L’insupportable réduction des effectifs dans l’Education Nationale

 

Les professeurs, les parents d’élèves, les élèves eux-mêmes… personne ne peut accepter que le gouvernement supprime des postes dans l’éducation nationale.

16.000 suppressions à la prochaine rentrée au niveau national.

 

162 postes perdus à La Réunion.


«L’éducation nationale souffre de plus en plus d’une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale ».

 

C’est le début de la lettre ouverte que viennent d’envoyer 47 titulaires des palmes académiques au ministère de l’éducation nationale.

Ces 47 personnes viennent également de rendre leur décoration pour protester contre les suppressions de postes dans l’éducation.


Parmi ces décorés, des proviseurs, des enseignants, des inspecteurs, des personnels de l’éducation nationale.

Dans l’appel « Ras les palmes ! », les signataires dénoncent la longue liste des mesures qui vont contre l’école :

 

– la suppression, cette année encore, de 16 000 postes qui s’ajoutent aux 50.000 de ces trois dernières années ;

– la suppression de la formation des enseignants (IUFM) ;

– la suppression de la carte scolaire ;

– la remise en cause de la scolarisation des moins de trois ans ;

– les primes aux recteurs, etc. (…).

 

L’école que nous avons aimée et construite est progressivement désorganisée, dégradée et disparaît. (…)..

Accepter les Palmes académiques, c’est aussi cautionner une orientation politique : nous récusons énergiquement celle que vous mettez en place », ont écrit les signataires.


À La Réunion, Vue-Belle a lancé le mouvement.

D’autres établissements suivent.

Cette dénonciation de la politique de casse sociale est plus que légitime.


Je vous livre un exemple cité par une mère d’une élève de 3e :

 

1° – la professeur de SVT (sciences et vie de la terre) était en congé maternité à la rentrée d’août.

Les enfants ont été informés de la venue d’une remplaçante au bout de 3 semaines.

Laquelle remplaçante n’est jamais venue.

 

2° – nouvelle demande au rectorat. Période de vacances.

Nomination d’un nouveau remplaçant. Qui avait une vacation de deux semaines seulement.

Donc nouvelle carence de professeur.

Et c’est reparti pour une période de cours supprimés.

 

3° – arrivée d’un nouveau professeur.

Tout ça, à quelques jours des vacances d’été. 

À la rentrée de janvier, toujours pas de professeur.

Il aura fallu attendre la 2e semaine de février pour que les cours reprennent, avec l’arrivée de la professeure en congé maternité.

Résultat : les collégiens sont restés bloqués au chapitre 1 du programme !


Toujours dans la même classe, la professeur d’histoire géographie est unanimement appréciée par les élèves qui affirment « elle est super, on comprend maintenant à quoi sert l’histoire ».

Seulement voilà, pour des raisons diverses (notamment de santé), elle n’a assuré, en gros, qu’un cours sur cinq.

  

Or l’histoire géographie est une matière comptant pour le brevet (même si celui-ci ne représente pas grand’ chose).

C’est aussi mi-février qu’un professeur va venir assurer les cours.

 

Est-ce parce que ce sont les collégiens eux-mêmes qui ont décidé d’agir, en rédigeant une pétition, qui, en une seule journée, a recueilli 50 signatures ?

Est-ce parce que les parents ont ouvertement dit au principal qu’ils allaient en informer une radio réunionnaise ?  

 

Qu’importe. Les collégiens vont devoir rattraper les cours perdus.

Comment ? Ils ne le savent pas. Probablement la direction du collège non plus.


Ce n’est qu’un exemple, parmi tant d’autres, montrant que les effectifs ne sont pas suffisants. Qu’en cas d’absence, le système de remplacement ne fonctionne pas.

 

C’est extrêmement difficile aujourd’hui, mais demain, avec de nouvelles suppressions de postes, que vont devenir ces enfants ? Rester en permanence ? Fréquenter le CDI ? Rentrer chez eux ?

 

Des parents ont, eux, préféré inscrire leur enfant dans le privé.

Se disant, pour sûr, que cela n’arrivera pas. Possible.


Mais n’est-ce pas faire le jeu de Sarkozy, de la privatisation de tout un système ?

N’est-ce pas le début de la fin de l’école laïque publique pour tous.

 

C’est le début de la fin de l’égalité des chances.

                                                                                              

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3 Commentaires sur

L’insupportable réduction des effectifs dans l’Education Nationale

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    100% d’accord avec la conclusion
    il y a déjà eu la suppression des emplois jeunes, celle maintenant des aides éducateurs, les propos sur la scolarisation des tout petits et de la formation des enseignants de ces classes, les menaces sur les RAZED, les réformes incessantes et contradictoires, etc.
    une fragilisation du système, déstabilisant les prof et les élèves aussi… des parents largués… (et parce qu’ils sont largués on les stigmatise et on s’en prend aux allocations…)
    LA DEFENSE DE L EDUCATION LAIQUE PUBLIQUE ET POUR TOUS DOIT ËTRE LA PRIORITE DES PRIORITES

  • Jade S.No Gravatar |

    le gouvernement préfère donner des primes aux recteurs et chefs d’établissement… une prime pour quoi? pour quels résultats? éviter les conflits? faire partir les enfants de l’école pour faire baisser les effectifs? entasser le maximum de marmay dans les classes pour limiter le nombre de prof?
    l’éducation n’est plus une priorité pour le gouvernement. parce que ça ne rapporte pas directement des voix. allez tous en apprentissage, de la main d’oeuvre gratos ou presque pour les entreprises du CAC 40, des gosses en apprentissage dès 14 ans… ils avaient même osé proposer ça

  • Jade S.No Gravatar |

    je me suis laissée emportée par ma colère, mais je suis révoltée par ce qui se passe aujourd’hui.
    l’école n’est plus un ascenseur social. c’est plutôt un ascenseur vers l’échafaud, la condamnation des plus défavorisés à rester dans une situation de misère sur tous les plans.

    et voilà que je m’énerve encore..

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