Élections présidentielles – Pour mieux comprendre la démarche du PCR

 

 

Des commentateurs s’interrogent, ou plutôt interrogent des responsables du Parti Communiste Réunionnais sur le positionnement qu’il compte avoir à l’occasion de ces élections présidentielles des 22 avril et 6 mai 2012.

 

C’est pourquoi il me semble utile de redonner quelques éléments essentiels pour comprendre la logique d’une démarche mesurée, qui va aboutir à une position définitive dans les jours qui viennent.

 

Peut-être notre démarche ne leur apparaît-elle pas assez claire. 

À moins qu’ils s’impatientent de connaître notre positionnement parce que celui-ci compte dans le résultat qui sortira des urnes tant au 1er tour qu’au second.

 

Il est utile de rappeler certaines décisions déjà arrêtées.

 

Mettre politiquement Nicolas Sarkozy hors d’état de nuire

 

Première décision arrêtée : tout faire pour que Nicolas Sarkozy et ses amis de l’UMP soient politiquement mis hors d’état de nuire.

 

La dégradation de la situation économique et sociale résulte en grande partie de la politique désastreuse menée par le gouvernement Sarkozy.

 

Ce que le candidat Sarkozy prévoit, c’est d’accentuer cette politique discriminatoire à l’égard des couches les plus fragiles de la population.

 

Stigmatisation des étrangers, pour ensuite pouvoir stigmatiser les chômeurs, afin de poursuivre en ce sens à l’encontre des allocataires de revenus sociaux.

 

Et pour ne pas être en reste, railler les travailleurs aux revenus modestes : comment ne pas se rappeler le discours de Nicolas Sarkozy raillant le mouvement syndical en disant qu’aujourd’hui les gens ne s’aperçoivent plus s’il y a des grèves tellement les syndicats ne sont plus suivis.

 

À ce sujet, je ne saurais trop vous conseiller de lire un article paru sur le site Rue89 intitulé « 600 raisons de ne pas voter Sarkozy » en cliquant sur le lien suivant http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/15/600-raisons-de-ne-pas-voter-sarkozy-229419

 

Motiver l’électorat au-delà d’un vote sanction

 

Deuxième décision arrêtée : concentrer nos efforts pour motiver l’électorat au-delà d’un vote sanction.

 

S’il est nécessaire de mobiliser pour une large défaite de Sarkozy, l’électorat doit pouvoir trouver dans le programme du candidat qu’il soutiendrait des raisons réunionnaises de voter pour celui-ci.

 

C’est la raison pour laquelle nous avons, au PCR, décidé de nous adresser aux candidats dont les partis ont vocation à gouverner ensemble.

 

Trois candidats sont donc concernés : Eva Joly pour Europe Ecologie Les Verts (EELV), François Hollande pour le Parti Socialiste, et Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche.

 

Au terme de plusieurs échanges ou rencontres qui vont connaître leur dénouement bientôt, le PCR sera en mesure de donner à l’opinion sa position dans les jours qui viennent.

 

Pour comprendre notre démarche, il faut voir au-delà de l’élection présidentielle.

 

Le précédent très instructif de l’égalité sociale 

 

Pour que nous ne connaissions pas les atermoiements et autres valses hésitations qui ont retardé, après la réélection de François Mitterrand aux élections de 1988, l’application de l’égalité sociale, le vote des réunionnais doit être un vote en conscience.

 

Le PCR avait été à l’origine de la revendication de l’égalité sociale.

 

Sous les conseils, ou à tout le moins la bienveillante caution de la droite locale, le gouvernement de l’époque, avec pour Premier Ministre Jacques Chirac, avait décidé de faire voter une loi instaurant la parité sociale globale.

 

Cette loi devait consacrer que les allocations familiales versées aux familles vivant à La Réunion et dans les autres DOM soient définitivement inférieures de moitié à celles versées aux familles vivant en France hexagonale et en Corse.

 

Cela permettait alors de justifier un SMIC inférieur à celui appliqué ailleurs en France.

 

L’attitude ambigüe des socialistes locaux

 

Le pire – c’est là une remarque que les réunionnais doivent garder à l’esprit – c’est que certains responsables socialistes réunionnais reprenaient à l’époque les arguments de la droite locale :

 

– l’alignement des allocations familiales sur celles de la France continentale risquait de favoriser la reprise de la natalité. 

Or, cela n’a absolument pas été le cas depuis.

 

– l’alignement du SMIC sur celui de France continentale risquait de mettre en péril les entreprises locales.

Or, cela n’a absolument pas été le cas depuis.

 

Mais un fait est acquis : malgré la victoire de Mitterrand en 1988, il a fallu :

 

– 5 ans pour qu’enfin, les allocations familiales soient alignées en 1993 sur celles de la France continentale,

– 7 ans pour qu’enfin, le SMIC soit aligné en 1995 sur celui de la France continentale.

 

Voilà pourquoi le choix à opérer aux élections présidentielles est à rapprocher de celui à opérer aux élections législatives.

 

Respecter la volonté déterminée des citoyens

 

En effet, pour garantir le changement tant attendu, il est impératif qu’une majorité favorable au futur président de la République résulte du choix du peuple français aux élections législatives des 10 et 17 juin 2012.

 

La volonté déterminée des citoyens, telle qu’elle résulte des sondages jour après jour, de ne plus voir se poursuivre le cauchemar de la politique UMP de Sarkozy et de ses amis, nous laisse espérer une victoire au soir du deuxième tour, le 6 mai.

 

En effet, on voit mal les candidats ayant vocation à gouverner ensemble, François Hollande, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon, trouver des artifices pour ne pas s’entendre pour le second tour.

 

Comment croire qu’il pourrait imiter un certain Michel Vergoz et ses alliés socialistes locaux, qui ont préféré offrir la Région à l’UMP et à Didier Robert, plutôt que fusionner avec l’Alliance pour gérer ensemble le Conseil régional de 2010 à 2014 ?

 

Les conséquences éprouvées au plan économique et social sont suffisamment douloureuses pour écarter toute attitude irresponsable de la part des partis qui ont vocation à gouverner ensemble pour redonner espoir à la France, donc à La Réunion.

 

Et là, une question se pose : devons-nous nous réjouir de voir que le troisième homme dans les sondages soit Jean-Luc Mélenchon ? 

 

L’importance que Jean-Luc Mélenchon soit le troisième homme dans les sondages

 

Bien sûr que nous devons nous en réjouir !

 

En effet, dans la perspective des élections législatives, il est heureux de constater, à la lecture des sondages, que le total des intentions de vote favorables aux candidats des forces républicaines de gauche, est supérieur à celui attribué aux forces républicaines de droite.

 

C’est pourquoi l’oreille attentive des candidats à qui le PCR s’est adressé nous conforte dans l’idée que nous avons eu raison d’aller au-delà du vote sanction contre l’UMP et Sarkozy, et de faire des propositions réunionnaises.

 

Mais une chose est sûre : si nous voulons que les propositions réunionnaises retenues dans les programmes des trois candidats  soient réellement mises en œuvre, et le plus tôt possible, ce sont des députés qui refuseront en toute circonstance d’adopter une attitude de connivence, de complaisance au détriment des intérêts des Réunionnaises et des Réunionnais, que le peuple devra choisir.

 

C’est en ayant à l’esprit ces réflexions que nous ferons un choix en toute responsabilité.

Alors, alors seulement, nous pouvons penser aux élections présidentielles, et au choix à opérer.

 

Et la garantie d’une victoire éclatante le 6 mai résulte dans le respect mutuel et la considération réciproque des candidats du PS, des verts et du Front de Gauche.

 

Article vu 2 400 fois
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore de votes)
Loading...

3 Commentaires sur

Élections présidentielles – Pour mieux comprendre la démarche du PCR

  • GillesNo Gravatar |

    Bien sûr,
    mais je vais voter Mélenchon au premier tour et s’il est au second tour, encore Mélenchon –
    ce qu’il a dit correspond à ma philosophie, à mes idées, à ma vision de la réunion. après, pour les législatives, on verra bien qui défendra le plus ces idées

  • LAUDENo Gravatar |

    JE VOTE FRONT DE GAUCHE AU PREMIER TOUR en esperant qu’il soit au 2eme ET SELON LES RESULTATS ET L’ENGAGEMENT OU NON SUR LA REFORME DE LA CONSTITUTION (6eme république je me prononcerais).
    Car cet engagement super important a mes yeux (REFORMER DE LA CAVE AU GRENIER), il est hors question de donner un blanc sein a quiconque.

  • StéphaneNo Gravatar |

    Moi je dis tout simplement Mélenchon 1er tour et espérant second tour. Je pense effectivement cela possible. Les valeurs qu’incarne Mélenchon est très forte.
    je dis alors vive Mélenchon.

Vous avez une opinion ? Laissez un commentaire :

Nom *
E-Mail *
Site Web