Éducation : l’équipe Sarko à contre-courant

 

   Plusieurs propositions du parti présidentiel pour 2012 en matière d’éducation vont à l’exact opposé des enseignements de l’étude Pisa, réalisée par l’OCDE.

 

Pour l’OCDE, les « meilleurs » systèmes éducatifs, c’est-à-dire qui associent un bon niveau général de résultats et un faible impact de la situation sociale des élèves sur ces résultats, partagent plusieurs caractéristiques.

 

À comparer avec quelques propositions de l’UMP pour 2012 en matière d’éducation…

 

I – Constat de l’OCDE.

Les systèmes scolaires efficaces ne pratiquent pas la 
« différentiation ».

Ils favorisent le collège unique et 
évitent les orientations précoces dans des filières différentes selon les résultats des élèves.

 

Proposition UMP.

Revenir sur le collège unique.

Selon Jean-François Copé, il « ne répond plus aux attentes de notre société ».

Et le nouveau patron de l’UMP de suggérer la création d’un « examen d’entrée ».

Le parti de la majorité veut mettre également en place, dès la 4e, des « prépas pros » destinées aux élèves « plus attirés par les matières technologiques ».

 

 

II – Constat de l’OCDE.

Les systèmes scolaires efficaces possèdent des écoles où règne la mixité sociale.

Cette dernière permet un « élargissement de l’élite » et réduit les inégalités entre élèves.

 

Proposition UMP.

Continuer l’assouplissement de la carte scolaire.

Même si toutes les études montrent que cette politique accentue la ghettoïsation des collèges et lycées.

La Suède, qui a supprimé sa carte scolaire dans les années 1990, en a fait les frais avec un envol des inégalités entre élèves et entre établissements.

 

III – Constat de l’OCDE.

Les systèmes scolaires efficaces favorisent la continuité tout au long de la scolarité en évitant les redoublements, les exclusions et les « transferts » entre écoles d’élèves « agités » ou aux faibles résultats.

 

Proposition UMP.

Développer les établissements de réinsertion scolaire pour éloigner, dès le collège, « les perturbateurs à répétition et les décrocheurs ».

Quant au redoublement (37 % des élèves français de 15 ans), Jean-François Copé est un des rares à en défendre encore l’intérêt.

  

Décidément, nos pauvres enfants seront pénalisés si rien ne change en 2012…                                                                                                             

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4 Commentaires sur

Éducation : l’équipe Sarko à contre-courant

  • Un profNo Gravatar |

    les établissemens de réinsertion scolaire? pourquoi pas? mes collègues me rapportent souvent qu’ils voient des jeunes arrivés en début d’après midi, sous « effet »: drogue, alcool….
    à 14 ans, la consommation de ces substances n’est pas de nature a favoriser l’enseignement,
    ces enfants ne peuvent avoir un enseignement tel que les autres le suivent, parce qu’ils ne sont pas en état physique de le faire, et souvent, ils bouffent n’importe quoi, n’importe quand, n’importe comment.
    quelle hygiène de vie? comment être attentif quand on est malade? déjà être attentif quand on est en bonne santé, qu’on se couche tôt dans une salle où il fait 30° c’est limite

  • Dominique B.No Gravatar |

    cette proposition de l’UMP d’éloigner du collège certains éléments perturbateurs, je l’ai entendue, dans un établissement du Port, de la bouche du directeur de cabinet du recteur.
    les enfants qui ont été exclus d’un établissement du Port ne seront pas à nouveau scolarisés au Port, pour éviter qu’ils ne fassent le tour de tous les collèges. le dir’ cab’ du recteur veut les mettre ailleurs, dans d’autres collèges.
    c’est complètement irresponsable, comme attitude, ces gamins, aussi « difficiles » soient-ils (ils peuvent peut être représenter une menace pour les enfants et les profs puisque certains sont armés), vont être livrés à eux mêmes, ils n’iront pas ailleurs, car cela suppose qu’il faut prendre le bus etc.
    alors que peut être l’établissement de réinsertion scolaire pourrait être une bonne idée, pour que ces enfants ne soient pas encore plus marginalisés. on ne peut pas les laisser sur le bord du chemin, mais ils ne peuvent pas non plus suivre une scolarité « normale », non parce qu’ils ont des difficultés pour lire, écrire, compter mais parce que l’image qu’ils se font de l’école, du collège, est négative, probablement ressenti comme « un adversaire », un « ennemi », sinon, pourquoi les établissements scolaires sont plus souvent « vandalisés » que les offices du tourisme ou les centres sociaux?
    cette image, cette représentation de l’éducation, de l’école, est à revoir, c’est là le vrai chantier qu’il faut aborder, avec lucidité, sans se cacher derrière une pseudo « tolérance » ou derrière un protectionnisme rigide.
    mais cela ne concerne pas seulement l’éducation nationale, c’est toute la société qui doit être impliquée: professeurs, parents, bien évidemment mais aussi celles et ceux impliqués dans la vie associative, le monde professionnel, celui de la santé…
    mais je ne me fais pas trop d’illusion: ce n’est pas Sarkozy ou ses sbires qui lanceront cette réflexion.
    Alors, pourquoi ne pas, nous Réunionnais, s’emparer de la question et de proposer nos solutions?

  • ArsinoéNo Gravatar |

    Selon le ministre de l’éducation nationale, les «faiblesses » du classement sont « l’importance des élèves en difficulté » (20% selon l’enquête Pisa contre 15% en 2000) et « le déterminisme social », autrement dit la forte influence du statut socio-économique des parents sur les résultats de leurs enfants. « Ce phénomène est plus important que dans la moyenne des pays de l’OCDE et il s’est accentué », a relevé le ministre.
    A qui la faute ? qui accorde le droit aux entreprises le droit de licencier, même quand elles font des bénéfices monumentaux ? qui ne réévalue pas le SMIC ? qui gèle les salaires ? qui augmente les prélèvements ? qui ne prévoit pas un budget conséquent pour la construction de logements ? qui dégraisse les effectifs de l’éducation nationale ?
    Alors, monsieur le ministre, demandez à vos collègues de faire le nécessaire pour que ces « déterminants sociaux » permettent à tous les enfants de suivre une vraie scolarité

  • vanessaNo Gravatar |

    Voilà encore un avertissement une sorte de sonnette d’alarme qui vient d’être tirée vis à vis de notre système éducatif. Cette fois, ce n’est pas une étude d’un obscur cabinet dit spécialisé ni une analyse syndicale : c’est l’OCDE, avec des comparaisons sur 65 pays, avec les mêmes indicateurs et c’est sans complaisance et fortement réaliste : système d’enseignement très inégalitaire qui produit toujours plus d’échec scolaire, baisse de la France notamment dans le domaine de la compréhension de l’écrit, (de la 12 e à la 18 e place). Pour les math, une chute de 14 points. En science, c’est le maintien et c’est pas mal. C’est pour cela, évidemment que Luc Chatel a annoncé « un plan sciences » début 2011.

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