Hommage à un essayiste de talent, Maxime Camuzat, intervenant à l’occasion du premier anniversaire du changement tant espéré par le peuple français.

 Je vous propose de trouver ci-dessous un essai de Maxime Camuzat,  maire communiste de Saint Germain du Puy, commune située en Champagne berrichonne, à 8 kilomètres à l’Est de Bourges, dans le Cher, à l’occasion du premier anniversaire du changement tant espéré par le peuple français.

 

« Bon anniversaire » ? Hélas non !

 

Bientôt le 6 mai.  

Je sais bien qu’il est coutume de souhaiter un « bon anniversaire ».

Mais là, je m’interroge, ou plutôt, je ne m’interroge pas. 

 

Voici quelques mois déjà, à la fin de l’année 2012, je m’étais permis d’écrire deux « fables » : « Le Capital et le FMI, et les peuples aussi », et « Le Peuple et le candidat ».

 

Pour  ce  premier  anniversaire  de  François  Hollande  à  l’Élysée,  je  me  permets  de  les « ressortir », notamment la seconde, tellement elles me semblent, hélas, toujours pleinement d’actualité.

 

J’ai encore écrit « hélas », me dira-t-on ! Effectivement, hélas…

  

Le Peuple et le candidat

 

Or le Peuple français, sur sa terre accroché,

Ayant en tête le bilan d’un candidat qu’il voulait congédier,

Écouta un nouveau candidat,

Au nom et au prénom prédestinés,

Qui lui tint à peu près ce langage :

« Oui, promis, Peuple de France….

Avec moi, avec nous, que ça va être joli, que ça va être beau !

Sans mentir, mon programme, ça va être un fromage,

Sans rapport avec ce que vous vivez déjà.

Vous serez, vous, le peuple le plus heureux des Rois.

Car le chang’ment, cet été, vous le verrez déjà ! »

A ces mots, au printemps, le peuple s’emballa,

Et écoutant cette voix, il lui donna ses voix,

Remplissant les urnes, laissant partir Nicolas.

Mais si bien vite, normalement, l’été s’annonça,

Le changement, lui, sembla manquer le pas.

Tout aussi normalement, le Peuple, alors, s’interrogea,

Et quand l’automne fut venu, là, vraiment, il déchanta.

Très vite il comprit

Que face au capital et au FMI (1)

On se couche, ou l’on se bat et on agit,

Et qu’apparemment, loin des promesses, on n’était pas, là, dans le second choix.

Mais dans ce cas, il sait bien ce qui arrivera :

Ce que trop de peuples, partout et près de lui, vivent déjà.

Or, le changement, pour lui, ce n’était pas ça,

Et pas seulement !

Car si c’est celui qu’il voit se dessiner maintenant,

Il pourrait bien être désespérant,

En étant dans sa tête et dans ses poches,

Pas mieux, voire pire qu’avant,

Car le changement qu’il attend,

C’est celui promis au printemps.

C’est ce qu’il rappela, ce petit Peuple françois

Dans la rue, comme dans les urnes, quand l’hiver approcha.

 

Nota : la leçon de cette année 2012 est bien, me semble-t-il, celle de la morale de cette fable de La Fontaine écrite voici plus de 3 siècles, au moment où, je le rappelle, dans la langue d’alors, on ne disait pas « français » mais « françois » (voir par exemple, le texte d’origine de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen des 20, 21 , 23, 24 et 26 août 1789, toujours affichée dans notre mairie).

Car en effet, qu’écrirait alors aujourd’hui, (enfin presque…), Jean de La Fontaine ?

« La morale de cette histoire est une leçon qui mériterait un autre fromage, d’un discours et d’un goût différent que celui qu’on écoute à présent.

Car le peuple françois d’aujourd’hui jure qu’on ne l’y reprendra plus, souhaitant que sa voix, comme ses voix dans les urnes, soient vraiment entendues.

Car comme il le dit aujourd’hui, vous avez trop écouté le MEDEF, comme le capital et le FMI. Il est temps d’écouter le peuple aussi (2)  ».

S’il avait pu savoir, il aurait sans doute ajouté : « et quand un peuple a élu un candidat qui porte le même prénom, aller dans le même sens, cela devrait être évident. Non ?… »

(1) Allusion à la première fable « Le capital et le FMI. Et les Peuples aussi »

(2) Allusion également à la première fable « Le capital et le FMI. Et les Peuples aussi »

 

Le Capital et le FMI. (Et les peuples aussi.)

 

Les financiers de la planète ayant spéculé tous les étés, comme les autres mois de l’année,

se trouvèrent fort dépourvus lorsque la crise fut venue.

Ils allèrent crier famine, au FMI, chez leur copine,

le priant de leur prêter quelques milliards pour subsister, jusqu’à leur prochaine envolée.

 

« Nous prêter » lui dirent-il, « car, évidemment, nous rembourserons largement,

non pas foi d’animal, mais du capitalisme financier mondial.

Enfin, et en fait, car c’est évident, nous ne rembourserons pas NOUS,

mais EUX, les peuples, les petites gens.

Car comme la loi du marché le dit, si nous gardons les bénéfices et les profits,

c’est toujours eux qui épongent nos dettes comme les déficits,

l’affaire du crédit Lyonnais ayant été pour les Français, un exemple parfait ! »

 

Le FMI n’est toujours pas prêteur, et ce n’est pas là son seul défaut.

Surpris, il les interrogea :

« Mais qu’allez-vous dire des paradis fiscaux, des bonus,

des dividendes et des retraites chapeaux ?

Car que vont vous dire les peuples, leurs Élus,

évidemment ceux de gauche, sans parler des cocos ?

Tous savent que l’argent existe, ruisselle, mais qu’il n’est pas là où il faut ! »

 

« Nous leur promettons de les supprimer » lui répondirent ces vautours financiers.

« Et bien sûr », ont-ils ajouté, « à eux, on va tout leur rapper,

en leur disant, doucement, très doucement, dans les journaux, à la télé,

que l’on doit tous faire des efforts, et que pour eux, ce ne sera pas la mort,

juste un peu de rigueur, mais pas d’austérité, ce mot que l’on ne doit pas utiliser.

Car pour nous, ce qui va compter, c’est de rassurer le marché,

pour permettre à nos bonus, à nouveau, de fructifier. »

 

« Rassurer le marché ! » reprirent en cœur les peuples concernés,

enfin, ceux qui avaient écouté, et surtout bien interprété.

 

« Merci, on a déjà vu, et on a déjà donné !

On a même déjà que trop donné.

Et aujourd’hui la Grèce, l’Espagne et bien d’autres, pour ne pas dire le monde entier,

montrent ce que donne cette « rigueur », que d’autres appellent « austérité »,

et que nous appelons nous, « misère » et « précarité »,

ça suffit, assez !

 

Et si nous ferons attention dans l’économie à ne pas piéger les pigeons,

nous n’allons pas rater les vautours de la spéculation !

Car une chose est sûre, de leur crise, de leur triste farce,

nous ne serons pas les dindons !

Ce que nous voulons vraiment leur donner, c’est tout simplement un coup de balai ! »

 

Dernière remarque : on dit « jamais 2 sans 3 ». Non, là, promis : 2 fables « réécrites », c’est bien suffisant. Il n’y en aura pas trois de ma part.

 

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