Élections présidentielles et législatives – À propos de l’urgence sociale : réponses à 23 questions (Questions 6 à 9)

 

   

L’urgence sociale réside aussi dans la situation alarmante en matière de logement social

 

J’ai répondu à 23 questions qui m’ont été posées sur la question de l’urgence sociale.

 

Mes réponses sont à retrouver sur le site saintdenis.pierreverges.fr. 

Je vous les communique bien volontiers sur mon blog tout au long de cette semaine.

 

Il est ô combien symbolique que je l’ai entamé le jour du 66ème anniversaire du vote de la loi Raymond Vergès-Léon de Lépervanche consacrant le passage du statut colonial à celui de département. Bonne lecture !

 

6) Il y a une loi, DALO, le droit au logement opposable. En résumé, c’est pour obliger l’État à donner un logement à ceux qui n’en ont pas et qui sont dans la détresse.

Même avec une obligation par la loi, il y a toujours des SDF, des femmes battues qui ne savent pas où aller, et des familles qui s’entassent dans des petits appartements !

Alors qu’est-ce que ce va changer, une mesure de plus ?

 

La loi DALO, droit au logement opposable, est, en soi, une excellente chose.

Mais c’est son application qui fait défaut.

 

Mais, enfin, il y a eu une avancée.

C’est un rappel à l’ordre du conseil d’État.

 

En effet, cette haute juridiction a estimé, dans un arrêt, que la carence caractérisée des autorités dans l’offre d’hébergement d’urgence aux sans-abri est une atteinte grave à une liberté fondamentale.

 

C’est un arrêt historique pour toutes les associations.

Le conseil d’État, et c’est encourageant, a rejeté les argumentations du gouvernement, présentées en défense, selon lesquelles l’administration a le droit « d’établir une hiérarchie dans les situations d’urgence ».

 

Il a cependant précisé qu’il appartient aux juges d’examiner au cas par cas les démarches des autorités pour voir si elles se sont conformées à la loi.

Cette phrase du conseil d’État aussi est intéressante :

« Il appartient aux autorités de l’État de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale ».

 

Détresse sociale. C’est écrit en toutes lettres.

Maintenant qu’une brèche est ouverte, pourquoi ne pas s’y engouffrer.

 

Et cela n’est pas uniquement de la compétence des élus ou des collectivités.

La plainte peut être posée par des associations ou des particuliers.

 

7) Il y avait le SAMU social. Il a fermé. Si on le remet, ça va servir à quoi ?

 

Non, le SAMU social n’a pas fermé.

Son fondateur, Xavier Emmanuelli, a claqué la porte pour faire comprendre que la politique, telle qu’elle était menée dans ce domaine, n’était pas efficace.

 

Je suis profondément choqué de voir que Mme et M. Sarkozy ont « visité un centre d’hébergement du SAMU social », quelque part dans la région parisienne.

C’est révélateur de l’état d’esprit de ceux qui ont fait ces visites : on va visiter les pauvres, comme l’avaient fait autrefois les dames patronnesses.

 

Ou qu’il y avait des « bureaux de bienfaisance » ; d’ailleurs, je me souviens d’avoir vu ce panneau « bureau de bienfaisance », il y a moins de 20 ans.

C’était rue Pasteur, à la mairie de Saint-Denis.

 

Il y a d’autres dispositifs, comme celui mis en place par le Département, le numéro vert, le 115.

Mais est-ce que ces moyens sont suffisants pour répondre aux demandes ?

 

 8) Peut-on parler aujourd’hui d’insécurité sociale ?

 

C’est une question qui a fait l’objet d’un livre, écrit par Robert Castel. Il précisait également : « qu’est-ce qu’être protégé ? ».

 

Qu’il y ait un sentiment d’insécurité grandissant, chacun le reconnaît.

Et pas simplement par rapport à ce que l’on pourrait appeler « faits divers », mais insécurité par rapport à son emploi, la peur de le perdre, pareil pour le logement.

 

On est aussi en insécurité lorsqu’on consomme … des médicaments (je pense par exemple au Mediator ).

Tous ces sentiments de peur illustrent en fait le sentiment d’être dans une société qui ne fait pas un compte avec vous.

 

Quand on ne sait pas de quoi demain sera fait, il est bien évident que l’on est en situation d’insécurité.

En substance, Robert Castel explique que le sentiment d’insécurité, ce n’est pas la peur du risque.

 

Et cela vient jeter une grosse pierre dans le jardin de ceux, à l’UMP par exemple, ou au sein de la Droite Sociale, estiment que les revendications sociales ne sont que des plaintes d’assistés qui souhaitent conserver leur confort et ne pas travailler.

 

Car avant de vouloir prendre des risques, ou des initiatives, il faut avoir les moyens matériels de le pouvoir.

 

9) Est-ce le rôle des mairies et des CCAS de donner des bons alimentaires ?

 

Nous ne sommes pas encore, à La Réunion, fort heureusement, dans les émeutes de la faim.

Mais en est-on vraiment si loin ? Je n’en suis pas sûr.

 

Lorsque vous voyez des mères de famille, avec une poussette et un marmay dedans, récupérer un ballot de riz chez un grossiste au Port, lors des événements des 21 et 22 février, qu’est-ce que cela veut dire ?

Qu’elle est une voleuse ?

Ou qu’elle récupère cela, parce qu’elle n’est pas sûre de pouvoir faire fonctionner la marmite à riz tous les jours ?

 

Aujourd’hui, les CCAS des communes sont de plus en plus sollicités par la population pour avoir des bons ou des colis alimentaires.

Croyez-vous qu’on puisse, en tant qu’élu comme en tant que citoyen, dire non, ce n’est pas de ma compétence ?

Ce serait de la non assistance à personne en danger.

 

Encore une fois, dans une situation d’urgence, il faut une réponse immédiate.

Les CCAS l’apportent, dans la mesure de leurs moyens.

 

Vous le savez, l’UMP a gelé les dotations aux collectivités, donc aux communes, et que celles-ci, comme le Département, doivent faire plus avec moins d’argent.

 

Cela ne doit pas cacher le fonds du problème : chacun doit pouvoir manger à sa faim.

C’est un problème grave et qui va se poser de plus en plus.

 

Parce que l’on est de plus en plus nombreux sur terre et parce que de plus en plus, des grands consortiums internationaux, réquisitionnent des terres, monopolisent les produits, organisent tout à leur seul profit.

 

Alors, oui, les CCAS doivent répondre à cette urgence sociale, mais encore une fois, il faut aussi se préoccuper de demain.

 

Ces États généraux de l’urgence sociale, je le rappelle, seront aussi bien le lieu pour faire des propositions que pour faire part de ses problèmes.

C’est aussi une occasion pour faire passer des messages.

 

L’occasion de redonner des couleurs au vivre ensemble.

 

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