Le projet socialiste 2012 – un nouveau modèle de développement ? (3 / 30) – Des emprunts européens

 

Avant-propos – Les responsables politiques réunionnais, je dis bien responsables, doivent envisager de marquer d’une empreinte Réunionnaise le projet présidentiel de 2012, projet alternatif à la politique du Gouvernement Sarkozy et de ses « obligés péi ».

Mais cela ne peut se concevoir que si nous justifions notre volonté d’un traitement différencié, du fait de nos singularités,  par la prise en compte d’orientations stratégiques nationales, dont les effets doivent asseoir notre appartenance à l’ensemble républicain.

 

Vous avez tous entendu parler du projet du Parti Socialiste pour 2012. Je vous propose une série d’articles concernant ce projet.

Troisième proposition socialiste dans le champ de l’Emploi, de la compétitivité, de l’investissement, et du désendettement :

« Pour que l’Europe puisse innover, nous proposerons à nos partenaires d’émettre des emprunts européens (eurobonds) afin de financer les investissements du futur (réseaux de transport d’énergie, réseaux numériques, biotechnologies…) et les champions industriels de demain ».

 

Curieux anglicisme des socialistes : l’eurobond, est le mot anglais pour désigner en fait l’euro-obligation.


La mesure ne figurait pas directement dans le programme présidentiel socialiste de 2007.

 

Le pacte de Ségolène Royal proposait cette mesure :

« Inscrire dans les statuts de la Banque centrale européenne l’objectif de croissance emploi ; créer un gouvernement de la zone euro ».

 

Il n’en reste pas moins vrai que l’idée n’est pas révolutionnaire.

Elle n’est pas même… innovante.

Pour plusieurs raisons :

 

– en premier lieu, parce que l’image d’une Europe forte et innovante, lançant des grands travaux est contenue dans tous les documents européens, à commencer par le fameux traité de  Maastricht. Mais rien de concret n’a jamais émergé réellement.

 

– en second lieu,  l’idée des « eurobonds », qui date de 2008, a été lancée par l’Institut Montaigne qui envisageait également une refonte des mécanismes de convergence budgétaire en s’appuyant sur le tandem franco-allemand.

Il s’agissait d’en faire un instrument d’endettement européen, et de permettre d’assurer la coordination des politiques budgétaires en redonnant crédibilité et efficacité  à la politique monétaire commune.


Le recours aux « euro – obligations » se heurte régulièrement à  l’Allemagne.

Lors du dernier sommet, Sarkozy a d’ailleurs rejoint la position de Merkel.

 

Certains Européens, Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois et président de l’Euro groupe,

Giulio Tremonti, ministre italien des Finances ,

Guy Verhofstadt, l’ancien premier ministre belge,

continuent néanmoins à avancer l’idée de créer des « eurobonds » pour aider les Etats en crise.

 

Ceux-ci viendraient en complément des emprunts nationaux mais aussi, en cas de crise, en substitution pour un pays ayant du mal à se refinancer.


La pierre d’achoppement est en fait l’engagement budgétaire que sont prêts à assumer les Etats et surtout la frilosité de ces mêmes Etats à renoncer un tant soit peu à leurs prérogatives nationales, autrement dit à s’engager réellement sur une véritable solidarité budgétaire européenne.

 

Il y a une peur de passer d’une sorte « d’intégration budgétaire », avant « une intégration fiscale et sociale ».

 

A titre d’exemple, il n’y a qu’à comparer les taux d’intérêts dans la zone euro : l’Irlande peut emprunter aujourd’hui à 8% sur dix ans, contre à peine 3% pour l’Allemagne.


Ce qui explique que la position des « Vingt-Sept » sur ce point soit  disparate. Aucun accord sur ces « eurobonds » ne paraît donc possible. Alors, proposition en vœu pieux ?

                                                                                                                                                                                                               

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1 Commentaire sur

Le projet socialiste 2012 – un nouveau modèle de développement ? (3 / 30) – Des emprunts européens

  • ArsinoéNo Gravatar |

    question fondamentale qui est posée. Qu’est-ce que l’Europe? un machin ultra libéral? oui. un seul exemple: les effets pervers d’une pseudo ouverture à la concurrence (électricité), qui a donné lieu à la loi NOME, avec pour conséquence l’augmentation du coût de l’électricité.
    mais cette question du budget, des finances nationales et donc européennes, est vraiment au coeur de tout. l’Europe est bancale (niveaus de développement différents), pas forcément unie (l’Angleterre n’est pas dans la zone euro), et les plus grands concurrents des pays européens… sont les autres pays européens…
    alors, faut-il vraiment garder l’Europe? en tout cas, il ne faut plus CETTE Europe là. Cela n’apporte pas grand chose, certes, du FEDER, FSE FEADER, bien sûr, indispensables pour l’outre-mer; mais ils sont plus ou moins menacés. quel avenir pour la PAC également? les accords de Schenghen sont plus ou moins menacés. la directive Bolkenstien (son application) a heureusement connu un ralentissement. c’est ni fait ni à faire.
    sacré enjeu pour les prochaines européennes.

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