Suppression à l’horizon pour le RSTA et la prime Cospar, chiffre record du nombre de demandeurs d’emploi… quelle portée de la loi contre la vie chère ?

  À l’heure où pour la première fois, le nombre de Réunionnais inscrits à Pôle emploi a dépassé au mois d’octobre dernier la barre des 160.000 demandeurs d’emploi avec une augmentation de près de 3.000 demandeurs d’emploi officiellement comptabilisés, il est utile de s’interroger sur la portée de la loi Lurel dite loi contre la vie chère.

 

 
Cette hausse sur un mois représente plus de la moitié des contrats d’avenir prévus pour La Réunion.
 
Cela signifie que la mesure phare du gouvernement pour l’emploi des jeunes aura d’ores et déjà un impact très limité dans notre île.

 

Et pendant que se profile la suppression du RSTA et de la prime Cospar, je vous propose de lire une tribune libre parue dans le journal France Antilles

(http://www.martinique.franceantilles.fr/opinions/tribune/),

laquelle aurait pu très bien en un copier/coller paraître à La Réunion.

 

« Loi contre la vie chère : le nouvel hologramme pour les Outre-mer

 

On doit le reconnaître sans détour : la cherté de la vie caractérise les Outre-mer.

 

L’étroitesse de nos marchés, l’exiguïté de nos territoires, nos relations commerciales quasi exclusives avec la métropole, les situations de monopoles de certaines entreprises, le clientélisme accru et bien d’autres paramètres trop nombreux à citer, entretiennent et amplifient le coût de la vie que nous subissons.

 

Il apparait donc urgent de régler de manière définitive cet épineux problème qui contribue à miner notre société et à maintenir un taux de chômage élevé dans tous les Outremer.

 

Le projet de loi contre la vie chère proposé par le gouvernement est certes une nécessité, et nul ne peut décemment s’opposer à l’idée d’augmenter le pouvoir d’achat des Martiniquais.

 

Encore faut-il que le but recherché puisse être réellement atteint.

 

En effet, l’architecture qui nous est proposée ne garantit pas que la baisse des prix attendue ne s’accompagnera pas d’une diminution d’emploi et d’une réduction des revenus de nos producteurs locaux.

 

On connait déjà les conséquences issues de « l’îlot aux prix » provenant des produits « BC Ba », que nous subissons encore.

 

La baisse de 200 produits sur plus de 16 000 références a permis aux grandes surfaces d’augmenter de manière significative le panier de la ménagère, tout en respectant plus ou moins les accords sur les produits « BC Ba ».

 

Le Parti de Gauche (Front de Gauche) de la Martinique trouve la loi contre la vie chère peu réaliste et surtout incomplète.

 

Malheureusement, cette loi porte en son sein des échappatoires pour que les entreprises concernées puissent légalement s’en affranchir comme cela c’est fait sur les produits « BC Ba » avec des rayons non approvisionnés en permanence.

 

En effet, les moyens juridiques prévus pour la mise en application de cette loi nous paraissent plus que dérisoires.

 

De plus, elle légitimera toutes les augmentations abusives qui échapperont à son contrôle.

 

Les règles fixées par la loi pouvant être adaptées selon les circonstances par ceux qui doivent les appliquer, nous risquons fort de nous retrouver dans un comportement qui s’apparente à l’économie de comptoir colonial qu’ici nous connaissons bien.

 

C’est donc avec un scepticisme justifié qu’au Front de Gauche nous mettons en garde la population martiniquaise contre les effets pervers que la loi contre la vie chère porte en elle.

 

Garantir l’emploi et la production locale

 

Le Front de Gauche de la Martinique demande, pour une réelle efficacité de la loi, que trois paramètres soient pris en compte : le prix des marchandises, le salaire moyen des ouvriers et le taux de chômage.

 

Seule, une péréquation réalisée sur ces trois axes peut permettre une véritable baisse de la cherté de la vie.

 

Tout d’abord il conviendrait donc d’harmoniser nos prix avec ceux de la Guadeloupe qui sont sur certains produits moins élevés d’environ 20%.

 

Ensuite, nous pourrons mettre en place une baisse équivalente à celle de nos compatriotes Guadeloupéens avec tout l’arsenal législatif nécessaire qui devra garantir l’emploi et protègera la production locale.

 

Notre économie est malade, elle est déjà sous perfusion.

 

Aujourd’hui tout ce qu’on nous propose c’est de mettre un pansement sur une jambe de bois. Au Front de Gauche nous disons qu’il y a d’autres moyens.

 

Il faut réellement soigner notre économie.

 

Cela passe par la recherche de nouvelles filières de production et de distribution.

 

Car, le rôle du politique est d’anticiper, de prévoir, et non pas subir en espérant qu’une loi venant de la Mère patrie résoudra tous nos problèmes.

 

Une loi peut être changée, interprétée, modifiée et même contournée.

 

Nous, au Front de Gauche, nous demandons une réforme de la Constitution en passant à la VIe République afin que l’économie sociale et solidaire à travers l’éco-socialisme soit enfin inscrite dans la Constitution.

 

C’est le seul moyen de garantir une société plus juste où nous nous préoccuperons de l’humain d’abord, avant de nous préoccuper du profit.

 

Thierry Renard, Guillaume Garcia pour le Front de Gauche, le secrétaire du comité de section de la Martinique, le délégué départemental »

 

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