Le modèle de la fiscalité allemande : pour le meilleur et pour le pire ?

 

Il est assez courant aujourd’hui que des hommes politiques tentent de « bluffer » l’opinion.

Le problème, pour ces politiciens sans scrupules, c’est que la presse, ou tout autre observateur, dispose aujourd’hui de la possibilité de « remettre ces bluffeurs dans l’axe ».

 

Un exemple, relevé sur France Inter mercredi dernier avec la chronique ci-dessous :

 

Il y a trois semaines, Nicolas Sarkozy expliquait aux Français qu’il fallait copier la fiscalité allemande.

Avec ce but : rester compétitif et éviter les délocalisations.

 

Il y a trois jours, François Fillon a constitué un groupe de réflexion sur ce thème.

 

Romain Gubert revient d’Allemagne.

 

« Depuis quelques semaines, l’Ambassade d’Allemagne en France est submergée de coups de fils de journalistes qui veulent tout comprendre de ces formidables impôts allemands qui font tant rêver le Président.

Et monsieur l’Ambassadeur a proposé à quelques reporters de venir voir comment les choses se passent chez lui.

Ce bref voyage était tout à fait sympathique. Mais surtout totalement surréaliste.

 

– Pourquoi surréaliste ?

 

Si nos amis allemands sont assez flattés d’être l’objet de toute notre admiration, ils ont surtout douché notre enthousiasme.

Et pour cause… À Bonn, c’est Renate Büscher, de l’Office central fédéral des impôts qui a ouvert des yeux grands comme des soucoupes quand nous lui avons raconté que nous allions copier ce qui se fait chez elle.

Un exemple : la déclaration d’impôt que remplissent chaque année ses concitoyens fait 24 pages.

Nous avons aussi rencontré un professeur de fiscalité.

Il avait un petit livre de 500 pages dans sa poche et le sortait à la moindre occasion pour répondre à nos questions.

 

– C’est vraiment si compliqué ?

 

Chaque land, chaque commune, peut faire à peu près ce qu’il veut en matière fiscale.

Savez vous que les propriétaires de chien en Allemagne payent une taxe ?

Savez vous qu’à chaque fois que vous buvez une bière, c’est une taxe spéciale ?

Et le tout à l’avenant.

D’ailleurs, un Allemand sur deux utilise les services d’un « conseiller fiscal » pour l’aider à s’y retrouver. C’est dire !

 

– Mais tout de même, il n’y a pas d’ISF en Allemagne, ni de bouclier fiscal. Et c’est pour cette raison que Nicolas Sarkozy regarde vers l’Allemagne.

 

C’est exact.

Les Allemands n’ont ni ISF, ni bouclier fiscal depuis une dizaine d’années.

Et d’ici le mois de juin, Nicolas Sarkozy rêve de se débarrasser de ces deux boulets politiques en créant une taxation supplémentaire sur les revenus du capital.

Problème : les impôts français sont, avant la réforme, plus élevés ici qu’Outre-Rhin.

Nos prélèvements obligatoires sont supérieurs.

Notre TVA est plus élevée.

En fait, de leur coté, nos amis allemands n’ont aucune envie d’harmoniser leur fiscalité avec la nôtre.

Ils ne veulent pas entendre parler de convergence. Comme si finalement, le rêve de Nicolas Sarkozy était à sens unique.

En fait, ce qu’aimerait surtout Angela Merkel, sur fond de crise de l’euro, c’est que la France commence par mettre ses finances publiques en bon ordre pour éviter la contagion à toute la zone euro.

 

Mais ça, c’est une autre histoire… »

Source : Romain Gubert, de l’hebdomadaire Le Point


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4 Commentaires sur

Le modèle de la fiscalité allemande : pour le meilleur et pour le pire ?

  • chloéNo Gravatar |

    le modèle pour Sarkozy, c’est l’Allemagne, car il n’y a pas de « sécu » aussi bien que celle en France (pour l’instant), que le SMIC est comme qui dirait facultatif,
    alors, dire que l’Allemagne, c’est un bon exemple, car il n’y a pas de bouclier fiscal ni d’impôt sur la fortune..; ça fait pas de mal; en France, jusqu’en 2012, ca existera

  • LAURENTNo Gravatar |

    Merkel et Sarkozy veulent travailler ensemble à protéger l’euro. c’est sûr que malgré tout, ce sont les deux pays les moins dans la restriction (par rapport à l’Irlande, le Portugal, l’Italie, l’Espagne notamment)
    et ils veulent imposer leur point de vue aux autres pays européens, ils ne sont pas d’accord pour aider ceux qui sont vraiment endettés, ils veulent être à la manoeuvre pour la réunion des « grands trésoriers » des Etats
    quelle solidarité ils font jouer?

  • SéphoraNo Gravatar |

    Si l’euro connaît des problèmes, c’est toute l’Europe qui va en faire les frais. donc, Merkel comme Sarkozy vont faire en sorte de limiter les dégâts
    ils n’ont pas dit comment ils comptaient défendre l’euro, mais ils ont clairement signifié qi’ils ne comptaient pas demander la création d’euro-obligations et ils se refusent également à toute augmentation du Fonds de sauvetage européen.
    on ne peut pas faire plus clair

  • SéphoraNo Gravatar |

    pour préciser également ce qui est dans l’article, il faut dire que Paris et Berlin souhaitent non seulement une plus grande convergence des économies de la zone euro tout en se rapprochant sur le plan de la fiscalité
    ce qui est le plus dangereux pour la France et pour La Réunion, c’est la volonté de Sarkozy partagée par Merkel de rapprocher également leur droit du travail.
    comme celui de la France est plus favorable aux travailleurs, c’est bien le code français qui va perdre quelques avantages, l’Allemagne ne va pas augmenter la protection sociale, ou le SMIC en temps de crise

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