Énergie – Transition énergétique : nécessité d’une transition ou d’une révolution copernicienne ? (1ère partie)

 

L’efficacité énergétique à l’horizon 2020   

 

Le gouvernement a décidé de mettre en place une conférence environnementale portant sur deux thèmes : d’une part, la « transition énergétique » et d’autre part, la protection de la biodiversité. Dont acte.

Si cette conférence ne se présente pas sous les meilleurs augures, il n’en reste pas moins vrai que c’est notre rapport à l’énergie qui doit être repensé.

 

Je vous propose une série d’articles sur ce sujet.

Le premier relate la situation en Europe.

 

Le Conseil européen a pris, en mars 2007, une initiative que l’on appelle généralement la 3 fois 20 ou l’initiative 20/20/20.

 

Cela repose sur trois principes bien distincts :

 

1°- Une baisse de 20% des émissions de CO2 ;

 

2°- Une augmentation de 20% de la part des énergies renouvelables dans la production totale d’énergie

 

3°- Une réduction de 20% de la consommation d’énergie.

 

Des vœux pieux ?

 

Des vœux pieux, probablement.

Pourtant, ces objectifs sont indispensables à atteindre si l’on veut que notre Planète survive.

 

Il faut bien limiter les dégâts.

Et encore, c’est une vision minimaliste de la situation.

 

Mais c’est un vœu pieu car le rapport à la question de l’énergie n’est pas le même dans tous les pays européens.

Un seul exemple : celui de la dépendance énergétique.

 

Une dépendance énergétique résulte du ratio entre importations nettes et consommation totale d’un pays sur la question de l’énergie.

 

Et bien cette analyse de la dépendance révèle  une extrême variété de situations.

Ainsi,  le Danemark produit plus qu’il ne consomme.

En revanche, Malte importe la totalité de sa consommation.

Quant à l’Allemagne est à 58,9.

La France, elle, atteint un ratio 50,4.

 

Disparité importante


La même disparité de situation se retrouve dans la part des énergies renouvelables, dans le tableau global de l’énergie produite.

Les écarts sont impressionnants. 

 

Pour la Grèce, les énergies renouvelables ne représentent que 5% de la production.

Mais la Suède, elle, produit 30,9% de son énergie avec des énergies renouvelables.

L’Allemagne, elle est à 8,3%.

 

Quant à la France est à 7% de la production (France métropolitaine, s’entend, car les Régions d’outre-mer sont nettement plus en avance et présentent des taux beaucoup plus importants : on y reviendra dans un prochain article.


En clair, de très nombreux pays européens sont très très loin de l’objectif fixé par l’Europe.

Cet objectif est bien sûr d’atteindre 20% d’énergies renouvelables dans la production totale à l’horizon 2020.

 

1150 milliards à consentir d’ici 2030

 

Il ne s’agit pas d’un objectif global à atteindre pour « L’Europe », mais bel et bien ce que doivent proposer chacun des pays la composant !

L’Europe a également chiffré les moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs.

 

Ainsi, il y aurait nécessité d’investir plus de 50 milliards d’euros d’ici 2020, soit 8 milliards par an (actuellement 3 milliards programmés).

Ces chiffres ne prennent pas en compte les investissements à réaliser pour l’électricité et le gaz (notamment pour l’amélioration des réseaux).

 

D’où le chiffre généralement avancé : celui de  1.150 milliards, oui, mille cent cinquante milliards d’euros d’investissement à consentir d’ici 2030.

La somme est conséquente.

 

Alors, bien évidemment, certains sont pris de panique à la vue de ce chiffre. Toutes sortes de raisons sont invoquées, pour retarder la mise en place de l’échéance. A commencer par « la crise ».

 

Ok, nous sommes en crise, et ce n’est pas à La Réunion que l’on nous dira le contraire, nous qui sommes les champions toutes catégories du nombre de chômeurs, de jeunes privés d’emplois, du taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

 

Mais avancer « la crise » est-ce une raison valable ? Est-ce bien pertinent ?

N’est-on pas en train de se cacher derrière son petit doigt ?

 

N’est-on pas victime d’un certain lobbying de la part de certains qui ont, actuellement, des rentes de situation liées à cette question des énergies « sales » ?

 

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