Le projet socialiste 2012 – Un nouveau modèle de développement ? (16 / 30) – De l’âge légal de la retraite

 

Avant-propos – Les responsables politiques réunionnais, je dis bien responsables, doivent envisager de marquer d’une empreinte Réunionnaise le projet présidentiel de 2012, projet alternatif à la politique du Gouvernement Sarkozy et de ses « obligés péi ».

Mais cela ne peut se concevoir que si nous justifions notre volonté d’un traitement différencié, du fait de nos singularités,  par la prise en compte d’orientations stratégiques nationales, dont les effets doivent asseoir notre appartenance à l’ensemble républicain.

 

Vous avez tous entendu parler du projet du Parti Socialiste pour 2012. Je vous propose une série d’articles concernant ce projet.

Dernière proposition socialiste au chapitre du pouvoir d’achat, des salaires, et des pensions

  

« Pour les retraites, nous rétablirons l’âge légal à 60 ans (pour permettre à ceux qui ont commencé à travailler tôt ou exercé des métiers pénibles de pouvoir partir au même âge qu’avant la loi de 2010), ainsi que l’âge de départ sans décote à 65 ans.

Nous engagerons la réforme des retraites promise aux Français, fondée sur des garanties collectives, permettant des choix individuels et assurant l’avenir des régimes par un financement du premier au dernier euro ».


En 2007, Ségolène Royal proposait ceci :

« Revaloriser immédiatement les petites retraites : l’amélioration des petites retraites sera la première priorité de la réforme des retraites.

Elles seront augmentées de 5%.

Le minimum vieillesse sera versé mensuellement.

Le paiement des retraites de la sécurité sociale sera rétabli au 1er jour de chaque mois ».


Mais il est vrai que la réforme Sarkozy n’était pas encore passée par là. Celle-ci a d’ailleurs fait réagir le PS. En mai 2010, Martine Aubry présentait les propositions du PS en la matière, dans un document de huit pages.


L’horizon choisi était 2025 pour atteindre l’équilibre, et le financement dévoilé :

 

1°- Surtaxe de 15% de l’impôt sur les sociétés acquitté par les banques, (pouvant amener un produit de 3 milliards d’euros par an pour abonder le Fonds de réserve pour les retraites créé par Lionel Jospin quand il était à Matignon) ;


2°- Diverses mesures de taxation des revenus du capital, les stock-options notamment ;

–  Application de la CSG aux revenus du capital ;

– Augmentation de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises, avec exonération des PME.

Ces mesures rapporteraient globalement 19 milliards d’euros dès 2010 et 25 milliards en 2025) ;


3°- Augmentation modérée et étalée dans le temps des cotisations salariales et patronales à partir de 2012 (pour ne pas prélever sur le pouvoir d’achat des salariés et des ménages.

« A partir de 2012, nous proposons une augmentation de 0,1% de cotisations salariales et employeurs chaque année pour atteindre 1% au bout de dix ans.

Cela rapporte 12 milliards au système de retraites.

Cela coûte entre 20 et 25 euros par mois pour un salaire moyen ».


En ce qui concerne l’emploi des seniors : un rendez-vous tous les deux ou trois ans pour tous les salariés dès 45 ans, une généralisation du tutorat, une pénalité dissuasive pour les entreprises réfractaires.

 

Le PS voulait alors aller vers un système de « retraite choisie avec notamment la création d’un compte temps pour les nouvelles générations, décloisonnant formation, travail, retraite et, pour inciter à travailler plus longtemps, une surcote renforcée. La pénibilité – travail de nuit, à la chaîne, port de charges lourdes, travail dans le bâtiment – sera prise en compte via une majoration des annuités permettant de se retirer plus tôt ».


Et de conclure que cela permettrait d’atteindre l’équilibre du système (45 milliards d’euros à l’horizon 2025). Prudemment, avec un RDV intermédiaire « pour réévaluer la situation des retraites, car un demi-point de croissance supplémentaire permettrait de réduire notablement le déficit ».

Mais en tout état de cause, pas d’allongement de la durée de cotisation jusqu’en 2020.


Face à ce document plus explicite, le projet présidentiel 2012 est un peu plus allégé !

 

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2 Commentaires sur

Le projet socialiste 2012 – Un nouveau modèle de développement ? (16 / 30) – De l’âge légal de la retraite

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    pour ce qu concerne la retraite, comme d’ailleurs pour toutes les propositions que vous avez déjà publiées, le projet socialiste n’est pas vraiment révolutionnaire, il emprunte les mêmes ficelles, réajuste par ci par là, mais c’est tout
    le projet de société n’est pas réellement égalitaire,
    des pansements sur une hémorragie.
    on ne va pas loin

  • Boismery HervéNo Gravatar |

    « Pas d’allongement de la durée de cotisation jusqu’en 2020 » déclare le projet du PS. Dont acte.
    Mais,faut-il rappeler que l’âge de départ à la retraite n’est qu’un élément du problème ? La durée des cotisations est une donnée au moins aussi significative: de 41 à 42 ans. Cette durée est particulièrement longue en France, comparée aux autres pays européens: 40 ans en Suède; 35 ans en Allemagne, avec un relèvement très progressif de l’âge légal de départ de 63 à 67 ans d’ici 2029; 35 ans en Belgique, en Italie et en Espagne…
    En état de cause, une durée de cotisations aussi longue implique que dans une Région telle que La Réunion,où le chômage revêt un caractère massif et structurel,notamment chez les jeunes, peu d’individus pourront bénéficier d’une retraite à taux plein sur la base de 41 à 42 ans de cotisations. Autant dire que le vieillissement de la population réunionnaise s’accompagnera d’une paupérisation tendancielle et d’une aggravation des situations de dépendance.

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