« 2013 année de l’emploi » : Une baisse du chômage en 2013 ? Ou kroi sa vréman ?

  

Près de chaque monticule de sable, un trou, comme une tombe en attente, tout un cimetière…

Pour le Chef de l’Etat, 2013 sera l’année de l’emploi.

Aussi a-t-il déclaré : « Toutes nos forces seront tendues vers un seul but : inverser la courbe du chômage d’ici un an ».

 

Dans ces vœux du lundi 31 décembre 2012, François Hollande n’a pas modifié d’un iota la position qu’il avait adoptée trois mois et demi plus tôt.

Mais il avait alors assorti la question de l’habillage du « redressement ».

 

Quel inversion de tendance sur le front du chômage ? 

 

Quel redressement ?

L’année 2012 a vraisemblablement enregistré un déficit du compte courant de la balance des paiements plus lourd que celui de 2011.

 

Lequel  était déjà très élevé puisqu’il représentait 8% du PIB !

La Banque de France a annoncé une contraction de 0,1% de l’économie française au quatrième trimestre 2012.

 

Et ce n’est pas fini !

2013 ne sera pas mieux.

 

D’après l’INSEE, la croissance sera de 0,1% au cours des deux premiers trimestres 2013.

On est donc loin des prédictions de Bercy, qui tablait sur une croissance annuelle de 0,8% !

 

L’INSEE a également analysé les conséquences en termes d’emploi : 40.000 emplois détruits par mois, sur les 6 premiers mois.

D’autres chiffres interpellent : 75.000 emplois détruits dans le secteur marchand durant cette même période

 

Avec un tel taux de « croissance », si l’on peut dire, on ne voit pas comment le chômage peut baisser.

Les économistes affirment avec raison ceci : »: la courbe du chômage s’oriente à la baisse lorsque le produit intérieur brut s’accroît de 1,5 % environ, en rythme annuel ».

 

Le chômage ne reculera donc pas.

Au moins pendant les 6 premiers mois de cette année.

 

Et rien ne prouve que la tendance s’inversera à partir de juin prochain.

 

Quant aux leviers actionnés par le gouvernement, ils sont quelque peu rouillés !

Comment les 80.000 contrats aidés supplémentaires annoncés en juin par le ministre du travail, Michel Sapin, pourraient changer la donne ?

 

Et ce même s’ils ont été suivis de quelques 40.00 autres !

C’est seulement un pansement sur une sérieuse hémorragie.

 

Emplois d’avenir et contrats de génération, nouveaux « remèdes miracles » ? 

 

Et les emplois d’avenir ?

Bien sûr, ils sont « jeunes » puisque mis en place début novembre 2012, à l’adresse de jeunes connaissant de grandes difficultés d’insertion professionnelle.

 

Fin 2012, seulement 2.000 ont été signés.

Avec quels résultats ?

 

L’exemple de la Caisse d’allocations familiales (CAF) du Var est à ce titre extrêmement révélateur : 6 jeunes ont été embauchés en contrat d’avenir par l’organisme.

Organisme qui les a virés trois semaines plus tard.

 

Motif : ces  télé-conseillers n’ont pas fait l’affaire.

Selon la CAF :

« L’analyse de leur marge de progression et du potentiel des intéressés a poussé la direction à prendre la décision de les remplacer ».

 

La CAF pointe un manque de compétences, le poste nécessitant… « une connaissance générique de 15.000 règles de droits ».

Pourtant les contrats d’avenir sont spécifiquement destinés à des jeunes souffrant de difficultés pour s’insérer sur le marché du travail.  

Notamment ceux qui n’ont pas le bac.

 

On n’a guère entendu le gouvernement sur ce regrettable fait.

Regrettable pour les jeunes, mis à nouveau en difficulté.

 

Cela a néanmoins permis de constater qu’il y a eu un « effet d’aubaine ».

Un « effet d’aubaine » y compris pour ce genre de structure, alors que généralement, c’est le privé que l’on accuse de ce fait !

 

Le gouvernement reste malgré tout ferme : d’ici à fin 2014, il espère créer 150.000 postes de ce type.

 

Quant aux contrats de génération, ils ont pour objectif de permettre l’embauche de jeunes et de maintenir dans l’emploi des salariés seniors, les seconds transmettant aux premiers savoir-faire et compétences.

 

Le tout avec l’éternel « remède miracle » des allégements de charges.

Idée loin d’être neuve.

 

Mais le gouvernement pense parvenir à 500.000 recrutements en cinq ans, soit environ 100.000 par an.

Sans  trop y croire, d’ailleurs puisque le ministère du travail a reconnu que l’évaluation du nombre de contrats allait être difficile.

 

La réforme du travail : la fameuse négociation entre syndicats et patronat 

 

Troisième levier : la réforme du travail. Avec cette fameuse négociation entre syndicats et patronat.

Le deuxième « round » vient de s’achever.

 

Pour François Hollande, il s’agissait de « conjurer une double peur : la peur du licenciement pour les travailleurs, la peur de l’embauche pour les employeurs ».

 

Aujourd’hui, il parle de « succès du dialogue social » et d’un « nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi ».

 

Trois syndicats français ont validé le principe du projet de réforme.

La CGT et FO y sont clairement opposés.

 

Le Medef de Laurence Parisot, estime que ce compromis est « tout sauf un accord a minima ».

Ce qui est extrêmement révélateur.

 

Ce protocole va se transformer en texte de projet de loi qui sera présenté au Conseil des ministres début mars.

Il sera examiné à l’Assemblée nationale en avril et au Sénat en mai.

 

Les parlementaires serait bien inspirés d’avoir à l’esprit ce que disait Catherine Barbaroux, présidente de l’ADIE, Association pour le développement des initiatives économiques, sur France Inter, le 16 décembre 2012 : 

 

« Depuis 10 ans, on a plus que doublé le recours aux CDD. 

Quand les entreprises disent qu’elles manquent de flexibilité, c’est vrai que c’est un petit peu incompréhensible pour le commun des mortels.

 

84 % des intentions d’embauche sont des embauches en CDD. 

78 % de ces CDD sont des CDD de moins d’un mois.

 

Donc, on peut comprendre que les organisations syndicales s’alarment d’une « dislocation » du contrat de travail et du marché du travail, puisqu’on sait bien que les personnes en CDD dans une entreprise ne vont pas bénéficier des mêmes droits, du droit à la formation notamment, ne vont pas forcément d’ailleurs se sentir impliqués de la même manière, et ne vont pas forcément apporter la même motivation au travail.

 

Donc, c’est à la fois un problème pour les salariés, mais ce qui est pour moi encore plus incompréhensible, c’est qu’il me semble que c’est un problème pour les entreprises elles-mêmes.

 

Parce que dans une période où la compétitivité est tellement recherchée, où l’implication est tellement recherchée, on a besoin d’une main d’œuvre motivée, impliquée, qualifiée… »

 

Fermez le ban !

 

Au final, sur ces trois leviers, un est déjà compromis, ce protocole, puisqu’il n’a pas été signé unanimement.

Quant aux deux autres, ils reposent aussi sur des stratégies et la volonté des entreprises.

 

Et là, rien n’est gagné.

 

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