L’Île de La Réunion « Courage » grâce à des Réunionnaises et des Réunionnais « Courages »

 Les agricultrices et agriculteurs récompensés, dans la salle du Conseil municipal de la Mairie de Bras-Panon

Vendredi matin, j’ai participé, en tant que vice-président du département délégué à l’agriculture, à la traditionnelle remise des prix du Concours départemental aux agricultrices et agriculteurs les plus méritants.

 

Organisée annuellement, cette remise des prix vient récompenser des lauréats parmi une multitude de Réunionnaises et de Réunionnais qui portent bien haut le flambeau d’une agriculture performante.

 

Trop souvent, des observateurs parlent avec méconnaissance de ce secteur décisif pour notre Île.

Peut-être parce que nous ne communiquons pas assez.

 

Adepte d’une communication grand public, je concède bien volontiers cette explication.

Encore que… l’on peut faire l’effort de se renseigner.

 

Il en est ainsi de la volonté résolue du Conseil général, compétent depuis 2005 tant pour l’agriculture animale que végétale, la Région ne gardant la compétence que pour l’industrie dans le domaine agro-alimentaire, de tout faire pour parvenir à l’auto suffisance alimentaire.

 

Je l’ai souligné à l’occasion de cette cérémonie : l’auto suffisance alimentaire a de multiples vertus, et elle est en marche.

 

Elle participe à la préservation foncière et à un aménagement harmonieux du territoire.

Elle participe au maintien d’une population active agricole dans un contexte où le chômage sévit et où la valeur travail est diminuée.

 

Elle prend en compte l’impératif écologique d’un bilan carbone moins négatif, puisque l’objectif est d’importer le moins possible, évitant les coûts d’acheminement.

 

Enfin, elle met en avant le principe de sécurité alimentaire, à un moment où les scandales issus d’un manque de traçabilité des produits, mais aussi d’un état d’esprit mercantile où le profit à tout prix est la règle, se multiplient.

 

Bien sûr, malgré les efforts déployés, notre agriculture est fragile, exposée aux fléaux que sont la sécheresse et les cyclones, et affectée par les difficultés non encore résolues d’approvisionnement en eau, dans les périmètres irrigués ou non.

 

Cela explique que nos institutions responsables des propositions en matières de programmes d’aides européennes, Région et Département, travaillent en dehors de toute opposition politicienne, car les enjeux sont fondamentaux.

 

Ainsi, avec l’Etat, nos deux collectivités territoriales ont créé une association, l’AGILE, l’Association de Gestion des Initiatives Locales en matière Européenne.

 

Celle-ci est chargée de coordonner les propositions concernant les projets éligibles aux fonds européens, et de faire connaître aux partenaires, jusqu’à l’échelle européenne, l’état d’avancement dans l’exécution des programmes.

 

Les efforts doivent être poursuivis, ce qui explique que nous nous battons, avec notamment le député réunionnais au Parlement Européen Younous Omarjee, pour le maintien du niveau des aides et notamment en ce qui concerne le POSEI (Programme d’Options Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité).

 

Le motif est évident. Les résultats sont là :

 

1°- La surface agricole utilisée, et l’emploi agricole, se sont maintenus.

2°- La formation des agriculteurs s’améliore.

3°- La production agricole progresse en valeur.

4°- La diversification agricole se poursuit.

 

Je pourrais continuer une énumération justifiant des progrès réalisés.

 

J’en ferai état lors de prochains articles, notamment en m’appuyant sur les Cahiers de l’Agriculture et le PRAD (Plan Réunionnais pour une Agriculture Durable), en cours d’élaboration.

 

Ces documents de référence serviront à la négociation du programme d’aides européennes pour la période 2014-2020.

 

Un seul constat : le marché des fruits et légumes frais est estimé à environ 130 000 tonnes.

La production réunionnaise concourt à son approvisionnement pour près de 75 % des volumes (en métropole, la couverture de la consommation de fruits et légumes frais par la production est inférieure à 50%).

 

Il faut poursuivre les efforts.

Il faut surtout avoir une approche sociale de notre démarche.

 

C’est pourquoi le Conseil général réfléchit à une politique de soutien en faveur de la généralisation des jardins familiaux en milieu urbain.

 

Cela permettra aux citoyennes et aux citoyens d’appréhender encore mieux la dimension agricole et le caractère indispensable d’une agriculture locale dans la structuration et l’épanouissement de la société réunionnaise.

 

Voilà quelques données qui expliquent pourquoi j’ai tenu à être présent ce vendredi en mairie de Bras-Panon pour récompenser les pionnières et pionniers d’une agriculture réunionnaise forte.

 

Comme en 2012, 14 prix ont été décernés, aux lauréats de la filière animale.

 

Mais cette année, et pour la première fois, ont également été récompensés les producteurs de la filière organisée des Fruits et Légumes concourant au concours départemental du végétal organisé par le Conseil Général et l’Association Réunionnaise des Organisations de Producteurs de Fruits et Légumes (AROP- FL).

 

Dans le cadre de ce concours, une attention spéciale a été portée aux démarches de qualité (label rouge, agriculture raisonnée et biologique, jeune agriculteur, structuration de filière,…) mises en œuvre par les producteurs sur leur exploitation, au profit d’un développement durable.

 

Celles-ci sont importantes car elles répondent aux objectifs de progrès de la filière et aux nouvelles attentes de la population.

Elles permettent à la filière de se tourner sereinement vers l’Agro écologie.

 

C’est ainsi que deux agriculteurs de la filière organisée ont reçu le prix : Engagement pour une démarche de qualité.

Certifiés « Agriculture Raisonnée », ces deux agriculteurs sont sensibilisés et mettent en pratique une agriculture respectueuse de l’environnement sur leur exploitation.

 

Les jeunes agriculteurs ont également été à l’honneur.

Trois jeunes installant se sont vus remettre un « Prix d’encouragement », afin de récompenser leur engagement au sein de la filière organisée.

 

Enfin, dans le but de récompenser les producteurs affichant les meilleures productivités et les meilleures progressions de la filière, deux autres prix ont été décernés à quatre producteurs.

 

Trois d’entre eux ont reçu le prix « Performance de la production» et un producteur s’est vu attribuer le prix de la « Meilleure progression » de la production.

9 producteurs de fruits et légumes, adhérents de la filière organisée ont été récompensés.

 

Il me revient de donner la liste de ces lauréats, à qui j’ai dit, lors de la remise des prix, « Merci de ce que vous faites, bon courage et bonne continuation ! »

 

Au titre du Concours départemental d’élevage :

 

TECHER Jacky Marc dans la filière bovin lait par le prix de la meilleure productivité

BEGUE Eno dans la filière bovin lait par le prix de la meilleure évolution dans la qualité du lait

PAYET Michel Marcelin dans la filière bovin viande naisseurs par le prix de la meilleure productivité

PAYET Gilles Patrick dans la filière bovin viande naisseurs par le prix de la meilleure progression sur l’année

PAYET Eric dans la filière bovin viande engraisseur par le prix de la meilleure productivité – engraisseur de taurillons

BLARD Olivier Jérôme dans la filière bovin viande par le prix de la meilleure productivité – engraisseur de génisses

PAYET Eric dans la filière bovin viande par le prix de la meilleure productivité – engraisseur de taurillons

DIJOUX Marie Thérèse dans la filière porc par le prix de la meilleure productivité

HOAREAU James dans la filière porc par le prix de la meilleure progression sur l’année

PRUDHOMM Emmanuel dans la filière caprin par le prix de la meilleure productivité

PAYET Marie Thérèse dans la filière ovin par le prix de la meilleure productivité

FERRERE Marie Alice – FERRERE Mickael dans la filière lapin par le prix de la meilleure productivité

RICHARD Maxime dans la filière Volaille par le prix de la meilleure productivité – éleveur poulets blancs

ARMOUET Stéphane Billy dans la filière Volaille par le prix de la meilleure productivité – éleveur poulets jaunes

 

Au titre du Concours départemental des fruits et légumes

 

SICA TR BEGUE Alain dans la filière Kaki et pêche autres cultures par le prix Performance de la production

COOP Ananas PREBE Jérôme dans la filière Ananas par le prix d’encouragement

VIVEA DEVEAUX Joël dans la filière Tomate sous abris par le prix Qualité de la production

FRUITS DE LA RÉUNION BARRET Christian dans la filière Ananas par le prix Qualité de la production

TERRE BOURBON FONTAINE Yannis dans la filière Tomate sous serre par le prix Performance de la production

ANAFRUIT GIGANT Jean-Marie dans la filière Fruit de la passion, tomate par le prix Performance de la production

APRFLDT TECHER Maurice dans la filière Ananas, Papaye, palmiste, letchis par le prix Meilleure progression

ASSOCIATION DES VERGERS DE L’OUEST DE CAMBIAIRE Jean- Charles dans la filière mangue, fruits de la passion et ananas en cours par le prix d’encouragement

VERGERS DE LA REUNION FONTAINE Olivier dans la filière Ananas et Letchis par le prix d’encouragement

 

C’est ça aussi La Réunion « courage » !

 

Article vu 2 271 fois
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore de votes)
Loading...

3 Commentaires sur

L’Île de La Réunion « Courage » grâce à des Réunionnaises et des Réunionnais « Courages »

  • Jamel LindseyNo Gravatar |

    À la suite de la réunion technique sur la filière “fruits et légumes” qui s’est tenue le 6 août dernier au ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche avec les représentants et les producteurs de la filière, un plan de soutien immédiat et ciblé a été décidé par Bruno Le Maire.

  • Samuel KingNo Gravatar |

    Une grande majorité des producteurs a pris l’habitude de commercialiser eux mêmes sur des circuits informels et ont du mal à intégrer les réseaux actuels de distribution. Les GMS et la restauration collective ont donc cherché à pallier l’incapacité des producteurs à se regrouper et à fiabiliser leur offre en confiant leur approvisionnement à des grossistes. Ceux-ci achètent donc les produits locaux avec les « us et coutumes » mais ont progressivement structuré une véritable filière d’importation en désaisonnalisant leurs opérations, aux dépens de la production locale.

  • Annmarie HewittNo Gravatar |

    Suite à la réforme de l’OCM fruits et légumes en 2008, l’organisation économique des producteurs connaît d’importants remaniements : l’approche par bassin de production fait place au regroupement des OP( organisations de producteurs) par filière-produits. Les ajustements en cours restent difficiles pour les exploitations multi-produits. Par ailleurs, les crises intervenues ces deux dernières années fragilisent sérieusement cette filière.

Vous avez une opinion ? Laissez un commentaire :

Nom *
E-Mail *
Site Web