Sarkozy l’a dit, Sarkozy ne l’a pas fait ! (4ème épisode) – Travailler plus pour gagner… moins… mais quel travail ?

 

   Quel bilan peut-on retirer du mandat Sarkozy ?

Petit tour d’horizon des déclarations du candidat Sarkozy (certains sites sont d’ailleurs devenus muets sur ce point… et pour cause, ce sont des promesses non tenues.) au regard des actions menées, tout au long de ces cinq ans …

 

Travailler plus pour gagner moins… mais  quel travail ?

 

Nicolas Sarkozy nous promettait ceci en 2007 :

« En cinq ans, nous pouvons atteindre le plein emploi, c’est-à-dire un chômage inférieur à 5% et un emploi stable et à temps complet pour tous. »

 

Au sens du BIT, qui ne comptabilise pourtant pas tous les privés d’emplois, 2,6 millions de personnes sont au chômage.

Les chiffres de l’Insee seraient plus justes, mais encore incomplets : 3,4 millions de personnes ne travaillent pas mais souhaitent travailler.

 

Et ce, qu’elles soient ou non disponibles et qu’elles recherchent ou non un emploi.

Taux de chômage des jeunes : 21,6% en France, près de 60% à La Réunion.

 

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (ceux qui cherchent un emploi et ne travaillent pas, même à temps partiel) a atteint un niveau jamais vu depuis douze ans.

La tendance ne va pas s’améliorer.

 

L’objectif, en 2009, est d’un taux de chômage à moins de … 9% à l’horizon 2012.

Encore perdu !  

 

Sarkozy continue son cirque, en déclarant en février 2011 :

« Nous avons décidé de rajouter au  budget du ministre de l’Emploi un demi-milliard d’euros pour le consacrer à 2 catégories de Français qui ont besoin qu’on les aide: les chômeurs de  longue durée et les jeunes ».

En septembre 2011, en déplacement dans les Vosges, Sarkozy annonçait 20.000 contrats aidés en plus et 15.000 entrées en formation supplémentaires.

 

Les premiers seront destinés notamment aux plus de 50 ans, les secondes aux jeunes.

Ils devaient être mis en place… dans les trois mois suivants !

 

Pour quels résultats ? Les chiffres sont là et malgré toutes les tentatives, on ne peut les faire mentir.

Les deux catégories les plus touchées sont encore celles-ci !

 

Bonjour les plans sociaux !

 

Au sens de l’Unedic (qui ne tient pas compte des fonctionnaires et des salariés d’entreprises publiques), il existe en France :

– 12 millions de contrats « sûrs » et

– 6 millions de « précaires » : CDD, intérim ou demandeurs d’emploi !

 

Et les plans sociaux se multiplient : PSA, les banques BNP Paribas et Société Générale (départ d’environ 880 salariés de sa branche de financement et d’investissement), le groupe industriel Areva, liquidation de Seafrance (et les déclarations de Sarko qui rappellent celles d’Alstom), difficultés à Air France, Pétroplus, etc. etc. etc.

 

C’est aussi la suppression de postes dans la fonction publique (le « un sur deux »), notamment dans l’éducation nationale.

 

Les perspectives économiques ne sont guère encourageantes.

Le gouvernement – d’un optimisme incroyable – table toujours sur une croissance de 1% en 2012.

 

Mais l’OCDE est beaucoup plus pessimiste : un petit 0,3% dans le meilleur des cas.

La bonne blague ! Quand le taux de croissance est de zéro ou au-dessous, cela ne s’appellerait-il pas récession ? Ou la croissance « négative », comme disait mame Lagarde.

 

Le gadin de la fusion anpe / assedic

 

Voilà bien un autre gadin mémorable : la fusion ANPE /Assedic.

Selon Sarkozy, la fusion devait permettre à chaque agent de suivre « confortablement » 30 demandeurs d’emploi contre 60 avant la fusion.

 

Cet interlocuteur unique devait assurer l’accueil, l’inscription, l’indemnisation et l’accompagnement dans la recherche d’un nouvel emploi des chômeurs.

Aujourd’hui, il y en a un pour 110 ! 

 

Les agents sont saturés, débordés et sous pression.

Le 2 décembre, le conseil d’Administration de Pôle emploi se prononçait sur la nouvelle « feuille de route » pour les 3 ans à venir.

 

Des vœux pieux : personnalisation de l’offre de service, plus grande autonomie des conseillers, meilleur pilotage de la convention…

Mais uniquement du rêve. 

 

Comment les agents pourront-ils atteindre ces objectifs ?

Leurs moyens humains et financiers n’ont pas augmenté !

 

Il y avait  eu en plus une tentative de transfert de l’accompagnement des chômeurs à des structures privées.

Une enquête de la DARES (ministère du Travail) estime que l’accompagnement personnalisé des agents de Pôle emploi est plus probant que celui des prestataires privés.

 

Mais si les moyens du public n’augmentent pas, la question cruciale est celle-ci : quel service public les agents de Pôle Emploi pourront-ils encore offrir aux sans-emploi de demain ?

 

Quelle indemnisation ?

 

Autre déclaration de Sarkozy en 2007 :

« Comme souvent en France, en matière de chômage ou en matière de minima sociaux, on indemnise chichement, mais longtemps.

Alors qu’il faudrait indemniser fortement, mais brièvement pour que chacun soit incité à reprendre rapidement un emploi.

Je propose que l’allocation chômage ne puisse pas être inférieure au salaire minimum, mais que nul ne puisse refuser plus de trois offres d’emploi correspondant à ses compétences. »

 

Le résultat est là : Les allocations chômage n’ont pas été réévaluées comme promis. 

Un demandeur d’emploi sur deux n’est pas indemnisé par pôle emploi.

 

700.000 se rabattent sur le RSA.

On ne compte plus les chômeurs désinscrits (pour diverses raisons officielles mais chacun sait que la vérité est de tenter de limiter le nombre d’inscrits).

 

Les contrats aidés : cache-misère et électoralistes ! 

 

En 2012, le volume des contrats aidés sera globalement inférieur à celui de 2011.

Mais Sarkozy prévoit de débloquer davantage de contrats au premier semestre qu’au deuxième.

 

Ainsi, selon le journal « Les Echos » cite une circulaire de programmation des contrats aidés adressée par le ministère du Travail à ses services déconcentrés :

« En date de 19 décembre, elle prévoit que, sur les 340.000 contrats du secteur non marchand (CUI-CAE) inscrits au budget, 225.000 devront être conclus au premier semestre.

Cela correspond à une moyenne de 37.500 par mois.

Un rythme particulièrement soutenu si on le compare à celui décidé pour le premier semestre de 2009, au plus fort de la récession, qui était de 32.000 par mois (…) »

 

À quelques mois de la présidentielle, c’est la seule solution qu’a trouvée le président du chômage, après avoir mis depuis bientôt cinq ans la France dans cet état.  

Et hop, la bonne grosse vieille ficelle des contrats aidés … 

 

Non pour une quelconque raison humaine ou sociale.

Non uniquement dans l’objectif d’améliorer les chiffres !

 

Comme l’ont dit certains : le « travailler plus et mieux » lancé récemment par l’UMP, n’aura aucune influence à court terme, sur les chiffres du chômage ; alors, on a décidé au sommet de l’état de maquiller en urgence le désastre !

Quitte à opérer quelques transferts comptables de demandeurs d’emplois d’une catégorie à une autre ! 

 

Et un certain nombre de demandeurs d’emploi, dans une catégorie statistiquement plus favorable : en l’occurrence des catégories A, B ou C, dont l’évolution est généralement prise en compte pour apprécier la baisse ou la hausse du chômage, vers les catégories D et E moins sous les feux de la rampe !

 

Le procédé est totalement honteux !

 

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1 Commentaire sur

Sarkozy l’a dit, Sarkozy ne l’a pas fait ! (4ème épisode) – Travailler plus pour gagner… moins… mais quel travail ?

  • chloéNo Gravatar |

    les contrats aidés peuvent etre une aide pour ceux qui sont loin du travail, qui ont des problèmes de tout ordre. mais maintenant, on voit des jeunes, tout à fait capable d’occuper un poste, et de haut niveau, avoir un CUI ou quelque chose comme ça, bien sûr qu’il faut des contrats aidés, bien sur qu’il faut que les jeunes travaillent, que les diplômés puissent montrer ce dont ils sont capables, mais un CUI un CAE ou ce genre de contrat à un diplômé, ce n’est une bonne solution, pour personne,

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