Ma tribune libre envoyée à la presse : les raisons de mon soutien à Jean Piot

thDans la vie politique, un engagement déterminé, même si nous l’estimons juste, peut nous amener à commettre des erreurs. Parmi ces erreurs figure, en ce qui me concerne, celle commise à la veille des élections cantonales et municipales de 2001.

L’importance de ces échéances électorales de mars 2001 était d’autant plus évidente que celles-ci s’inscrivaient dans un contexte de fracture de la société réunionnaise. En effet, La Réunion était partagée entre les partisans et les adversaires de la bi-départementalisation.

C’est pourtant à ce moment périlleux que j’ai été chargé avec d’autres responsables, au nom de la direction du PCR, de rencontrer Jean Piot. Il s’agissait de le convaincre de démissionner de son poste de conseiller général.

Celui-ci, brillamment élu 3 ans plus tôt, et respecté au département pour son sérieux et sa connaissance des dossiers, avait été prié par la direction du PCR, de démissionner de son mandat qui ne devait s’achever qu’en mars 2004.

L’objectif poursuivi était de laisser la place à Roger Hoarau, conseiller régional démissionnaire, afin que ce dernier soit candidat à une élection cantonale partielle qui s’ajoutait au  renouvellement de la moitié des conseillers généraux en mars 2001.

Jean Piot, dans son entretien avec nous à la permanence du PCR à Saint-Pierre, ne contestait pas qu’il détenait son mandat en grande partie grâce au soutien du PCR.

Estimant que les élections s’annonçaient difficiles, Jean Piot nous avait alors proposé de s’engager par écrit à démissionner. Mais il demandait que cette démission devienne effective et soit rendue publique après les municipales.

Malheureusement, notre « mandat de négociation » était strict : Jean Piot devait démissionner sans plus attendre. Il a donc accepté, à contrecœur.

Les conséquences de cette initiative s’avéreront désastreuses :

au 1er tour de ces élections cantonales, le candidat de la droite contre Roger Hoarau, s’est retrouvé en ballotage plus que favorable dans le canton de Saint-Louis. Dans le même temps, la liste qu’il conduisait aux municipales mettait en ballotage « serré » la liste du maire sortant Guy Ethève ;

au deuxième tour, il l’emportait largement dans le canton, et bénéficiant de cette dynamique, l’emportait aux municipales d’un petit écart de 267 voix sur Guy Ethève.

Malgré cette erreur stratégique, Jean Piot est resté fidèle au PCR.

En politique, il ne s’agit pas d’inscrire comme « règle d’or » le « droit à réparation » des erreurs commises. Mais les ignorer, et de surcroît les renouveler, ne peut que conduire leurs auteurs à prendre aujourd’hui une lourde responsabilité dans un contexte aussi difficile que celui de 2001.

En juin 2013, j’ai décidé de ne plus faire partie de l’organisation. Je préfère, comme je l’ai dit dans une tribune libre parue alors dans la presse, garder le souvenir d’une « grande famille » qui portait haut le flambeau de principes forts, notamment le respect, le désintéressement, la solidarité et  la fraternité, que d’aucuns reconnaissaient manquer dans les partis politiques traditionnels.

En tant qu’homme politique engagé, aux convictions inchangées, je voudrais donner mon point de vue sur ce qui se passe dans une commune qui souhaite « tourner la page ».

Je sais que ce n’est pas la position adoptée par Paul Vergès. Cela n’affecte en rien le profond respect que j’ai envers lui. Cela n’entame en rien l’affection que je lui porte.

Par ailleurs, le respect envers des personnes qui se sont manifestées dans le passé, et pour certains encore aujourd’hui, par un engagement militant que je ne conteste pas, reste intact.

Mais je considère que les responsables actuels du PCR se trompent dans cette compétition électorale saint-louisienne. La voie de la sagesse nous dicte de soutenir celui qui conduira une liste susceptible de donner un signal fort dont l’écho dépassera les limites de Saint-Louis.

Ce signal s’adresse à des citoyens inquiets, mais motivés pour construire, ensemble, un avenir pour des générations qui ont grandi sans que certains s’en aperçoivent.

La création de la commune de La Rivière auraient aujourd’hui des conséquences incertaines au regard de la situation financière difficile de Saint-Louis et des restrictions budgétaires imposées par les gouvernements successifs.

Que souhaite la population de Saint-Louis ? A l’évidence, retrouver un climat politique apaisé, en choisissant une équipe municipale soudée, dont le principal objectif sera de redresser les finances de la commune. 

Le docteur Piot est celui qui a les qualités exigées pour assumer avec réussite cette lourde tâche :

courage, celui de dire la vérité, quoi qu’il en coûte, en refusant de donner de fâcheuses illusions dans un contexte de difficultés budgétaires persistantes, et même croissantes, par des promesses inconsidérées ;

détermination, celle de protéger les plus démunis sans les dresser contre ceux qui, contribuables, ont aussi à assumer de plus en plus de charges financières ;

ouverture d’esprit – celle de faire le maximum pour rassembler au-delà de toute volonté partisane.

C’est ce respect envers ses interlocuteurs quels qu’ils soient, qui fera la différence ; c’est cette écoute sincère à l’égard de toutes et tous, qui fera la différence ; c’est cet appel à un engagement citoyen marqué par la considération envers chaque administré, qui fera la différence.

L’urgence est à la réconciliation de tous à Saint-Louis et à La Rivière, en transcendant les oppositions entretenues par des partis sur des bases parfois erronées.

C’est pourquoi j’appelle toutes celles et tous ceux qui veulent préserver un espoir pour les échéances futures, à voter pour la liste conduite par le docteur Jean Piot.

Pierre Vergès

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