d’une politique sportive « bling bling », avec des réalisations prestigieuses et onéreuses.

 

Mais, au fond, cela va servir à quoi ? Et surtout à qui ? Aux sportifs amateurs ? Non, bien évidemment. Le mouvement sportif amateur manque de moyens et lespropositions de Douillet ne vont pas lui rapporter le moindre euro.

 

Les effets de la crise vont obligatoirement avoir un impact sur les subventions versées aux fédérations, ligues, comités et clubs. Qui vont devoir, pour équilibrer leur budget, augmenter le tarif des licences…et c’est encore dans la poche des contribuables que l’on va piquer.

 

Une fois de plus, les plus défavorisés vont être pénalisés.

 

On est loin, très loin, du sport pour tous. Reste à savoir ce qui va sortir des Assises du sport qui vont être organisées prochainement par le mouvement sportif et les associations.

  

Kalidja Patel


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