Alerte Biodiversité – Le sommet de Nagoya permettra-t-il de supprimer la bio piraterie ?

 

   La conférence des Nations unies sur la biodiversité (à Nagoya au Japon) sera-t-elle une nouvelle grand-messe environnementale ? Probablement.

 

Même si les objectifs assignés sont plus modestes :

« une réunion plutôt technique pour le suivi de la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique (CDB) adoptée en 1992″.

 

18 ans après, la situation a-t-elle changé ? Non.

 

Alors, que vont pouvoir faire pendant 12 jours les 193 pays ayant signé ce traité ?

Essayer de convaincre… les Etats-Unis, simples «observateurs» jusque-là ?

 

Trouver les moyens (financiers, humains, techniques, législatifs,…) pour que la CDB joue effectivement son rôle ?

Comment peut-elle assumer sa mission de protection et conservation de la biodiversité ?  

 

De quels ressorts dispose-t-elle pour exiger de la part de tous les Etats une utilisation durable de cette biodiversité, pour la mise en œuvre de pratiques durables dans l’agriculture, la pêche, l’exploitation forestière ?

 

Et surtout, comment peut-elle exiger de la part des Etats,  un partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques ?

 

Comme pour Copenhague, le sommet de Nagoya montre très nettement que sur ce dernier point, il existe une ligne de fracture entre pays du Nord et pays du Sud.

 

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La bio piraterie des industries pharmaceutiques ou cosmétiques

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Car, certains pays du Nord continue à procéder à la surexploitation des ressources.

Celles des autres, des pays du Sud, bien sûr, jamais les leurs.

 

C’est la « bio piraterie ».

 

C’est ce que pratiquent ces entreprises pharmaceutiques ou cosmétiques qui utilisent des molécules issues d’une plante d’un pays (souvent pays en voie de développement) qui commercialisent le produit… en oubliant généreusement de partager les bénéfices avec le pays d’origine de la plante.

 

C’est l’histoire du cactus Hoodia gordonii,  plante que le peuple San, dans le désert du Kalahari (Afrique du Sud) utilisait comme coupe-faim depuis des siècles.

 

Et par hasard, en 2001, le peuple San a découvert que les droits de commercialisation avaient été acquis par un laboratoire (Pfizer). Sans partage.

 

L’affaire avait été portée devant les plus hautes instances internationales.

Des années de procès. Pour arriver à quoi au final ?

 

À un accord par lequel les San doivent recevoir des royalties estimées à… 0,003% des ventes au détail du médicament contre le surpoids. Nouvelle spoliation pour eux.

 

Une aumône qu’on leur fait. Inacceptable ! 

Il n’y a pas qu’en Afrique du Sud.

 

Madagascar est aussi pillée.

Mayotte, l’île aux parfums, dans une moindre mesure, également.

 

Le G77, le groupement des pays du Sud, parviendra-t-il a faire entendre sa voix ? Pourra-t-il peser sur ce qui sera décidé ?

                                                                                                                                                                                                               

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4 Commentaires sur

Alerte Biodiversité – Le sommet de Nagoya permettra-t-il de supprimer la bio piraterie ?

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    Ces pays riches pillent sans vergogne. ils imposent leur diktat. ils rackettent les pays pauvres… et pour faire belle apparence, ils parlent de codéveloppement… il faut vraiment un autre monde, avec de vraies valeurs de partage et de solidarité

  • ArsinoéNo Gravatar |

    Pfizer… mais combien d’autres également? dans cette piraterie, le silence des plus grandes autorités (OMC, par exemple), est vraiment lourde de signification. Toujours à la botte et à la solde des plus riches

  • Dominique B.No Gravatar |

    C’est ni plus ni moins qu’une nouvelle forme de colonisation

  • EricNo Gravatar |

    ce sont des multinationales qui agissent de la sorte. le boycott d’un produit ne servira à rien. la seule solution, c’est le commerce équitable. Pour l’instant. Avant que le système soit à son tour pourri par ces mêmes multinationales et leurs monstrueuses tentacules

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