Handicap et accessibilité dans les transports – Dans le droit fil des préconisations d’un rapport sénatorial : planifier dans une charte des engagements précis et chiffrés !

 Le jeudi 28 février s’est tenue dans l’hémicycle du département une rencontre entre les élus du Conseil général et les acteurs, publics et privés, intervenant dans le domaine de l’accessibilité des personnes porteuses de handicap, particulièrement sur les transports et déplacements.

 

Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre plus global du mois du handicap, piloté par la présidente Nassimah Dindar, pour faire comprendre l’exigence d’une accessibilité pour tous.

 

En présence de M. Hamou Bouakkaz, adjoint à la mairie de Paris  

 

À cette occasion, j’ai eu l’honneur, en tant que président de séance, d’accueillir, outre les militants engagés dans cette grande cause citoyenne, M. Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris pour la démocratie locale et la vie associative.

 

Un témoin de choix, qui a pu nous faire part de ses réflexions, de ses expériences, et de sa très bonne connaissance de ce sujet.

 

M. Hamou BOUAKKAZ est un « pouaké » de l’engagement citoyen.

Citons pêle-mêle quelques unes de ses nombreuses activités : ancien administrateur de l’AGEFIPH, administrateur de l’ADAPT (une association œuvrant pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées), Président de l’association Paul Guinot en faveur des aveugles et malvoyants, membre de commissions spécialisées de l’Union Européenne des Aveugles et d’associations de solidarité internationale…

 

On comprend mieux qu’il ait légitimement fait partie de la promotion du 14 juillet 2012 des Chevaliers de la Légion d’honneur.

 

Pour une démarche d’inclusion 

 

 Cette rencontre a été plus que fructueuse, avec de vifs et sincères échanges.

 

À cette occasion, j’ai souligné qu’au-delà

« du respect des obligations légales, l’effort des Autorités Organisatrices de transport,

en collaboration étroite avec les différents acteurs des déplacements et du monde du handicap, doit porter,

non pas sur la réalisation, dans une espèce de discrimination positive, d’aménagements spécifiques pour les personnes handicapés,

mais bien, dans une démarche d’inclusion cette fois, sur la réalisation d’un transport réellement pour tous, y compris les usagers porteurs de handicap ».

 

Certes, l’entreprise est difficile compte tenu de tous les défis à relever.

 

Des données à prendre en compte 

 

  J’ai cité à ce propos quelques données à prendre en compte :

 

– « La Réunion est un territoire insulaire, exigu et accidenté ;

 

– Son relief représente une contrainte à l’aménagement du territoire et un frein aux possibilités de déplacements de la population ;

 

– Le nombre de personnes handicapées résidant dans des zones enclavées ou isolées où les distances comme les difficultés d’accès les excluent systématiquement ;

 

– Le caractère de région mono départementale sur laquelle se superpose les périmètres de 7 autorités organisatrice de transport (CINOR, TCO, CIVIS, CASUD, CIREST, Région et Département) tend à complexifier la lisibilité des systèmes de transport pour l’usager ;

 

– Le réseau routier est saturé, dans un contexte où les alternatives au déplacement routier sont inexistantes et les modes de déplacement essentiellement tournés vers la voiture individuelle ;

 

– Le dynamisme démographique de l’île génère des besoins en matière d’équipements, d’emplois, de services, de logements et de déplacements ;

 

– La situation sociale (chômage, précarité, …) est structurellement compliquée ».

 

Prendre aujourd’hui des engagements clairs, nets, chiffrés et précis 

 

 Mais cela ne saurait constituer une excuse pour repousser encore aux calendes grecques des engagements qui auraient dû être honorés sur une période de 10 ans, puisque la loi exigeant la conformité d’accès en 2015  aux personnes porteuses de handicap date de 2005.

 

Mais il ne s’agit pas de faire le procès du passé.

 

Il s’agit aujourd’hui de prendre des engagements clairs, précis et par écrit, qui ne sauraient être étalés sur trop d’années.

 

J’ai proposé en conclusion des débats que soit signée par toutes les AOT (autorités organisatrices de transport) une « charte d’engagement citoyen d’accessibilité des transports ».

 

Une « charte d’engagement citoyen d’accessibilité des transports » 

 

 Celles-ci s’engageraient ensemble à mettre en œuvre de façon concertée, coordonnée et cohérente des solutions permettant aux usagers porteurs de handicap de réaliser des voyages sur les différents réseaux en y trouvant des niveaux de prestations sensiblement identiques.

 

Pour la clarté et la transparence devant les citoyens, j’ai donc proposé que des dates d’échéance soient fixées afin que les citoyens, et surtout les usagers porteurs de handicap, sachent quand « s’achèveront leurs attentes ».

 

Je me réjouis de voir dans le rapport remis le 1er mars au premier ministre par la sénatrice Claire-Lise Campion, en faveur de l’accessibilité des personnes handicapées au logement, aux établissements recevant du public, aux transports, à la voirie et aux espaces publics, qu’il est prévu un agenda d’accessibilité (Ad’aP), pour les établissements recevant du public.

 

La préfiguration des agendas d’accessibilité 

 

  Vous trouverez une excellente interview de la sénatrice, paru dans Mobilicités, dans un autre article joint à celui-ci.

 

Document de programmation financière des travaux de mise en accessibilité des établissements recevant du public, il serait établi après concertation avec tous les acteurs publics ou privés .

 

L’idée est de procéder de la même manière pour les transports.

Il faut d’abord donner un coup de collier pour boucler rapidement les SDA qui ne sont pas encore adoptés.

 

À l’évidence, leur mise en œuvre ira au-delà de 2015 compte tenu des délais de renouvellement des flottes d’autobus.

Ici aussi, il faudra que cette démarche soit encadrée et planifiée.


 

C’est dans le droit fil de ce j’ai proposé lors de cette rencontre du 28 février.

 

Déjà, dans l’appel à la concurrence pour une nouvelle délégation de service public pour l’exploitation du réseau Car jaune sur les 10 ans à venir, le Conseil général a exigé que dans les 2 prochaines années, les cars – tous les cars ! – soient sinon à planchers bas, du moins équipés d’élévateurs ( voir l’article sur mon blog  Transports – Avec le Département, devenir acteur du déplacement durable ! (5ème partie)- Respecter l’exigence d’accessibilité pour tous ! ).

 

À nous, responsables des AOT en concertation avec les usagers, de tenir nos engagements citoyens !

 

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