Économie et énergie – La Chine 2ème puissance économique mondiale ! Et après ?

 

   La Chine détrône le Japon en tant que deuxième économie mondiale et se place juste derrière les États-Unis, et ce, grâce à un taux de croissance soutenu depuis près de trente ans (11,1 % au premier semestre 2010).

 

Toutefois, si la République populaire devance le Japon, son ratio de PIB par habitant, à 6.600 dollars annuel, se situe loin derrière celui des États-Unis ou du pays du Soleil Levant. Les premiers affichent un PIB par tête de 46.400 dollars, le deuxième, de 32.600 dollars.

 

Selon les estimations de la Banque mondiale, la République populaire pourrait devenir la première économie mondiale aux environs de 2025.

 

Mais pour apprécier ce que cela signifie, il faut considérer d’autres paramètres.

Prenons le cas de l’énergie.

 

Une question se pose devant ces chiffres de croissance soutenue : la Chine aurait-elle dépassé les Etats-Unis plus vite que prévu en termes de consommation d’énergie ?

C’est en tout cas ce qu’affirme l’AIE (Agence international pour l’énergie) dans les colonnes de deux journaux britanniques.

Pékin dément…

 

« En 2000, les Etats-Unis consommaient deux fois plus d’énergie que la Chine.

Aujourd’hui, ce sont les Chinois qui consomment plus que les Américains.

Les États-Unis sont arrivés à une certaine saturation de leur consommation de l’énergie, mais il y a eu également beaucoup d’efforts, en particulier depuis 2005, pour l’utiliser de manière plus efficace « .

 

Voilà ce qu’affirme Fatih Birol, l’économiste en chef de l’AIE, dans le Financial Times et le Wall Street Journal du 20 juillet.

 

Selon son organisme, l’Empire du Milieu a consommé en 2009 2,252 milliards de tonnes équivalents pétrole en énergies diverses (charbon, pétrole, gaz naturel, électricité nucléaire et hydraulique) : c’est près de 4 % de plus que les Etats-Unis.

 

Résultat : la Chine devient le pays le plus énergivore du monde.

 

La raison ?

Un appétit grandissant pour le pétrole, d’abord : le pays asiatique a commandé l’année dernière pour la première fois davantage d’or noir à l’Arabie Saoudite (premier exportateur au monde) que les Américains.Cette consommation a d’ailleurs doublé depuis 2005.

 

Ensuite, il ne faut pas oublier que l’électricité chinoise est produite à 70 % avec du charbon… énergie également de plus en plus sollicitée… et responsable d’un autre « trophée » de la République populaire : celui de premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète.

 

Pékin n’a pas de chiffres précis à indiquer.

Mais un porte-parole de l’Administration de l’Energie, Zhou Xian, a déjà remis en cause les données fournies par l’AIE, qu’il juge peu fiables :

« Nous pensons que l’AIE ne comprend pas totalement la situation chinoise, en particulier, les efforts réalisés par la Chine en économies d’énergie, en réductions d’émissions et dans le développement de nouvelles sources d’énergie ».

  

Et d’ajouter que la Chine possédait aujourd’hui la plus grande capacité mondiale enhydro-électricité, en solaire thermique, et bientôt en énergie nucléaire. Sans compter le développement rapide des éoliennes, et l’objectif affiché de 15 % d’énergie renouvelable d’ici 2020.

 

Le géant asiatique était de toute façon destiné à occuper cette première place mondiale.

 

Est-ce pour autant déjà le cas ? L’AIE n’a pas vraiment intérêt à falsifier ses chiffres… contrairement à la Chine, qui s’est engagée avant le Sommet de Copenhague à améliorer son efficacité énergétique et à diminuer son intensité carbonique (émissions de CO2 par point de PIB) de 40 à 45 % à l’horizon 2020 (par rapport au niveau de 2005)…

 

Remarque… et de taille : Les États-Unis, bien qu’apparemment détrônés en termes de consommation globale d’énergie, restent en revanche en tête vis-à-vis de la consommation par habitant.

 

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4 Commentaires sur

Économie et énergie – La Chine 2ème puissance économique mondiale ! Et après ?

  • EricNo Gravatar |

    De nombreux pays en développement connaissent une croissance économique soutenue. Est-ce pour autant que les conditions de vie des populations y sont meilleures ? Non, car les écarts des revenus se creusent.
    Alors, parler simplement de la croissance économique est, me semble-t-il, un peu court. La croissance économique est probablement un important moteur du développement. Mais elle n’est pas le seul. Doit-on tout analyser à travers le prisme déformant de la croissance de produit intérieur brut (PIB) ? ou du produit national brut (PNB) ?
    N’est-il pas temps de penser autrement ? de mettre en place de nouveaux indicateurs de croissance, basés sur l’HUMAIN ? par exemple à travers les taux de scolarisation ? les possibilités d’accès aux soins ? au logement ? pourquoi ne pas instaurer des critères environnementaux ?
    Le PNUD a tenté d’y répondre via l’indicateur du développement humain (IDH). Mais on continue à prier au sacro saint temple de la finance et du fric.

  • Tcherno-BillNo Gravatar |

    Les pays dévelopés Eur USA Japon commencent à se soucier de la protection de l’environnemnt , certes de manière partielle et très désordonnée mais bon , c’est un début . Ce mouvement crée des obligations et entraine des coûts suplémentaires dans la plupart des cas . Pendant ce temps , les pays émergents à forte croissance Chine , Inde ,
    Afrique connaissent comme dit dans l’article une explosion de leur consommation énergétique.
    C’est simple , si tous ces pays consommaient de l’énergie au même niveau/habitant que les USA , il
    n’y aurait plus de pétrole dans 10 ans ou alors , vu qu’ils se tournent vers des énergies moins chères , charbon etc..nous pourrions crever de chaud dans peu de temps !
    Le problème est qu’après leur avoir montré le mauvais exemple de tous les dégats que nous avons causé à l’environnement , nous sommes bien mal placés pour nier leur droit à se développer !
    Si les pays émergents venaient respecter les mêmes contraintes sociales et environnementales que nous , ils renonceraient de fait à leur croissance , car elle repose essentiellement sur le différentiel de leurs coûts de production !
    Vaste problème…

  • Bruno H.No Gravatar |

    lu dans « les Echos » au sujet de la situation aux USA

    Sommes-nous entrés dans l’ère du « New normal » ?

    Analystes et experts, qu’ils soient libéraux ou keynésiens, à droite ou à gauche sur l’échiquier politique, commencent à se confronter sur cette question, révèle « Il Sole 24 Ore ». L’expression a été forgée il y a quelques mois par Bill Gross et Mohammed El-Erian, les fondateurs de Pimco, le plus grand fonds obligataire du monde, pour décrire le nouvel état de l’économie mondiale depuis l’émergence de la crise en 2007. D’après les données, la période de récession est terminée, mais celle-ci aurait affecté le marché du travail de manière structurelle.
    De fait, il faudrait dès à présent intégrer l’idée que la baisse du niveau de vie et le chômage élevé ne sont pas des événements conjoncturels. La croissance étant trop faible pour relancer l’emploi, la solution viendrait de l’Etat, qui devrait intervenir plus vigoureusement dans le secteur privé. Une définition qui étonne de la part du libéral Bill Gross, qui appelle Washington à investir des milliards dans les infrastructures innovantes, l’énergie propre, et la formation professionnelle. « Le gouvernement fait partie de la solution », ajoute l’homme d’affaires, en réponse au célèbre « le gouvernement est le problème » de Reagan, lors de son premier discours d’investiture en tant que président des Etats-Unis en 1981. Si l’idée fait des adeptes chez les économistes qui conseillèrent autrefois Clinton et Bush, en particulier Greg Mankiw, d’autres refusent de l’adopter. C’est le cas de Paul Krugman et de Christina Romer, conseillère économique d’Obama, qui voient dans le « New normal » une excuse pour accepter la situation et ne rien faire. Ceux-ci préconisent plutôt une stimulation de l’économie par la relance de la demande, en augmentant les dépenses publiques.
    La crise n’aura au moins pas diminué l’intensité des débats économiques.

    A La Réunion, la question du chômage, il y a longtemps qu’elle est structurelle et non conjoncturelle.
    mais le gouvernement français d’aujourd’hui n’a t il pas déjà adopté cette vision du « new normal » ?

  • Tcherno-BillNo Gravatar |

    Bruno H Je partage cette analyse , Obama est je crois , convaincu que le salut US viendra du développement massif du secteur de la protection de l’environnement et des énergies renouvelables , avec comme soutien des aides de l’Etat massives .
    Dans cette optique , les Américains pourraient sérieusement reprendre le  » leadership  » mondial comme ils l’avaient fait avec les nouvelles technologies en leur temps..
    Parviendra-t-il a conjurer les  » lobbys  » en particulier pétrolier ? Rien n’est moins sûr sauf
    si ils y trouvent un intérêt ?
    Pour ce qui est de La France ,et de La Réunion , nous ne sommes même pas dans le  » new normal « , version 2010 du  » Thatchérisme  » , nous sommes dans le  » old n’importe quoi  » !

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