Alerte Climat – Il est urgent d’agir au nom des générations futures

  

  Nicholas Stern

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Le changement climatique ralentit actuellement de 1,6% la production économique mondiale et devrait conduire à un doublement des coûts mondiaux dans les vingt prochaines années.

 

Telle est la conclusion d’un rapport présenté mercredi 26 septembre aux États-Unis à la veille de l’ouverture de la session de l’ONU, par le DARA and Climate Vulnerable Forum, un partenariat de vingt pays établi en 2009.

  

« Un mal sans précédent pour la société humaine » 

 

Les retombées du changement climatique sont alarmantes.

 

Selon les rapporteurs, nous sommes confrontés à un « mal sans précédent pour la société humaine et le développement économique actuel qui va de plus en plus freiner la croissance, d’après une mise à jour décisive et une révision des estimations antérieures des pertes liées au changement climatique ».

  

La terrible fraîcheur du « Rapport Stern » rendu public en… 2006 


Ce rapport a la particularité d’être la première étude sur le réchauffement qui n’a pas été menée par un climatologue.

En effet, Nicholas Stern est un économiste, vice-président senior de la Banque mondiale.

 

Le Rapport Stern est un passionnant pavé de 700 pages jeté dans la mare des climato-sceptiques.

 

Ce rapport permet de mesurer le coût réel pour l’économie mondiale des conséquences du changement climatique (catastrophes naturelles, réfugiés climatiques, désordres sanitaires, famines….).

 

Sa conclusion interpelle :

 

-un pour cent du PIB investi maintenant ne ralentirait nullement notre activité, mais suffirait à fortement atténuer les effets du changement climatique ;

-ne pas faire cet investissement serait risquer une récession jusqu’à vingt pour cent du PIB mondial.

-il est donc plus qu’urgent de faire le choix d’investir dans ce domaine.

 

Et pourtant, à deux reprises, en 2008, puis en 2009, Nicholas Stern reconnaissait avoir « gravement sous-estimé » l’ampleur des risques climatiques.

Six ans après ce premier rapport, la communauté internationale n’en prend toujours pas la mesure.

 

Émissions de gaz à effet de serre, hausse des températures et désordres climatiques liés sont toujours d’actualité.

 

Toutefois, si cela peut nous rassurer, les scientifiques, et aussi les économistes et les responsables politiques des pays les plus vulnérables sont de plus en plus inquiets.

  

Des millions de mort chaque année du fait de la pollution de l’air 

 

En effet, les économies fortement émettrices de carbone seraient responsables de cinq millions de morts par an, essentiellement dues à la pollution de l’air, selon les estimations de l’étude du DARA and Climate Vulnerable Forum.

 

Le non-respect des engagements à prendre contre le changement climatique coûte déjà à l’économie mondiale 1,6% de son PIB, soit 1.200 milliards de dollars par an de prospérité, révèle l’étude.

 

Pire, les auteurs de l’étude prévoient qu’avec l’élévation des températures et l’augmentation de la pollution liée au carbone les coûts mondiaux monteront « jusqu’à 3,2% du PIB de la planète d’ici 2030 ».

  

Les plus pauvres en première ligne 

 

Les conséquences les plus cruelles du changement climatique frappent les pays les plus pauvres.

En effet, la faim, la pauvreté, les déplacements dûs aux catastrophes naturelles ont un coût énorme pour ces pays en raison des réfugiés climatiques.

 

Cela explique le cri d’alarme poussé par le directeur exécutif d’Oxfam International , Jeremy Hobbs.

Oxfam international regroupe 17 organisations qui travaillent en réseau dans 92 pays pour éliminer la pauvreté  http://www.oxfam.org/fr 

 

« Les coûts économiques et sociaux de l’inaction politique sur le changement climatique sont renversants », conclut Jeremy Hobbs, en estimant que ces chiffres « éclipsent les coûts modestes » pour s’attaquer au changement climatique

 

Plusieurs faits d’actualité durant le mois dernier viennent corroborer cette inquiétude :

 

– Ainsi, 1,5 millions de personnes ont dû être déplacées suite à d’importantes inondations sur le continent indien ;

– Un demi-million d’habitants ont été aussi sinistrées pour cause d’inondations, en Afrique, au Niger. Quand on sait que le pays a déjà été frappé début 2012 par une grave sécheresse, confrontant 5,5 millions d’habitants à une grave crise alimentaire.

 

Et ce n’est pas la présidente du DARA and Climate Vulnerable Forum, Sheikh Hasina, Premier ministre du Bangladesh, qui contredira Jeremy Hobbs.

 

Celle-ci déclare que « un degré Celsius en plus signifie 10% de perte de productivité dans l’agriculture », soit un déficit de « près de quatre millions de tonnes de céréales », entraînant un manque à gagner de 2,5 milliards de dollars.

 

Et elle poursuit :

« Si l’on ajoute les autres dégâts en termes de prospérité, nous faisons face à une perte totale de 3 à 4% de notre PIB ».

 

Pour sa part, la Chine, nouveau dragon économique, devra faire face à de terribles déconvenues résultant de la passivité générale devant l’urgence des mesures.

Ainsi, le rapport avertit :

« Dans moins de 20 ans, la Chine va subir la plus grande part de toutes les pertes, au-delà de 1.200 milliards de dollars ».

 

Des nouvelles loin d’être rassurantes, à la lecture de ce rapport, et de ce qui précède.

Pour autant, rien n’est perdu.

 

Pour le DARA and Climate Vulnerable Forum, il est encore possible de s’attaquer réellement aux causes du changement climatique.

Mieux, cela permettrait d’entraîner « des profits économiques majeurs pour la planète, qu’il s’agisse des grandes économies comme des nations pauvres ».

 

Ce que confirme Nicholas Stern, qui vient de publier, avec Robert Guesnerie, un opuscule de 128 pages intitulé « Deux économistes face au changement climatique », aux éditions du Pommier).

 

Robert Guesnerie, éminent économiste lui aussi, est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales depuis 1978 et professeur au Collège de France depuis 2000.

Il a notamment écrit « L’effet de serre va-t-il nous mettre sur la paille ? ».

 

Nicholas Stern et Robert Guesnerie tentent de de nous faire appréhender le coût économique de notre inaction, et suggèrent au nom de l’évidence d’agir sans attendre de manière radicale.

 

Et l’on retrouve les questions essentielles que s’évertuent à poser celles et ceux qui s’inquiètent de la dégradation de la situation :

 

– Quelle stratégie économique d’adaptation aux changements climatiques, de la taxe carbone aux politiques d’ajustement aux frontières ?

– Quelles sont les conditions garantissant le succès des négociations au plan international ?

– Comment corriger l’insuffisante capacité du marché à produire des innovations majeures, pourtant nécessaires, en s’appuyant sur des politiques climatiques ?

– Comment susciter une nouvelle révolution industrielle stimulant une croissance sobre en carbone ?

 

Le monde politique et économique n’a jamais été aussi confronté à l’urgence d’agir pour la survie des générations futures.

 

D’après l’article de Cathy Lafon, paru dans le journal Sud Ouest sous le titre « Quand le changement climatique freine l’économie mondiale »

 

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