A propos de l’éditorial de Yves Montrouge : quelques précisions nécessaires

Fraternité Ayant pris connaissance du contenu de l’éditorial de Yves Montrouge paru dans le JIR de ce vendredi 28 novembre, j’ai décidé de vous en livrer le contenu en prenant soin de faire quelques mises au point sur quelques approximations. Ne serait-ce que pour mieux comprendre le message que j’ai délivré à l’éditorialiste du JIR ce jeudi. Je répondais ainsi à sa question téléphonique sur une rumeur selon laquelle je serais présent sur une liste en compagnie de représentants de la majorité du maire Olivier Hoarau en mars 2015.

D’emblée, je lui ai confirmé que ce n’était qu’une rumeur, et que je n’ai pas rencontré Olivier Hoarau. Pour autant, j’ai souligné à Yves Montrouge que la situation générale méritait une réflexion approfondie sur les perspectives politiques, et électorales, devant le sentiment de déception qui prévaut après deux ans et demi de gestion du gouvernement socialiste.

Cela ne veut pas dire que le choix d’éliminer Nicolas Sarkozy au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2012 était une erreur. Il ne faut quand même pas exagérer. Mais ce n’est pas une raison pour justifier aujourd’hui les mesures d’austérité, quand ce ne sont pas les réformes administratives inappropriées, du gouvernement socialiste. L’opinion, et cela est une évidence lorsqu’on voit même des députés socialistes exprimer leurs inquiétudes, manifeste de plus en plus sa déception.

Et cela se ressent fortement à La Réunion. L’électorat risque de sombrer dans le défaitisme si en plus, la division des forces de progrès s’inscrit dans la durée, les unes s’évertuant de rendre aux autres « la monnaie de la pièce » illustrée par des choix électoraux ayant concouru en vérité à la défaite des forces de progrès.

C’est sur la base de ce constat que j’ai souligné que le problème ne se réduisait pas au canton du Port. Et qu’en ce qui concerne ma candidature, elle ne pouvait pour l’heure être ni confirmée ni exclue, puisque je m’attache encore aujourd’hui à assumer ma fonction de vice-président du Département en charge de délégations importantes.

Je ne donnerai que trois exemples :

1°- En tant que vice-président en charge des transports, je multiplie les réunions afin de parfaire la mise en place du nouveau réseau Car jaune prévue pour le 11 décembre. En effet, ainsi que nous le constatons pour des réseaux dans les agglomérations de France continentale, les changements qui interviennent font jusqu’à la dernière minute l’objet de correctifs pour coller au mieux aux intérêts de l’usager. Et pour ce qui nous concerne, le Département envisage par exemple de rétablir des arrêts entre la mairie de Saint-Philippe et le Tremblet, jusqu’à ce que la CASUD prenne en charge dans un délai raisonnable le relais. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

2°- En tant que vice-président en charge de l’agriculture, j’ai assisté il y a quelques jours à Paris au conseil d’administration de l’ODEADOM (Office de Développement de l’économie Agricole d’Outre-Mer) où, pour la première fois, le Départementétait représenté en tant qu’administrateur. Nous sommes à une étape importante pour le Département car notre institution va être l’autorité de gestion des fonds européens FEADER en ce qui concerne l’agriculture pour la période 2014-2020, alors que l’Union européenne n’a pas encore apporté ses remarques sur notre projet de développement régional (PDR) envoyé depuis… juin 2014 ! Ces retards sont préjudiciables aux acteurs agricoles.

3°- Depuis la disparition du vice-président Roland Robert, la Présidente Nassimah Dindar m’a sollicité pour assumer la responsabilité de la coopération dont la délégation était assumée par l’ancien maire de La Possession. C’est pour cela que j’ai représenté la Présidente au Comité de coopération régionale qui s’est tenu vendredi dernier au domaine de Moca à Mongaillard.

Vous comprendrez pourquoi j’estime qu’il est grand temps que chacun comprenne qu’un mandat est suffisant pour assumer véritablement ses responsabilités d’élu. Cela exclut la propension naturelle à « survoler » les dossiers dont un élu a la charge, quand ce n’est pas d’user de démagogie sur le terrain en tentant de faire croire que tout peut être réglé sur la base selon laquelle « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

La situation économique et sociale est très grave. Les chiffres du chômage n’en sont qu’une triste illustration. Et il me semble que la population en proie à de singulières difficultés sombre de plus en plus dans la détresse morale.

Et proposer à celle-ci de poursuivre dans la voie de la division ne me semble pas la voie à maintenir. Il n’y a qu’à voir les résultats électoraux successifs depuis 2010, exceptée la parenthèse des élections législatives, parenthèse qui risque de se refermer en 2017 avec les « déchirures » qui se poursuivraient aux rendez-vous des élections départementales de mars 2015 et régionales de décembre 2015.

C’est vrai qu’il est difficile de panser les blessures qui ont été infligées soit par des consignes électorales, soit par des déclarations parfois teintées de violence verbale rare. Mais comme le dit l’un des récits de l’Evangile, « que celui qui n’a jamais péché… jette la première pierre ». D’autant que chacun peut faire son examen de conscience dans son attitude passée ayant affecté la cohésion de ces forces de progrès.

Il n’en demeure pas moins que se parler, rechercher les voies et moyens de panser ces blessures, édicter des principes directeurs afin que cela ne se reproduise plus, et faire connaître à l’opinion que nous prenons tous le chemin de la « refondation », aura pour effet de redonner espoir à celles et ceux qui suivent les leaders qui se sont « égarés » sur le sentier de la discorde.

Bien sûr, cette démarche ne peut se concevoir qu’en prenant soin de ne pas débuter par une rencontre entre celles et ceux qui sont encore trop affectés par des meurtrissures. Le temps fera son œuvre à la faveur de rencontres entre celles et ceux, représentants des différentes organisations des forces de progrès, qui ont à cœur de retrouver une cohésion indispensable avant des rendez-vous électoraux importants.

Bien sûr, il n’est pas question de revenir en arrière en ce qui concerne la reconnaissance et la légitimité des organisations concernées. C’est pourquoi je suis convaincu que l’avenir ne se concevra que dans la mise en place d’une confédération des forces de progrès.

Cela signifie que le respect de l’indépendance d’action de chaque organisation politique doit être la condition sine qua non pour envisager de réussir dans la mise en place de cette confédération des forces de progrès. Cela signifie qu’il faudra discuter aussi avec la Fédération du Parti Socialiste. A ce sujet, il me semble que tenter de faire avaliser des décisions à celle-ci en recherchant l’aval de Paris ne peut qu’aviver l’opposition de la représentation locale du parti de la rose, et conduire à une division là aussi regrettable sinon des socialistes locaux, du moins d’une partie non négligeable de ceux-ci.

Cette confédération des forces de progrès devrait me semble-t-il intégrer des personnalités qui peuvent apporter un plus au moment où La Réunion aura à affronter des défis importants dans les années à venir.

Est-ce une utopie ? Peut-être. Mais ce qui est certain, c’est que persévérer dans la voie de la division ne pourra qu’affecter durablement l’espoir d’une alternative à une droite radicale. C’est ma conviction.

Personne en tout état de cause ne pourra échapper à sa responsabilité personnelle, et collective, quand viendra l’heure de rendre des comptes à une population qui supportent de plus en plus mal le spectacle de ces divisions, et regarde avec tristesse ce qu’il en a résulté, avec par exemple la politique menée par la nouvelle majorité régionale autour de Didier Robert.

Ci-dessous l’éditorial de Yves Montrouge

L’utopie refondatrice de Pierre Vergès

Le fils de Paul, conseiller général sortant du premier canton du Port, celui-là même qui n’a pas souhaité prendre des responsabilités au sein du PCR, développe aujourd’hui une vision politique qui pourrait en surprendre plus d’un.

À commencer par son propre père.

Il sera, à moins d’un changement de dernière heure, candidat à sa propre succession dans le premier canton du Port.

Précision : Si je suis candidat, c’est sur le canton de la ville du Port, puisque le premier et le deuxième canton ne font plus qu’un.

Mais au-delà même de sa candidature qui ne constitue guère un événement politique, et il en est conscient, Pierre Vergès se prend à rêver d’un binôme Vergès avec une candidate de la majorité municipale portoise.

Autrement dit, un deal Vergès-Olivier Hoarau (le nouveau maire du Port).

Ce dernier qui appartient à PLR (Pour La Réunion), parti d’Huguette Bello, celle qui avait claqué la porte du PCR au nez de Paul Vergès, désignerait ainsi une candidate pour aller, avec Pierre Vergès, ferrailler dans le premier canton. De la politique-fiction, pourrait-on dire.

Pierre Vergès, lui, ne désespère pas. Il plaide via son blog – et il lui arrive même d’en parler à certains élus – pour un « rassemblement des forces de progrès ». Il ne désespère pas de voir un jour – le plus tôt possible serait le mieux, à son goût – son père Paul Vergès, les camarades Elie Hoarau, Maurice Gironcel, Ary Yee-Chong-Chi-Kan aller frapper à la porte de PLR pour une réconciliation avec Huguette Bello.

Précision : comme je l’ai dit, il me semble plus approprié que les discussions s’engagent entre celles et ceux qui n’ont pas été en première ligne dans les affrontements électoraux, quand ils n’ont pas été verbaux et violents.

Il appelle de ses vœux un rassemblement PLR-PCR-MCR (Mouvement citoyen réunionnais de Jean Piot)-DLR (Demain La Réunion d’Eric Fruteau) en vue des départementales de mars 2015, des régionales de décembre 2015 et de la présidentielle de 2017.

Une alliance (et non Alliance avec un grand A) qui découlerait d’une logique politique porteuse, selon lui, de réussite électorale en prenant en considération le mécontentement, la déception et la frustration surtout de toutes celles et de tous ceux qui, comme lui, ont voté en 2012 en faveur du socialiste François Hollande.

Certains ne manqueront pas de qualifier cette vision « d’utopie refondatrice ». Mais lui y croit dur comme fer, à condition toutefois que chacun des protagonistes parvienne à mettre « un mouchoir su zot galet » tant les rancœurs sont encore tenaces.

Mais il faut savoir tirer les leçons du passé pour ne pas commettre les mêmes erreurs. « Les mots blessent mais ne tuent pas ».

Avec ou sans étiquette, Pierre Vergès, qui fut maire du Port de 1989 à 1993 (avant d’être rattrapé par la justice), ensuite élu conseiller général dans le 2ème canton du Port (1988) puis dans le premier (1992), avant d’être réélu dans ce même canton en 2011, sera de nouveau candidat en mars prochain.

Il ne faudra pas compter sur lui pour mener une campagne frontale ni contre la municipalité, ni contre le PCR.

À force de fréquenter Nassimah Dindar, la présidente centriste du conseil général, avec qui il travaille en parfaite collaboration pour ne pas dire communion notamment sur les dossiers « Transport » et « Agriculture », Pierre Vergès semble avoir gagné en sagesse en se positionnant comme un élu « mi aime zot tout’ », adepte du mot d’ordre : « Faites la politique, pas la guerre ! ».
Comme dirait le proverbe, « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ».

Pour l’instant dans le premier canton, les candidats officiellement déclarés sont Valérie Auber (union de la droite UMP-UDI-Objectif Réunion), qui avait mis Pierre Vergès en ballotage en 2011 – il manquait 3 voix au candidat de l’Alliance, victime d’une faible participation, pour être élu dès le premier tour – et le socialiste Jean-Brice Hérode.

« Un rassemblement des forces de progrès PLR-PCR-MCR-DLR en vue des départementales, régionales et de l’élection présidentielle ». Utopique ?

Yves Mont-Rouge

 

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