Total et les collectivités locales au secours des énergies renouvelables ?

 

François Dauphin, Expert Energie Climat publie une tribune libre dans « L’Expansion » sous le titre : « Solaire photovoltaïque : et si les collectivités locales intervenaient… ».

 

Il démontre que les collectivités locales ont les moyens (juridiques mais pas financiers) d’intervenir mais que de son côté, le groupe Total peut être un appui de poids.

 

L’expert tente de trouver une solution pour relancer la filière.

Il propose que ce soit par Bruxelles, au titre des plans « énergie climat », lesquels impliquent les collectivités locales.

 

Notamment parce que la situation aujourd’hui subie dans le secteur photovoltaïque (moratoire de trois mois sur les nouveaux permis) est révélatrice de « dysfonctionnements profonds dans la gouvernance énergétique française ».

Un raisonnement qui s’appuie sur plusieurs points : le remaniement ministériel a exclu l’énergie du ministère de l’écologie en l’intégrant à celui des finances.

 

Ce qui n’est pas innocent car  le gouvernement ne dispose pas d’un plan crédible et financé pour les 23% d’énergies renouvelables qu’il s’est engagé à réaliser d’ici à 2020.

 

Selon l’expert, pas de plan crédible non plus émanant du Syndicat des Energies Renouvelables (SER), puisque ce « conglomérat » réunit tous les secteurs des énergies renouvelables, lesquels ont des intérêts contradictoires.


Cette absence de cohésion au SER a permis au gouvernement de renforcer sa mainmise sur le secteur des énergies renouvelables et de donner libre court à ses volontés comme de nommer « un ancien administrateur d’EDF, spécialiste de l’énergie nucléaire, pour trouver une solution de long terme pour le secteur photovoltaïque ».

 

Dans ce grand n’importe quoi, des initiatives citoyennes apparaissent.

 

Le collectif « Touche Pas À mon Panneau Solaire »  s’est adressé à la Commission Européenne « en engageant une procédure de manquement à l’encontre de l’Etat français« .

 

En clair, montrer à Bruxelles que la France est totalement incapable d’arriver aux 23% d’énergies renouvelables dans le laps de temps imparti.

 

Si la procédure a des chances d’aboutir, en revanche, elle ne réglera en rien les problèmes du court terme.


Le biais du plan énergie climat 


François Dauphin estime ainsi que les collectivités locales, par le biais du  plan énergie climat qu’elles doivent produire dès 2012,  sont les moteurs incontournables de la relance de la filière.

 

D’autant plus qu’elles ont une parfaite vision des ressources et gisements locaux, ainsi que la capacité de trouver des solutions, notamment par le biais de dispositifs ou structures existants (les syndicats d’électricité, par exemple).

 

Reste néanmoins la question du financement des actions.

Là, rien n’est assuré, bien au contraire.


Il évoque aussi toutes les entreprises du bâtiment, qui doivent penser construction en termes d’énergie positive, ou tout du moins, trouver des sources délocalisées d’approvisionnement en énergie.

« Le photovoltaïque deviendra nécessairement partie intégrante des éléments d’architecture de demain. En outre, nos groupes de BTP sont des leaders internationaux et offrent une réelle option pour exporter un savoir-faire français dans le domaine des éco-constructions et des éco-quartiers », souligne François Dauphin.


Et en cela, La Réunion est en avance.

 

Entre 1998 et 2010, la Région a sérieusement boosté toutes les filières notamment celle du photovoltaïque, accordant des aides tant aux entreprises qu’aux particuliers, et cela avant la mise en place du crédit d’impôt.

 

Quant aux éco-cités et éco-quartiers, La Réunion avec notamment le Port et le TCO n’est pas en reste.

 

La ville du Port, par exemple, a reçu en avril  le prix Energaïa aux Trophées Eco actions, qui récompense les meilleures initiatives en matière d’énergies renouvelables pour le projet « Le Port, ville solaire ».


Total, un allié incontournable ? 

 

Enfin, François Dauphin estime que le dernier acteur à ne pas négliger est le groupe Total.

« Lorgnant sur un marché de plus de 700 milliards d’euros, celui-ci a confirmé, lors de sa dernière assemblée générale, que le solaire faisait partie intégrante de ses investissements d’avenir ».

 

Ce n’est pas simplement un vœu pieu, puisque Total a pris le contrôle de la société Konarka, spécialisée dans les cellules organiques.

 

le directeur financier du groupe, confiait fin 2009 aux actionnaires que

« si les investissements n’étaient pas plus importants, c’était en partie dû à l’immaturité des technologies et l’instabilité des politiques de soutien des gouvernements »

 

On ne peut être plus clair à ce sujet.

Ainsi, les carences gouvernementales en matière d’énergie renouvelables pourraient être comblées d’une part par les collectivités locales et d’autre part, par … le secteur pétrolier.

 

Ceci dit, les régions (et notamment celles d’outre-mer) ont agi, bien avant que l’objectif européen soit fixé.


Un coup d’arrêt depuis mars 2010 

 

Que sont les 23% de recours aux énergies renouvelables fixés par l’Europe à ses Etats membres…

quand ce taux est déjà atteint à La Réunion et que,

avant mars 2010, les conditions étaient créées pour parvenir à une couverture entière (pour ne pas dire totale…) des besoins électriques par le solaire, l’éolien et les énergies de la mer ?

 

Mais entre temps, il y a eu l’élection de Didier Robert.

Laquelle a été suivie de plusieurs coups de frein notamment en ce qui concerne l’énergie thermique des mers.

 

Les autres études sur les autres projets ne sont financées qu’à minima.

La Région a inscrit une baisse de 12% du budget consacré à l’énergie renouvelable.

 

Ce qui fait la part belle aux énergies fossiles, comme le confirme le nouveau directeur régional d’EDF pour qui

« l’implantation de deux turbines neuves dans le Sud est indispensable ».

 

Et les entreprises réunionnaises spécialisées dans le photovoltaïque sont dans une situation financière catastrophique du fait de l’application rétroactive du moratoire imposé par le gouvernement et voté, rappelons-le, par Didier Robert et les parlementaires UMP !


Par voie de conséquence, c’est tout le projet de Temergie (qui devait se traduire par la création de 15.000 emplois) qui est menacé.

Rappelons aussi le refus du gouvernement d’inscrire le projet Seawatt au grand emprunt.

 

Petite rétrospective : il y a tout juste un an, ici à La Réunion, Sarkozy présentait GERRI comme un projet phare en matière de développement durable.

Un an après, exit GERRI, exit l’autonomie de production énergétique de La Réunion.


Le développement durable n’est plus qu’un pâle souvenir, tombé sur l’autel du profit, des grosses entreprises, de l’indifférence du gouvernement et de l’opposition sinon de l’indifférence de Didier Robert.

                                                                             

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