Baisse du quota des contrats aidés : intérêt général ou intérêt politicien ?

 

  23 maires sur 24 ont choisi de repousser la rentrée scolaire, au vu du nombre insuffisant de personnel pour assurer la sécurité, l’hygiène et la restauration des enfants des écoles maternelles et primaires.

 

Il est vrai que la baisse des contrats dits aidés n’est pas acceptable.

 

Dire que les priorités sont l’emploi et l’éducation, et dans le même temps, baisser le nombre de contrats… il y a là une contradiction flagrante que seule la mathématique politicienne peut comprendre.

 

« Faire avec le peu qu’on nous donne » n’est pas la réponse au problème

 

Les maires ont-ils raison de ne pas vouloir assurer la rentrée ?

Oui, 100 millions de fois oui.

 

Parce qu’ils sont responsables de la sécurité, de l’hygiène et de la restauration des enfants des écoles primaires et secondaires.

 

Parce que « se débrouiller avec les moyens du bord » n’a jamais été et ne sera jamais la solution pour résoudre un problème.

 

Le « faire avec le peu qu’on nous donne » n’est pas la réponse au problème.

Pas plus que de déshabiller Pierre pour habiller Paul !

 

Des protestations « calculées » ?

 

Certes, Didier Robert, actuel président de Région, s’est fendu d’un communiqué pour dénoncer les diminutions du nombre de contrats dits aidés.

 

Normal, car cela fait partie du jeu politique.

Bien sûr, si l’UMP avait procédé à cet élagage, on n’aurait rien entendu, rien lu !

Mais bon, Didier Robert est solidaire des maires du Département.

 

Nassimah Dindar aussi est solidaire. Mais pas de la même manière.

 

Elle est plus « sociale ».

Elle proteste contre la baisse du nombre de contrats.

 

Mais par « pragmatisme », dirons-nous, elle propose une solution.

Celle-ci est-elle pertinente ?

 

En se privant d’un certain nombre de contrats dits aidés, afin de les mettre à la disposition des maires, ne se prive-t-elle pas, en tant que présidente du Département, ou plutôt ne prive-t-elle pas le Conseil général, d’un volant d’emplois qui auraient pu être utilisés ailleurs ?

 

Un traitement médiatique particulier


L’idée a germé à La Réunion et depuis Paris, on doit certainement estimer que « c’est une bonne solution », puisque cela ne coûte rien de plus.

Que cela peut aider à résoudre le problème (du moins provisoirement).

Et que cela peut aider à éviter les vagues dès le 16 août, date de la rentrée.

 

En France, la rentrée est en septembre et « l’actualité » est plutôt moindre.

Alors, vous pensez bien qu’après les requins, voilà un autre événement à mettre sous les projecteurs des télé nationales : des maires qui ne veulent pas assurer la rentrée !

 

Quand on voit comment certains media ont traité la question des requins, on ne peut qu’être inquiet de la manière dont ils vont rapporter la situation scolaire réunionnaise.

C’est un point, de moindre importance.

 

Car il y a plus grave.

 

Est-il du rôle d’une collectivité de se substituer à l’État ?

Verrait-on dans un autre département français ou une autre région française, des élus « combler » les (nombreux) manquements de l’État ?

 

Partager la pénurie : est-ce gérer ?

 

Certes, il y a des secteurs dans lesquels les Régions interviennent alors qu’elles ne sont pas compétentes. Par exemple l’enseignement supérieur.

Mais cela ne relève pas du même mécanisme, ni intellectuellement ni budgétairement.

 

Financer une bourse ou la construction d’un amphithéâtre n’est pas identique à financer des emplois.

C’est un investissement ; pas du fonctionnement.

 

Partager la pénurie : est-ce gérer ?

 

Et que l’on ne mette pas la « solidarité » dans cette histoire.

Il ne s’agit pas là de solidarité, quand bien même celle-ci ait toujours à s’appliquer pour La Réunion.

 

Rien ne doit être décidé sans l’accord de tous

 

Malheureusement, ce n’est pas une première dans le genre.

On avait déjà eu droit à une prise en charge par le Département d’une partie du surcoût de certains produits : les produits solidaires !

 

Est-ce à un Département de prendre en charge un tel poste ?

Pareillement, est-ce à la Région de prendre en charge une partie de l’augmentation du prix du litre d’essence ? Tout en accordant, par la suite, des ristournes catégorielles ?

 

Alors, comment faut-il appréhender ces questions ?

 

Avec une volonté personnelle de se dire le ou la responsable politique, capable de faire des efforts pour le bien de son peuple ?

Avec une dose d’inconscience politique qui vise à parer au plus pressé sans tenir compte de l’impact dans l’avenir ?

Avec le danger de créer les conditions d’un précédent qui pourrait, par la suite, être une réponse parisienne à une crise réunionnaise ?

 

Toutes ces questions doivent être posées.

Et plus que jamais, rien ne doit être décidé sans l’accord de tous les partenaires. Qu’ils soient économiques, sociaux ou politiques.

 

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2 Commentaires sur

Baisse du quota des contrats aidés : intérêt général ou intérêt politicien ?

  • anonymeNo Gravatar |

    est ce une volonté d’émancipation dévoyée qui fait agir nos élus?
    est ce parce que l’on nous traite d’assistés que nos élus prennent des responsabilités qu’ils n’ont pas à assumer?
    est ce parce qu’ils veulent jouer les fayots auprès du gouvernement?
    quelles que soient les réponses (il peut y avoir panachage), le résultat reste le même: La Réunion va mal, globalement et se délite de plus en plus

  • 974No Gravatar |

    BON VOUS AVEZ DIT DE VOTER HOLLANDE ON L A FAIT, vous nous avez dit de donner a HOLLANDE le plein pouvoir ON L’A FAIT. BON SENS C ‘EST QUOI SES REMERCIEMENTS? PLUS DE CONTRATS? DES MAIRES QUI NE SAVENT PAS GERER PROPOS DE ERICKA BAREIGT ET DE LUREL. VOILA COMMENT LES SOCIALO AGISSENT TOUJOURS DU SOCIAL MAIS A LEUR FACON . SOCIAL MON OEIL

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