Énergie positive : pourquoi les transports participent-ils au réchauffement climatique ?

 

Je vous livre une petite réflexion parue dans La Tribune de Genève autour de la problématique des déplacements et de l’exigence du développement durable.


LES TRANSPORTS CONSOMMATEURS D’ÉNERGIE


Les transports motorisés (voitures, bus, tramways, train, avions…) nous permettent de nous déplacer toujours plus loin avec beaucoup de confort, ce qui accroît notre liberté et notre mobilité.

 

Mais les transports sont de grands consommateurs d’énergie.

 

Les transports routiers engloutissent plus de la moitié de la consommation française de pétrole.

Or les réserves de pétrole ne sont pas illimitées sur la planète.


De plus, les transports posent certains problèmes importants à la société : ils sont souvent

sources de pollutions qui affectent notre santé,

de gaz à effet de serre qui dérèglent le climat planétaire,

de nuisances pour les riverains (bruit, impact visuel, encombrement…),

de risques d’accidents,

de stress pour leurs utilisateurs.

 

Sans parler des infrastructures (routes, autoroutes, aéroports…) qui peuvent porter atteinte aux milieux naturels et à la qualité du cadre de vie.


LE SOUCI DU REJET DES GAZ À EFFET DE SERRE


L’un des soucis majeurs aujourd’hui, la contribution des transports au réchauffement climatique, peut être illustrée par une image simple : une voiture rejette chaque année plus que son poids en CO2, le principal gaz à effet de serre !

 

Le changement climatique d’origine humaine est provoqué par les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, notamment le gaz carbonique (CO2).


La consommation de carburants dans les transports est responsable d’environ 25 % des émissions de ces gaz en France (soit 150 millions de tonnes par an).

 

Si les rejets de polluants locaux ont diminué avec les progrès technologiques, les émissions de gaz à effet de serre, les GES, sont en revanche en forte augmentation (+20% en 10 ans).

 

Ces gaz ne peuvent pas être filtrés et, pour les moteurs classiques à essence et diesel, leurs émissions sont directement proportionnelles à la consommation du véhicule.


UN DÉFI ÉCOLOGIQUE


La situation est-elle dramatique ?

 

Pour éviter la menace d’un dérèglement climatique catastrophique, la plupart des Etats se sont engagés à réduire ces émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto.

 

Les scientifiques estiment que les émissions mondiales annuelles doivent être réduites de moitié d’ici 50 ans.

La France s’est engagée à stabiliser ses émissions d’ici 2010 puis à les diviser par quatre d’ici 2050.

 

C’est un défi considérable, que le secteur des transports ne relève pas pour le moment puisque ses émissions sont en constante augmentation.

Quelles sont les alternatives à la voiture et au camion ?

 

Le meilleur moyen de limiter les émissions de gaz à effet de serre des transports est d’éviter autant que possible l’usage de la voiture et des camions.

 

Les modes de transports alternatifs les plus sobres en énergie sont : le train, le bateau, le tramway, le métro,le vélo, la trottinette, le roller, la marche.

 

Un autre moyen de limiter l’usage des voitures est de mieux les partager par les systèmes d’autopartage et de co-voiturage ; celui-ci consiste à voyager à plusieurs (entre amis ou collègues) dans un même véhicule pour optimiser les déplacements.


LE MIRAGE DE LA VOITURE PROPRE


Existe-t-il une « voiture propre » ?

 

De nombreux programmes de recherche (publics et privés) sont lancés pour tenter de concevoir des véhicules qui émettent moins de pollutions et moins de gaz carbonique.

 

Mais si l’optimisation des rendements des moteurs permet quelques progrès,  ils sont

contrebalancés par l’augmentation du poids des véhicules et les nouveaux équipements consommateurs d’énergie (climatisation, électronique…).

 

Aujourd’hui on est donc très loin de pouvoir parler de voiture propre.


Certes les pollutions locales diminuent avec les filtres et pots catalytiques , mais les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas contenues.

 

Le moteur à explosion, qui continue à équiper la plupart des véhicules, fonctionne avec un rendement très médiocre (puisque quasiment 2/3 de l’énergie est gaspillée).

 

Le secteur automobile doit donc entamer une grande révolution : la mise au point d’autres carburants et d’autres motorisations qui limitent drastiquement la consommation d’énergie et les émissions de gaz.

 

Enfin, le bruit est également un souci majeur, qui empoisonne la vie de nombreuses personnes.


LA RÉSOLUTION DU RECYCLAGE DES VOITURES


Les voitures sont-elles recyclables ?

 

L’impact écologique d’une voiture et dû essentiellement à son utilisation, mais on doit également se poser la question des impacts de la fabrication et de la mise au rebut du véhicule.

 

Ces informations sont encore trop parcellaires pour que le guide TOPTEN puisse les prendre en compte; notre classement se limite donc aux impacts de l’usage de la voiture.

 

En matière de limitation des impacts de fabrication et du recyclage des matériaux, les fabricants automobiles ont fait des progrès : ils affichent des taux de recyclabilité de plus de 80%. Mais des efforts supplémentaires sont encore possibles !

 

Si votre véhicule est hors d’usage, vous devez le confier à un démolisseur agréé.


LE CASSE-TÊTE DU CARBURANT « ÉCOLOGIQUE »


Essence ou diesel ?

 

La motorisation diesel engendre une consommation moindre de carburant, donc moins de gaz à effet de serre,

mais elle est en général plus bruyante et provoque davantage de pollution locale (sous forme de particules fines et d’oxydes d’azote) particulièrement nocive pour la santé si elle n’est pas limitée par un filtre à particules.

 

Il n’est donc pas facile de trancher entre les deux.

 

En tout état de cause, un véhicule diesel doit impérativement être muni d’un filtre à particules. Les véhicules diesel retenus dans le classement TOPTEN sont tous équipés d’un tel filtre.

 

Et les autres carburants issus d’énergies fossiles (GPL et GNV) ?


Le GPL (gaz de pétrole liquéfié) est un carburant moins cher à la pompe et produisant mois de pollution locale.

 

Mais il ne présente pas de gain très important en matière de changement climatique, puisque ses émissions de CO2 sont comparables à celles des moteurs diesel.

 

Le GNV (gaz naturel véhicule) est conçu à partir du gaz naturel, qui émet moins de gaz à effet de serre que le pétrole. 

Les émissions de CO2 sont ainsi légèrement inférieures à celles des moteurs diesel.

 

Les polluants locaux sont également réduits. 

Il est possible de transformer des véhicules « classiques » en véhicules GPL ou GNV, auprès d’installateurs spécialisés.

 

Pour le moment le GNV est peu disponible pour les voitures particulières (25 stations seulement en France) car sa distribution nécessite l’installation d’un réseau de compresseurs gaz.


VOITURES HYBRIDES OU ÉLECTRIQUES : LA SOLUTION INACHEVÉE

 

Que penser des voitures hybrides et électriques ?

 

Les motorisations hybrides combinent un moteur classique avec un moteur électrique d’appoint qui permet de récupérer une partie des pertes d’énergie. Le véhicule continue à être alimenté traditionnellement avec de l’essence, mais son rendement est amélioré.

Il consomme moins et émet donc moins de CO2 par km parcouru.

 

C’est une des approches les plus intéressantes pour réduire les émissions de gaz avec les carburants classiques.


Les véhicules tout-électriques s’alimentent à partir d’une prise de courant.

L’électricité est stockée dans des batteries embarquées.

 

Les problèmes de poids et de piètre performance des batteries ont pour l’instant empêché ce type de véhicules de concurrencer le pétrole.

 

Il faut aussi noter que, si en France l’électricité est responsable de faibles émissions de gaz à effet de serre avec le nucléaire, sa consommation est par contre source de déchets radioactifs.


AGROCARBURANTS : UNE SOLUTION POUR CREER UN PROBLÈME


Que penser des agrocarburants ?

 

Les agrocarburants sont à la mode, en raison notamment de l’augmentation du prix du pétrole.

Ils sont utilisés en mélange aux carburants traditionnels.

 

Le recours massif aux agrocarburants dans les conditions actuelles ne nous semble pas judicieux :

 

d’une part ces carburants à base de produits agricoles (betterave, colza, tournesol…) restent chers,

 

d’autre part, ils concurrencent les autres débouchés, favorisant une augmentation des prix alimentaires, ce qui a des conséquences sociales fortes.


En outre, des études montrent que, sur l’ensemble de leur cycle de production, le gain énergétique est faible.

 

Certains considèrent même que le bilan des émissions de gaz à effet de serre est négatif, sans compter le risque d’aggraver les pollutions de l’agriculture intensive (usage d’engrais, de pesticides, d’eau…).

 

Si le rendement énergétique est meilleur avec les agrocarburants venant de certains pays du sud comme le Brésil, cela pose cependant la question de l’incitation à la déforestation, responsable de 20% des émissions mondiales actuelles, et d’autres questions d’ordre politique relatives à l’utilisation des sols (conflit entre l’agriculture et les agrocarburants) ou à l’opportunité de créer des débouchés pour les agriculteurs des pays occidentaux.

 

La France s’est engagée, dans le cadre d’une directive européenne, à porter à 5,75% la part des agrocarburants dans les transports routiers d’ici 2010.

Elle a même décidé de manière unilatérale d’augmenter cette part à 10%.


PAS DE SOLUTION MIRACULEUSE


En résumé : il n’y a pas de réponse miraculeuse au problème des transports – si ce n’est réduire les déplacements ! 

 

Un élément de réponse pourra, peut-être, venir des agrocarburants, mais il faudra attendre la seconde génération des agrocarburants, présentant un rendement énergétique plus intéressant, et basée sur des ressources non alimentaires (déchets agricoles, algues…). A suivre…

 

Verra-t-on des voitures à hydrogène ?

On entend beaucoup parler de l’hydrogène comme d’un carburant du futur.

 

Il existe déjà quelques véhicules à piles à combustible fonctionnant à l’hydrogène .

 

Si cette énergie permet d’éviter la production d’émission de gaz à effet de serre au niveau du pot d’échappement, ce n’est pas une énergie qui existe à l’état naturel et il faut donc la produire.

 

Or sa production (qui peut être réalisée à partir de pétrole, de gaz, d’éthanol ou d’électricité) ajoute une étape qui diminue fortement le rendement énergétique de l’ensemble du dispositif.

 

Ainsi, la consommation globale d’énergie n’est pas forcément meilleure que pour les véhicules classiques.

 

L’hydrogène ne sera donc une alternative intéressante que lorsque son cycle global sera révisé.


Mon commentaire : la seule solution de sagesse est de développer le plus possible les transports collectifs, en veillant à ce qu’ils soient le moins « énergivore », et les modes doux de déplacements.

 

Car un problème récurrent est posé avec l’automobile : le réseau routier que l’on ne peut étendre à l’infini, et les zones de stationnement suffisantes au domicile, au travail, et dans les zones de commerce et de loisirs.

 

Source : La Tribune de Genève (auteur TOP TEN)

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

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1 Commentaire sur

Énergie positive : pourquoi les transports participent-ils au réchauffement climatique ?

  • SophieNo Gravatar |

    Sur notre île, on a un autre problème : c’est l’avion. Quand on nous annonce en début de vol le nombre de tonnes de kérosène que l’avion va consommer pour nous transporter, on a tendance à culpabiliser. Mais comment faire alors que c’est le seul moyen de se déplacer ?

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