37ème foire agricole de Bras-Panon : mon intervention à l’occasion de l’inauguration

 Samedi 4 mai, j’ai représenté le Conseil général à l’inauguration de la 37ème foire agricole de Bras-Panon.

La Présidente du département, Nassimah Dindar, était donc excusée. Je publie ci-dessous l’intégralité du discours que j’y ai prononcé.

 

La crise économique majeure qui touche depuis 2008 l’ensemble de l’économie mondiale amène à une interrogation sur la place et la nécessaire légitimité de l’intervention publique pour l’établissement de règles et de garde-fous dont les marchés et les acteurs économiques ont besoin.

 

C’est notamment le cas pour le monde agricole et agroalimentaire puisque depuis quelque années certaines denrées alimentaires sont source de spéculation boursière.

 

1er élément à prendre en compte : A La Réunion, il y a un enjeu fondamental pour l’agriculture, la lutte contre la consommation des espaces agricoles à d’autres fins   

 

Les moyens juridiques de l’Etat et du Département ont été renforcés en la matière par la création de la CDCEA (Commission Départementale pour la Consommation des Espaces Agricoles) dans le cadre de la préservation et de la reconquête du foncier agricole et par le renforcement de la procédure « terres incultes » et du contrôle du morcellement des terres agricoles.  

 

Créé par la loi de modernisation de l’agriculture de 2010, l’Observatoire national de la consommation des espaces agricoles a vu le jour le 17 avril 2013. L’observatoire est chargé d’élaborer des outils pertinents pour mesurer le changement de destination des espaces agricoles et homologuer des indicateurs d’évolution.

 

A La réunion la CDCEA s’est réuni pour la première fois le 30 avril 2013.

 

2ème élément à prendre en compte : le contexte législatif avec la Loi d’avenir pour l’agriculture, l’agroalimentaire et la forêt   

 

Future loi d’avenir pour l’agriculture, l’agroalimentaire et la forêt qui comprendra, à son tour, un volet sur la « protection des terres agricoles et l’installation des jeunes agriculteurs ».

 

Ce texte prévoit cinq autres volets :

 

– l’alimentation,

– la performance économique et environnementale des filières agricoles et agroalimentaires,

– l’enseignement agricole et la recherche,

– la forêt,

– et les agricultures ultramarines.

 

Ce texte est prévu pour être présenté en Conseil des ministres au mois de septembre puis au Parlement en novembre, afin de pouvoir entrer en vigueur avec la nouvelle programmation de la Politique agricole commune 2014-2020.

 

3ème élément à prendre en compte : Les Cahiers de l’agriculture et le PRAAD, le Plan Réunionnais agricole et agro alimentaire durable     

 

Les travaux ont débuté au mois de septembre 2012, avec depuis deux étapes entamées..

 

1ère étape : La première phase de l’étude a consisté à établir un bilan de l’Agriculture Réunionnaise à partir des données disponibles, à savoir notamment le recensement agricole de 2010.

 

Parallèlement, le bureau d’étude a mené un travail d’évaluation des objectifs des Cahiers de l’Agriculture fixés en 2006 afin d’analyser les écarts éventuels.

 

Ce premier travail a fait l’objet d’une première présentation en Comité de Pilotage élargi  (comprenant notamment l’Etat, la Région, la Chambre d’agriculture et les acteurs professionnels agricoles) le 13 décembre 2012.

 

Suite à cette première étape, la deuxième phase de l’étude, qui consiste à réunir des groupes thématiques, s’est déroulée sur les mois de février et de mars 2013.

 

Les ateliers portaient sur les thématiques suivantes :

 

1/ « Un espace agricole multifonctionnel à préserver et des terres à reconquérir »

 

2/ « Une agriculture écologiquement intensive pour une gestion durable des ressources »

 

3/ « Une alimentation saine, de qualité, locale et adaptée »

 

4/ « L’agriculture, un secteur moteur de l’innovation et du développement territorial

 

5/ « L’agriculture, vecteur d’emploi et d’insertion »

 

Les débats ont été riches et des enjeux on été identifiés et partagés tels que :

 

1°- La nécessité de protéger encore plus le foncier agricole et de reconquérir de nouvelles terres agricoles ;

 

2°- Le maintien de l’augmentation de la productivité, en recherchant une moins grande dépendance par rapport aux importations ;  

 

3°- Le renforcement du lien entre producteurs et consommateurs, notamment par une meilleure adaptation de l’offre aux attentes des consommateurs, etc.

 

Les nouveaux Cahiers de l’agriculture sont attendus pour juin 2013.

 

C’est un travail essentiel, car ces cahiers serviront de base à la programmation européenne 2014/2020. 

 

4ème élément à prendre en compte : La programmation européenne 2014/2020 :    

 

L’objectif d’Europe 2020 est de réussir notre sortie de crise et donc d’encourager un modèle européen de croissance , plus intelligente, durable et inclusive.

 

Afin de continuer de promouvoir et de défendre le modèle de développement économique et agricole de notre espace insulaire contraint, les instances européennes ont été officiellement sollicitées afin de permettre aux régions ultra périphériques (RUP) de bénéficier d’une dérogation, ou à défaut, d’un assouplissement des textes pour intégrer l’éligibilité des projets réunionnais en particulier celui des périmètres hydro agricoles.

 

De même, le Conseil Général sera vigilant sur le nouveau Programme d’Options Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité (POSEI), 1er pilier de la PAC dans les DOM.

Ce programme doit permettre de répondre aux besoins de l’ensemble de nos productions, d’abord la canne et l’élevage, mais également les productions de diversification végétale qui possèdent un potentiel réel de développement.

  

Enfin, dernier élément à prendre en compte : La coopération régionale     

  

Voilà bien un domaine où le potentiel est énorme.

 

La première illustration qui me vient à l’esprit est la passerelle à établir avec Madagascar ou l’Afrique de l’Est pour certains intrants (aliments pour bétail notamment).

 

C’est une opportunité qui peut nous être profitable.

 

Bien sûr, la condition absolue est que cette coopération ne doit pas être concurrentielle à la production locale bien sûr.

 

Il faut donc jouer sur la complémentarité, avec la préoccupation essentielle de prolonger la démarche de sécurité au plan sanitaire, au plan alimentaire, et favoriser enfin un bilan carbone plus généreux pour notre planète, afin de prolonger l’épanouissement humain sur notre terre Réunionnaise.

 

Plein succès à la 25ème foire agricole réunionnaise de Bras-Panon !

 

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