Energie – Transition énergétique : les Régions rechignent à organiser le débat

 

 Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes socialistes !

 

Après les gros mouvements de grogne des parlementaires socialistes (sénateurs comme députés) sur le non cumul des mandats, voilà donc les présidents de Région qui entrent à leur tour dans une résistance au pouvoir élyséen.

 

Sans toutefois y aller de front.

 

En France, un sondage a montré que quatre Français sur cinq n’avaient pas encore entendu parler du grand débat public sur la transition énergétique.

Et certains avaient aussi quelques doutes sur ce que sont les énergies renouvelables.

 

Et pourtant, le débat national a été officiellement lancé le 29 novembre.

La ministre Delphine Batho en expliquait les objectifs :

« définir l’intérêt de la Nation tout en permettant l’expression de toutes les opinions ».

 

A l’issue du débat national, un conseil des sages rendra un rapport rendant compte des différentes problématiques qui auront émergé et formulera des recommandations.

 

Le Gouvernement déposera alors un projet de loi de programmation pour la transition énergétique, fin 2013.

  

Quels débats ? 

 

Toujours est-il que cette promesse de campagne de François Hollande connaît une mise en place difficile !

Car, pour l’instant, de débat, il n’y en a pas.

Bien sûr, on peut noter quelques réunions des instances de pilotage.

 

Mais cette fameuse phase de pédagogie et d’information, qui devait se dérouler en novembre et décembre avec la mise à contribution des grands médias nationaux et régionaux, est loin d’avoir eu le succès espéré, au vu des résultats du sondage.

 

Ce qui tend donc à plomber la phase de participation du grand public, prévue de janvier à avril, avec moult séminaires, débats et auditions publics au niveau national et régional, forums citoyens.

 

Qui devait s’en charger ? Les régions.

Leur mission était de

« veiller à assurer la cohérence de l’ensemble des initiatives territoriales au niveau infrarégional ».

 

Des Régions absentes…

 

Moins d’un quart des Régions ont répondu présent.


 

La région Pays de la Loire a lancé début octobre des Etats régionaux de l’énergie et a déjà tenu 4 de ses 5 débats départementaux.

Mais cette Région est « le fief du chef du gouvernement ».

Ceci expliquerait-il cela ?

 

Idem pour la région PACA (Provence-Alpes Côte d’Azur) : avec une conférence régionale et des débats dans les départements très prochainement. 


La région Rhône-Alpes a lancé l’opération mais n’a encore programmé aucun débat.

 

La région Ile-de-France vient d’enclencher le processus 18 janvier avec une conférence régionale et une programmation de débats dans les huit départements.

 

Selon les journaux des collectivités,

«la plupart des cabinets des présidences assurent avoir l’intention de tenir des conférences régionales ainsi que des débats dans les départements

 

Mais sans fixer de date : les régions Basse-Normandie, Bourgogne, Franche-Comté, Midi-Pyrénées, Centre, Aquitaine n’ont pas de calendrier.

Un peu comme l’Elysée et Matignon sur la mise en place de la loi sur le non cumul des mandats !

 

Sinonsa bande na lé pa la ek sa 

 

La région Nord-Pas de Calais affirme « ne rien prévoir de particulier dans le cadre du débat national ».

Motif : la région mène depuis 2010 une réflexion de fond. 


 

La région Languedoc-Roussillon quant à elle s’interroge sur l’utilité d’organiser ces débats, prétextant l’organisation de débats il y a 4 mois sur des problématiques similaires.

 

La région Haute-Normandie attend… « des instructions du gouvernement ».

Et en Auvergne, conseil régional et préfecture de région se renvoient la balle.

 

Quant à La Réunion….. no comment !

 

Une fronde de l’ARF ? 

 

S’agirait-il d’une fronde de l’Association des régions de France ?

Non, pas vraiment.

 

Mais l’ARF avec d’autres associations représentatives, l’Association des maires de France (AMF), l’Assemblée des départements (ADF), l’Assemblée des communautés de France (AdCF), l’Association des maires de grandes villes (AMGVF), défendent l’idée « une logique montante ».

 

Elles réfutent donc la méthode du gouvernement.

Et affirment haut et fort que les collectivités n’ont pas attendu le gouvernement Ayrault pour prendre en main la question des énergies renouvelables.

 

En « off », certains ont même précisé :

« la feuille de route pour la transition écologique (dont le DNTE – débat national sur la Transition Energétique – est l’un des chantiers) est un bel exemple de technocratie parisienne, on croit rêver quand on lit ça, c’est surréaliste.

Des fonctionnaires parisiens ont essayé de traduire une commande politique en lui donnant une coloration territoriale.

Et on explique ensuite aux régions que c’est à elles de se débrouiller, sans moyens.

L’esprit jacobin est une culture de gauche comme de droite, en voilà une preuve supplémentaire».

 

Le clou de cette histoire, c’est la déclaration de ce haut fonctionnaire, dont le cœur penche vraiment à droite et qui affirme :

« jamais on n’a tenté d’aller aussi loin dans le débat ». 


 

La droite au secours du gouvernement Ayrault ? Quand même pas, mais tout de même…

 

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