Histoire vraie – Victorin Lurel, Didier Robert et la biodiversité

 

   Intervenant dans la table ronde sur la biodiversité, Victorin Lurel a rappelé que la richesse de la biodiversité ultramarine était exceptionnelle et constituait un atout majeur pour le développement des outremers et pour toute la France.

Et de promouvoir l’idée d’une année de la biodiversité.

 

Parmi les 34 points chauds de la biodiversité mondiale 


Victorin Lurel ne pouvait que rappeler que 9 des 12 territoires formant les outremers français figuraient parmi les 34 points chauds de la biodiversité mondiale. 

 

Les outremers représentent 80% de la biodiversité française avec un niveau élevé d’endémisme, car plus de 13.000 espèces endémiques y sont recensées, soit plus que dans tout le continent européen.

 

La richesse biologique des eaux littorales et marines est exceptionnelle et pas moins de 90% de la zone économique exclusive (ZEE) française se situent dans les outre-mer, soit 10 millions de km2 conférant à la France 2ème ZEE du monde.

 

Enfin, grâce aux outremers,

« la France est le seul État à disposer de récifs coralliens dans les 3 grands océans, avec un total de 10% des récifs coralliens de la planète, la 2ème plus grande barrière récifale mondiale en Nouvelle Calédonie, ainsi que l’une des très rares doubles barrières à Mayotte » cadrait Lurel.

 

Avant de rajouter :

« La biodiversité dans les outre-mer est souvent liée à une histoire géologique particulière, à l’origine de paysages naturels exceptionnels.

Elle a aussi un lien fort avec la culture, l’identité et le développement touristique si l’on considère le rôle essentiel en matière de reconnaissance et d’attractivité que joue un classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO ».

 

Le nom « La Réunion » ne figure pas dans le communiqué officiel

 

Dans le communiqué officiel, il est étrange de constater que le nom « La Réunion » ne figure pas !

Bien sûr, on pense à notre île à travers les mots « patrimoine mondial de l’UNESCO », mais tout de même !

 

Curieux. Et inquiétant, car cela laisse ouvertes bien des suppositions (pas toujours très favorables au ministre).

 

Victorin Lurel poursuit :

« Face aux nombreuses menaces qui pèsent sur cette biodiversité, et au-delà des actions déjà engagées (création de parcs naturels et réserves, plans de sauvegarde des espèces menacées, engagement des inventaires de la biodiversité, Initiative Française pour les Récifs coralliens – IFRECOR) »,

il faut « définir une stratégie globale et cohérente sur le long terme pour protéger et valoriser la biodiversité ultramarine ».

 

Sur les actions engagées : les parcs naturels qui sont des mesures prises par les régions.

Quant à la « définition d’une stratégie globale et cohérente », c’est un peu parler pour ne rien dire.

 

Toutes les stratégies sont, par essence, globales et cohérentes ! Sinon, c’est du saupoudrage.

 

Des initiatives ont déjà été prises 

 

Grâce à son réseau d’experts, le Comité français de l’UICN a publié en 2003 la première synthèse sur la biodiversité des collectivités d’outre-mer ;

 

WWF-France lance un programme écorégional pour stopper la dégradation et préserver le patrimoine naturel biologique des 10 principales écorégions d’Outre-Mer d’ici 10 ans pour un développement durable des collectivités d’Outre-Mer.

 

Et La Réunion est la 10e  écorégion, où le WWF-France travaille à la préservation du patrimoine forestier de l’île en appui aux initiatives locales telles que la création du Parc des Hauts de La Réunion.

 

Le ministre Lurel évacue rapidement le fait qu’il existe un Conservatoire botanique, le CBN de Mascarin, qui assure la connaissance et la conservation de la flore réunionnaise.

 

Certes, il a plaidé pour que les plans et schémas nécessaires à la gestion durable de la biodiversité soient « conçus et mis en œuvre en concertation avec les acteurs locaux en tenant compte des spécificités de chaque territoire ».

Là aussi, c’est l’évidence même.

 

D’évidence en évidence

 

Il poursuit :

« La régionalisation de l’action en la matière me paraît le bon échelon ».

Alors là, pour une évidence, c’est une évidence.

 

Cela me paraît difficile de situer l’action au niveau de l’outre-mer, dans sa totalité.

Et de deux choses l’une :

– soit il ignore totalement La Réunion (et d’une certaine façon Mayotte),

– soit il envisage la création d’une « grande région Réunion – Mayotte ».

 

Cela ne vous fait pas penser à quelqu’un ?

À un certain Didier Robert, qui reprenait les propos d’un certain TAK ?

C’est faire bon usage du recyclage des idées !

 

Lurel a aussi accueilli avec faveur la proposition émise lors des débats d’une rechercher d’adaptation de l’éducation à l’environnement aux contextes locaux.

 

Assises territoriales

 

Lurel a proposé que des assises territoriales de la biodiversité se tiennent donc dans chacun des outre-mer et qu’elles participent ainsi à la préparation de la future loi sur la biodiversité.

 

Et il a jugé essentiel de développer « une exploitation rationnelle et raisonnée des ressources » :

« Nous ne devons pas avoir peur des mots car ne pas occuper le terrain, ne pas se préoccuper de mettre en place une approche publique de la valorisation des ressources issues de la richesse de notre biodiversité laisse la place à des exploitations captives et excessivement nuisibles ».

 

Une question : est-ce vrai aussi pour le forage au large de la Guyane ?

 

2013, année de la biodiversité ?

 

L’adoption d’une loi-cadre biodiversité dès 2013 et la création d’une agence nationale dédiée figurent donc parmi les mesures confirmées dans la feuille de route pour la transition écologique visant à faire de la France un pays exemplaire en la matière.

 

Et certaines sources indiquent que l’année 2013 pourrait être placée sous le signe de la biodiversité.

Mais ce n’est pas une première.

 

En effet, 2010 avait été déclarée Année internationale de la biodiversité par l’Assemblée générale de l’Organisation de Nations Unies en décembre 2006.

C’était la première fois que les Nations Unies dédiaient une année à la biodiversité.

 

Pour la France, plusieurs grands axes avaient été prévus :

 

– La réalisation d’inventaires communaux de la biodiversité afin d’améliorer nos connaissances et déployer des axes de continuité écologique ;

– La réalisation d’un inventaire du Patrimoine Naturel de l’État ;

– Le renforcement de la recherche française sur la biodiversité ;

– L’accélération de la réalisation de plans de conservation et de restauration des espèces en danger critique d’extinction.

 

On ne partira donc pas de rien, il faudra bien tenir compte de ces travaux.

 

La Région Réunion : avant l’heure, ce n’est pas l’heure !

 

Rappelons aussi que 2011 a été l’Année de l’Outre-mer en France, et aurait du (en principe), mettre en valeur la biodiversité de nos territoires, dans la continuité de cette fameuse année de la biodiversité.

 

À La Réunion aussi, on a eu une année de la biodiversité… eh oui m’sieurs dames !

 

Et  à lire le communiqué de la région Réunion, on y apprend que le fait de placer 2012 sous le signe de l’année de l’écologie et de la biodiversité impliquait que cette  « thématique transversale et intergénérationnelle » allait permettre de « gérer le présent tout en anticipant sur l’avenir ».

 

Gérer le présent et anticiper (forcément sur l’avenir, par sur le passé) : c’est le fondement du développement durable !

Quant à la biodiversité « intergénérationnelle »… il va falloir qu’on nous explique !

 

Le communiqué de la Région précisait : 

« Un développement économique durable qui respecte l’équilibre entre activité humaine et environnement, la recherche d’alternative au tout automobile, la maîtrise de l’énergie et le recours aux énergies nouvelles, la protection et la valorisation de la biodiversité sont autant de domaines dans lesquels s’inscrit l’action volontariste de la Région en faveur de l’écologie et du développement durable ».

 

Blanchiment des coraux… et des actions proclamées

 

Étaient prévus :

 

1°- L’organisation avec l’UNESCO, dans le cadre de son Programme du Patrimoine mondial marin de l’océan indien de la convention d’experts ;

2°- Le positionnement de La Réunion comme « candidate » pour l’organisation de la prochaine citie of Volcano en 2014 avec le soutien de Hawaï.

3°- La sensibilisation accentuée pour le maintien de la sanctuarisation de l’océan indien et empêcher la reprise de la chasse à la baleine.

 

Le dernier point a fortement été médiatisé, mais le reste ?

Est-ce pour autant que la Région de Didier Robert a pris des mesures conservatoires pour le littoral ?

Qu’il a avancé sur la question du blanchiment des coraux ?

 

Concrètement, qu’a-t-on vu, durant cette année de la biodiversité ?

 

Une étude à peine ficelée qui montre qu’une route littoral avec la digue, ce n’est pas un problème ?

Que la gestion du risque incendie, ce n’est pas le top à La Réunion ?

Que les emplois verts ont été recrutés en grand nombre, mais sur des projets parfois flous ?

 

On ne peut qu’espérer que l’année de la biodiversité, version État 2013 soit plus concluante que l’année de la biodiversité, version Didier Robert 2012.

 

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