Outremers – Intégration géo-économique : la Guadeloupe et la Martinique viennent de franchir un nouveau pas

 

   L’information a été donnée par le site antillais Bondamanjak : la Guadeloupe et la Martinique siègeront désormais à l’OECS (Organisation of Eastern Caribbean States) en tant que membres associés.

 

L’OECS a déjà fait parler d’elle, notamment lors de la seconde  série de consultations sur l’agenda de Doha, où elle avait organisé des discussions sur les règles concernant les subventions pour la pêche.

 

L’OECS estimait que, dans le cas des petites économies vulnérables, les subventions octroyées servaient au développement et étaient dirigées vers la pêche artisanale, et n’avaient dès lors pas d’impact négatif sur le commerce.

 

La pêche est économiquement et socialement importante pour les membres de l’OECS, soulignait-elle. Sa voix avait porté.

 

La France était présente, mais via la «  coopération » depuis 1984.

Des accords avaient ainsi été conclus avec cinq des six États de la zone, à partir de 1987.

Sans plus.

 

En janvier dernier, à l’occasion de la 54e  rencontre de la Haute Autorité de l’OECS, les chefs de gouvernement des États membres ont accueilli avec enthousiasme la demande officielle des régions de Guadeloupe et Martinique visant à établir de plus proches relations avec l’OECS.

 

Avec le soutien de la France


Ils avaient alors reconnu et apprécié « la lettre de soutien du Ministère français des Affaires Étrangères soutenant la requête de la Guadeloupe et de la Martinique ».

 

Et ils avaient conclu qu’il était

« souhaitable d’initier dans les plus bref délais un processus d’engagement devant permettre de débuter les négociations entre l’OECS, la Guadeloupe et la Martinique avant mai 2012 ».

 

Et le 10 Août dernier,  les Martiniquais intégraient l’OECS.

 

L’OECS comprend :

Antigua, Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint-Vincent, les Grenadines, et des territoires d’outre-mer de la Grande Bretagne : Anguilla, les Îles Vierges Britanniques et Montserrat.

 

Selon le site martiniquais Bondamanjak :

« Même si cette annonce n’a eu aucun retentissement notable dans les média de ces différents pays, et même si la Guadeloupe n’était pas représentée il s’agit d’une avancée importante pour notre intégration caribéenne ».

 

État indépendant

 

Le site précise :

« Ainsi La Martinique tout comme la Guadeloupe seront amenées à siéger dans des organisations régionales de la Caraïbe comme s’ils étaient des États indépendants ou autonomes…. ».

 

La Région Martinique rappelle que  

« L’objectif principal de l’OECS est de promouvoir l’intégration économique et la coopération régionale entre ses membres sur des problématiques communes de développement (énergie, développement économique, culture, tourisme, éducation…) »

 

Le déplacement des Martiniquais a également été l’occasion pour Serge Letchimy d’évoquer avec le Secrétaire Général de l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC) la demande d’adhésion de la Martinique à l’AEC, ou encore la participation de la Martinique au 3ème sommet des Chefs d’Etats et de Gouvernements qui aura lieu à Haïti en avril 2013.

 

Union monétaire et douanière ?

 

Dans une étude menée dans les années 90, des analystes expliquaient :

 

«En même temps qu’une union monétaire, l’OECS se veut être aussi une union douanière insérée dans le marché commun de la Caraïbe, le CARICOM.

 

Mais il n’existe encore aucune harmonisation des tarifs et impôts douaniers.

 

Des restrictions à l’intérieur de l’OECS comme du CARICOM, limitent fortement le développement des échanges et la pratique conduit souvent les pays à ériger sans consultation, des réglementations spécifiques.

 

Ainsi, les fameuses «négative listes», bien connues des exportateurs martiniquais et guadeloupéens, sont utilisées à l’intérieur comme à l’extérieur des marchés régionaux.

 

L’histoire heurtée du CARICOM a perturbé sérieusement la pérennisation des courants d’échanges interrégionaux et l’implantation d’industries exportatrices dans les pays de l’OECS.

 

Les politiques de rétorsion de pays comme la Jamaïque, Trinidad et Barbade face à leurs problèmes de balance des paiements, ont beaucoup contribué au faible niveau des échanges interrégionaux.

 

De ce fait, les débouchés commerciaux de l’OECS restent l’ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni, un peu l’Europe grâce aux accords ACP-CEE, de plus en plus les États-Unis et le Canada par le biais des initiatives du type CBI (caribéen basin initiative) ou CARIB-CAN (plan Caraïbe/Canada).

 

Les quotas de la banane et du sucre représentent une bonne source de revenus, près de 116 millions de dollars US soit 43 % des exports. Mais les menaces qui pèsent sur ces produits obligent à chercher de nouveaux débouchés. »

 

La marche continue


Il est vrai que depuis, il y a eu des événements majeurs, sur le plan européen, notamment.

Que la LOOM offre des possibilités de coopération régionale.

 

Que la banane des Antilles françaises a bien souffert d’une certaine concurrence !

Que la Région Martinique a connu sa propre histoire et se tourne vers l’avenir.

 

Et l’avenir peut être serein, dans les pays de l’OECS.

Les 9 États Membres poursuivant l’idée d’établir une Union Economique et d’organiser  la libre circulation des marchandises ont fait appel à un cabinet conseil professionnel pour trouver la solution.

 

Cet environnement géographique prometteur a également été remarqué par UBIFRANCE. Une étude écrite par Marie-Lise MARCEL-ROCHE, explique :

 

« L’ensemble des pays de la Caraïbe reconnaît l’importance des NTIC en tant que vecteur stratégique pour le développement des structures économiques.

 

À tel point que des pays, comme la Barbade, envisagent les NTIC en tant que stratégie dominante de transformation économique de la société, permettant à plus ou moins longue échéance de parvenir à une évolution macro-sociale.

 

Puis, dans le cadre de l’ouverture des marchés grâce à l’abaissement des barrières douanières programmé dans le texte de l’Accord de Partenariat Économique signé entre l’Union européenne et le CARIFORUM en octobre 2008, il s’agira de planifier pour les investisseurs de Guadeloupe, Martinique et Guyane, une stratégie d’approche par îles et décliner les différentes possibilités.

 

Cette production entre dans le cadre des actions programmées dans la Convention signée entre le ministère chargé de l’Outre-mer et Ubifrance, visant à accompagner à l’international les entreprises des DOM et en l’espèce de Guadeloupe, Martinique et Guyane.

 

Ce dossier thématique fait donc partie de la triade :


– Exportation des Energies Renouvelables vers l’OECS et la Barbade.


– Exportation des TIC vers l’OECS et la Barbade : quelles stratégies ?


– Filière agrotransformation / agronutrition, « quelles exportations vers l’OECS et la Barbade »
.

 

Ti pa ti pa, la Martinique vogue vers d’autres horizons, elle est en passe de créer son propre développement, en empruntant sa propre voie !

 

À nous de réfléchir à notre intégration dans la zone Océan Indien et Afrique ! Mais sommes-nous prêts ?

 

Article vu 14 369 fois
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore de votes)
Loading...

1 Commentaire sur

Outremers – Intégration géo-économique : la Guadeloupe et la Martinique viennent de franchir un nouveau pas

  • AnonymeNo Gravatar |

    bien sûr que non, La Réunion n’est pas prête ! quelles sont les actions menées par les collectivités réunionnaises? peut être le Port fait mieux que les autres, puisque c’est du codéveloppement. mais faire des échanges sportifs, ce n’est pas comme ça qu’on construit une véritable nouvelle économie indiaocéanique.

Vous avez une opinion ? Laissez un commentaire :

Nom *
E-Mail *
Site Web