Tourisme – Maurice et La Réunion : destins croisés en matière de tourisme

 

   Sous le titre « Le tourisme mauricien dans une mauvaise passe » le journal mauricien Le Matinal dresse un sombre tableau sur les perspectives à venir dans le secteur touristique.

 

De quoi nous faire réfléchir à La Réunion sur le retard pris en ce qui concerne l’ouverture de notre île vers d’autres marchés que celui de l’Europe.

 

Rappel de quelques évidences

 

Répétons-le :

 

1°- Il ne s’agit pas de tourner le dos à la clientèle européenne et notamment française du continent. 

 

2°- Il ne s’agit pas de moins considérer la clientèle affinitaire qui reste la 1ère clientèle dans les statistiques du tourisme à La Réunion.

 

3°- Il ne s’agit pas d’ignorer la clientèle issue du tourisme intérieur, c’est-à-dire les Réunionnais résidents dans l’île. 

Je regrette à ce propos que l’IRT n’ait pas continué sous l’ère Farreyrol la campagne que j’avais, en tant que président de la structure, mené chaque année avec mon équipe pour attirer la clientèle de l’île dans les structures d’hébergement et de restauration.

 

Car c’est tout cela, conjugué avec les campagnes de promotion sur les chaines de télévision nationale, qui a permis de retrouver les bons chiffres de 2009 frisant ceux d’avant la crise du chikungunya.

 

L’ouverture indispensable vers d’autres marchés potentiels

 

Ce qui m’amène à sourire quand, en méconnaissance des chiffres, un journaliste d’une chaîne de télévision locale a parlé de « mauvais chiffre » de 2009. Passons.

 

En fait, même si en 2009, et surtout en 2011, les résultats de fréquentation  ont été encourageants, je persiste à dire que nous ne sommes pas à l’abri de fluctuations douloureuses pour le secteur du tourisme.

 

C’est ce qui m’avait conduit à l’époque à être intransigeant avec l’État qui persistait à ne pas faciliter l’accès à La Réunion à une clientèle étrangère venue de pays émergents, par une procédure allégée de délivrance de visas touristique ou d’affaire.

 

Hélas, cela continue !

 

Je vous propose donc de lire des extraits de l’article du Matinal.

 

« Un de nos piliers économiques vacille. Contribuant à plus de 10 % au produit intérieur brut du pays, le secteur du tourisme se bat contre vents et marées pour continuer à être ce support économique.

 

Plusieurs raisons sont évoquées pour la défaillance de ce secteur notamment la crise économique mondiale et le manque d’ouverture de l’espace aérien.



La situation actuelle du secteur touristique respire la morosité.

 

Selon les chiffres de la Banque de Maurice, ses recettes pour l’année 2012 seront d’environ Rs 42,5 milliards contre Rs 42,8 milliards en 2011, soit une baisse de 0,4 %.

 

Si une hausse infime de 1,6 % des arrivées touristiques est prévue cette année, passant de 964 642 touristes en 2011 à 980 000, les perspectives de croissance du secteur demeurent minimes.

 

Afrique et Asie : deux marchés émergents



(…) Notre marché traditionnel, l’Europe, duquel le secteur puise ses touristes, est en berne.

 

Les chiffres de Statistics Mauritius démontrent clairement une chute de 6 % des arrivées de l’Europe avec 279 643 touristes entre janvier et juin 2012.

 

Les arrivées de France, notre marché principal, a également régressé de 8,4 %.

 

Cette tendance baissière est aussi notée sur des marchés tels l’Allemagne avec 3,5 %, le Royaume Uni, 4,7 % et l’Italie avec un recul conséquent de 25 %.

 

Si le marché européen est en difficulté, d’autres longtemps négligés se positionnent comme des marchés à fort potentiel pour la destination locale.

 

Les chiffres de Statistics Mauritius démontrent une croissance de 10,3 % de janvier à juin 2012, soit 119 349 arrivées.

 

Les arrivées de l’île de La Réunion, le plus grand marché de la région, a connu une hausse de 13 %, et une croissance de 4 % est aussi notée sur le marché sud-africain.

 

Les arrivées du marché asiatique ont augmenté de 16,7 % avec 51 353 touristes et l’Inde en principal pourvoyeur avec une hausse de 2,6 %.

 

La performance des autres pays asiatiques démontre aussi un essor, notamment 104 % pour Hong Kong, 61 % pour les Emirats arabes unis, 58,8 % pour la Chine, 16,2 % pour le Japon et 6,8 % pour la Malaisie.

 

Par ailleurs, les arrivées de l’Océanie et de l’Amérique ont aussi augmenté de 10 % et de 19,7 % respectivement.

 

Les touristes de ces deux pays sont 16 500, soit 3,5 % des arrivées totales.

 

Si notre principal marché est affecté, d’autres marchés montrent de l’espoir.

 

Pour Ajay Jhurry, président de l’Association of Tourist Operators, il faut une nouvelle stratégie pour aller vers les marchés émergents.

 

Les hôtels ne sont pas assez préparés pour les clients asiatiques, qui sont eux à la recherche d’un autre type de produit, dit-il.

 

Iles Vanille



Pour compenser la diminution des arrivées des marchés principaux, les pays de la région sont venus avec le projet Iles Vanille, qui permettra de faire voyager les touristes dans les Iles pour que chaque Ile puisse tirer profit.

 

(…) “Il nous faut une politique d’orientation pour aller vers ces marchés et il faut que nos hôtels se préparent à y aller. Nous ne nous sommes pas penchés sur ces marchés ces 30 dernières années et nous n’allons pas avoir les résultats d’un bon taux de remplissage.”

 

 Mais avec l’encouragement qu’offre le marché asiatique aux hôteliers mauriciens, il avance que plusieurs hôtels commencent maintenant à changer d’orientation.

 

(…) Dans le contexte de s’ouvrir à ces marchés émergents, Beachcomber se lance à l’assaut du marché chinois en consacrant une bonne partie de son dernier magazine au potentiel de ce marché.

 

Le nombre de Chinois qui partent en vacances à l’étranger est en constante augmentation, soit environ 25 millions.

 

Même si le secteur du tourisme est considéré être en difficulté, les recettes du premier semestre de 2012 sont estimées à Rs 23,5 milliards, soit une hausse de 10,5 % comparativement à Rs 21,3 milliards pour la même période l’an dernier.

 

Dans une étude de ce secteur, deux analystes d’Axys Group, Bhavik Desai et Melvyn Chung Tai Ko, estiment que la destination locale a dormi trop longtemps sur ses lauriers et qu’il est temps de changer de modus operandi dans ce monde très compétitif au niveau local et régional.

 

Les conclusions du rapport sont une croissance de 1,4 % des arrivées, soit 938 000 touristes sans compter ceux qui y transitent et les croisiéristes.

 

Pour les deux analystes, 2012 est une année difficile car l’Europe glisse vers la récession et la crainte que 2013 soit aussi difficile que 2012 n’est pas à écarter.

 

Trop de dépendance du continent européen, un euro faible, l’érosion de la part de marché, un marketing obsolète, l’accessibilité limitée et la dette non soutenue sont autant de problèmes qui affectent le secteur du tourisme à Maurice.

 

Si Axys estime qu’il y aura une hausse de 1,4 % des arrivées, tel n’est pas le cas de Statistics Mauritius qui prévoit 20 000 touristes de moins, soit une baisse de 0,5 %.

 

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2 Commentaires sur

Tourisme – Maurice et La Réunion : destins croisés en matière de tourisme

  • caniguy marie joelleNo Gravatar |

    bonjour
    moi je trouve pas normal qu on ait arrêté les vols vers sydney depuis l ouverture de cette ligne
    vers noumea , il y a eu toujours l avion plein jusqu’a Sydney .
    Aujourd’hui on a des enfants qui sont allés travaillez la bas,il y en a qui font des stages d’anglais sur l australie , et on a plus de vol c est vraiment grave .Au moins un vol pour sydney puice que l avion était toujours plein. on regresse au lieu d avancer.

  • RobertNo Gravatar |

    Quand on a un CRT qui dépense plus de la moitié de son budget en frais de fonctionnement – ce qui est première a la Reunion car ce ne fut jamais le cas du CTR ces 20 dernières années- que reste t il pour la promotion de l ile?

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