Le scandale des marges excessives

 

Au surlendemain de la publication du rapport de l’observatoire des prix sur les marges dans la distribution alimentaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, était l’invité de France Info lundi matin.


Le ministre a tout d’abord expliqué : « C’est important d’avoir un diagnostic le plus neutre possible sur ces marges ».

Faut-il y voir une remise en cause du travail de l’observatoire, même s’il a dit défendre le travail mené depuis des mois par l’organisme ? Mais…

  

Bruno Le Maire a ensuite déploré que consommateurs et producteurs soient lésés  en donnant un exemple :

« Il y a des marges excessives sur un certain nombre de produits dans la grande distribution.

Sur une tranche de jambon, la moitié du prix vient des marges, le consommateur se retrouve lésé.

Et le producteur aussi ».


Il a rajouté : « C’est important de sortir des affrontements subjectifs entre les uns et les autres ». Affrontements subjectifs ? Mais où est la subjectivité ? La subjectivité des prix ? Celle des marges ? Celle du ticket de caisse ?

Comment se sortir de ces affrontements ? Bruno Le Maire donne des pistes : « Que les distributeurs fassent preuve de plus de transparence sur leurs marges ».

 

Certains supermarchés refusent en effet de communiquer leurs chiffres. Notons qu’ils ne sont pas les seuls.

À un moment, Air France comme France Télécom s’étaient retrouvés dans la même logique : on ne communique pas.

 

Si ces grandes surfaces n’y sont pas contraintes, de façon réglementaire ou légale, elles ne vont pas le faire spontanément.

Mais Le Maire veut nous faire croire qu’il ignorait, en temps que ministre de l’agriculture, l’état de la situation et l’existence de ces marges ?

 

C’est incroyable. Soit il nous prend pour des idiots. Soit il est un ministre marionnette dans les mains de… grandes surfaces !

Selon lui, il faut aussi « que nous sortions de la culture du conflit permanent entre les producteurs, les industriels et les distributeurs ». Après les affrontements subjectifs, la culture du conflit !

 

Ils n’ont pas d’intérêts convergents, bien évidemment.

Mais de là à parler de « culture du conflit »… c’est trop simple ; et surtout une manière de botter en touche, de décliner toute responsabilité afin de les faire porter aux autres. 

 

Il y a des marges excessives. Que veut donc faire le ministre ?

Réclamer  des marges nettes, plus représentatives car elles correspondent au profit réalisé sur un produit, au contraire des marges brutes que les commerçants sont plus enclins à donner.

 

« Cela nous permettra de voir pourquoi il y a des marges aussi importantes sur certains produits comme le lait frais ou le jambon ».

Et une fois que Le Maire aura vu où sont les marges, que va-t-il faire ?

 

Il propose « que les producteurs, les paysans s’organisent mieux, pour que le rapport de force soit plus équitable ».

Donc, en poussant un peu plus loin la logique, les distributeurs exagèrent un peu, mais c’est de la faute aux producteurs qui sont inorganisés.

 

Même en structurant encore plus les filières, cela ne va pas faire baisser les marges.

Pas plus que cela ne permettra d’augmenter les revenus des producteurs.


Et à La Réunion ? Des expériences ont été menées sur certains produits. Mais les marges sont ici aussi, excessives.

Et qui plus est, il y a des phénomènes de monopole ou de quasi monopole, avec des étapes supplémentaires, puisque bien des produits alimentaires sont importés.

 

Si la formation des prix reste bien à surveiller, cela doit être avec l’active participation des services de l’Etat.

De TOUS les services de l’Etat. Et là, ce n’est pas gagné.


Enfin, la question de l’agriculture à La Réunion se pose en des termes différents.

Notamment parce que bien des filières sont organisées.

 

Que les coopératives agricoles assurent un accompagnement de proximité aux agriculteurs.

C’est en ce sens que je travaille, au titre de vice-président du conseil général en charge de l’Agriculture, en partenariat étroit avec la commission  Agriculture, Eau et Ruralité.


Nous avons récemment voté pour  une première série de coopératives une enveloppe de  320 000 € et que nous avons accordé des aides (plus de 252 000 €) à 11 autres organismes  agricoles.

Tout cela en soutenant également  les agriculteurs en difficulté par  des aides exceptionnelles (hors calamités climatiques).

 

Par ailleurs, nous souhaitons le développement de l’agriculture biologique, car c’est un enjeu considérable pour La Réunion.

Et derrière tout cela, il y a aussi la question de la sécurité alimentaire, dans le sens de l’autosuffisance alimentaire.

 

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3 Commentaires sur

Le scandale des marges excessives

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    tout à fait d’accord avec votre analyse

    MAIS POURRIEZ VOUS MODIFIER LE TITRE : LE scandale et pas LA scandale…

  • Pierre VERGESNo Gravatar |

    :) OK

  • EricNo Gravatar |

    Bruno Le Maire ne va pas échapper à ses obligations. Lui qui lorgnait du côté de Bercy, il va se retrouver encore à son poste… maintenant, il va falloir qu’il bosse

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