Ce que j’ai dit dans Face à l’info ce samedi sur Antenne Réunion

 

   Sabrina Supervielle : Vous soutenez Maurice Gironcel qui cherche à tout prix à retrouver son poste de maire à Sainte-Suzanne. Est-ce dans son intérêt ou celui de la commune que vous travaillez ? 

 

Pierre Vergès : Je travaille dans l’intérêt de la commune, qui l’a élu en 2008 largement, avec les autres camarades qui étaient donc sur cette liste.

Il a eu un ennui judiciaire mais les juges ont estimé qu’il pouvait être de nouveau éligible.

Donc on répond à un engagement pris.

Aujourd’hui, la population est juge pour trancher et dire si effectivement il doit revenir aux affaires et à la tête de la commune.  
  
  
  
Sabrina Supervielle : Yolande Pausé a-t-elle correctement assumé ses fonctions jusqu’à présent ? 

 

Pierre Vergès : Je le pense, oui.  

  
  
Sabrina Supervielle : Alors comment se justifie la démission de la dizaine d’élus sainte-suzannois ? 

 

Pierre Vergès : On en est maintenant à 17 élus.

Ces démissions se justifient par l’engagement pris devant l’ensemble des conseillers municipaux, publiquement.

Yolande Pausé a souligné que dès que Maurice Gironcel retrouverait ses droits et serait éligible, il pourrait revenir aux affaires.

Je respecte cet engagement pris par Yolande Pausé et aujourd’hui il est mis en application.  

  
  
Sabrina Supervielle : Madame le Maire est-elle donc un pion du PCR que l’on l’on déplace à volonté ? 

 

Pierre Vergès : Non, c’est surtout que chez nous, en principe le désintéressement de telle ou telle fonction conduit à ce que l’on ne doit pas considérer quelque chose aboutissant à quelque chose d’inamovible.

Sur ce plan, dans l’intérêt stratégique du parti, il faut en plus de l’engagement pris, que Maurice Gironcel retrouve sa place.  

  
  
Sabrina Supervielle : Maurice Gironcel n’aurait pas pu attendre les prochaines élections municipales ? 

 

Pierre Vergès : Et pourquoi pas 2020, 2026 ou 2032 ?

Je pense que lorsqu’on prend un engagement, on le tient.

C’est vrai qu’en politique, je le concède, la parole donnée n’a plus de sens.

Nous nous voudrions, au sein du parti communiste réunionnais, que cela redevienne un principe, une loi sacrée.  

  
  
Sabrina Supervielle : On peut dire que le PCR met un peu la pression sur les élus pour qu’ils démissionnent ?  

 

Pierre Vergès : Non, je ne pense pas.

Vous savez, de nos jours, vous faites ça, vous avez une plainte et vous devez donc en répondre.

Donc, sur ce plan là, je crois que c’est faire injure à ces élus que d’estimer qu’ils n’ont pas de considération pour un engagement.  

  
  
Sabrina Supervielle : Donc, vous estimez que le PCR agit en toute légalité ? 

 

Pierre Vergès : Évidemment. On verra, de toute façon, s’il y a un problème comme pourraient le penser certains, il suffit à ce moment là de clarifier sur tous les plans. 

  
  
Sabrina Supervielle : Didier Robert lui a placé Paulet Payet à la tête du Tampon. Que pensez du différend qui oppose les deux hommes ? 

 

Pierre Vergès : Je pense que c’est profondément lié au fait que Paulet Payet n’est pas sur la même longueur d’onde que Didier Robert qui souhaite, même s’il est à la tête de la Région, continuer à gérer les affaires de la commune et à décider à la place de Paulet Payet.

Donc ça ne peut pas durer, évidemment.  

  
  
Sabrina Supervielle : Vous allez plus loin dans un communiqué. Le PCR a dénoncé l’attitude irresponsable des deux hommes. Il affirme même que Didier Robert et Paulet Payet « se donnent en spectacle en réglant des comptes sur fond de partage du pouvoir ». Est ce que finalement au PCR, c’est “faites ce que je dis mais pas ce que je fais” ?  

 

Pierre Vergès : Je viens de dire qu’il y a eu un engagement politique.

Je n’ai pas entendu parler d’un engagement public de Paulet Payet à être servile ou à démissionner et au contraire à être dans la plénitude de ses fonctions.  

  

Sabrina Supervielle : Par ailleurs, le PCR met l’accent sur la crise sociale qui touche le pays. Ce n’est pas ça la priorité ? 

  

Pierre Vergès : Je pense que la priorité, au moment où on a un sénateur Paul Vergès qui dépose un amendement pour que soit pérennisé la prime Cospar pendant trois ans, ça ne veut pas dire quand même qu’il ne va pas voir ses petites filles, pour manger avec et sourire, même si la situation est grave.

Ne confondons pas les choses.

Je pense que c’est une nécessité de demander à la population si elle veut confirmer son vote de 2008.

Sur ce plan là, je ne pense pas que la commune de Sainte-Suzanne va s’effondrer parce qu’il y a une élection.

Soyons sérieux.  
   

  
Sabrina Supervielle : Les comptes de la Saint-Louis sont dans le rouge et les efforts consentis par la municipalité sont jugés insuffisants par la Chambre Régionale des Comptes. Claude Hoarau a t-il bien géré sa commune ? 

 

Pierre Vergès : J’estime qu’il a hérité d’une situation catastrophique et que son souci (est) de faire que les plus fragiles, touchés par le Gouvernement Sarkozy, bénéficient d’une certaine solidarité au plan social de la part de la commune.

Il a été confronté à une réalité financière difficile.

À un moment donné, effectivement, il faut dire à la population que les contraintes fixées aboutissent sur des interdits. 
  
  
Sabrina Supervielle : Donc, vous estimez que Claude Hoarau n’avait pas d’autre choix que de ne pas renouveler près de 80% des CDD dans sa commune ? 

 

Pierre Vergès : Je pense qu’il n’y pas le choix, à moins d’augmenter les impôts sur une population déjà pressurée.

Mais je pense que c’est une situation déjà aggravée par rapport à celle que connaissent beaucoup d’autres communes.

Vous savez qu’il y a un gel des dotations de la part de ce gouvernement.  
  
  
  
Sabrina Supervielle : Ce qui signifie selon vous que la rigueur doit être appliquée en temps de crise. C’est un peu la logique que défend le Gouvernement ? 

 

Pierre Vergès : La rigueur doit être appliquée en temps de crise quand on la subit.

Mais cette rigueur, on souhaite qu’elle soit appliquée aux plus nantis mais vous comprenez bien qu’il faut être réaliste.

Ce n’est pas ce gouvernement bling-bling qui va avoir des mesures contre les fraudeurs fiscaux, contre ceux qui gagnent des sommes astronomiques.

Donc attendons 2012.  
  
  
Sabrina Supervielle : Mr Vergès, Cyrille Hamilcaro réclame la tenue de nouvelles élections à st louis. Êtes-vous d’accord ? 

 

Pierre Vergès : Non, soyons sérieux.

Je veux dire, sur ce plan là, il faut demander aux conseillers municipaux qui sont en train de travailler sur le redressement de la commune.

Lui ne peut pas, après avoir fait un trou conséquent dans les finances de la commune de Saint-Louis, demander à ce qu’on refasse des élections , quoi qu’il en a encore le droit. 
  
  
Sabrina Supervielle : Donc, vous êtes contre des élections à Saint-Louis mais pour des élections à Sainte-Suzanne. Un peu quand ça vous arrange ?  

 

Pierre Vergès : Mais je viens de le dire, Yolande Pausé a pris un en-ga-ge-ment.  
  
  
Sabrina Supervielle : Quand vous intervenez comme médiateur à Sainte-Suzanne, vous intervenez à quel titre ?  

  

Pierre Vergès : Je suis mandaté par le Secrétaire Général du Parti Communiste réunionnais Elie Hoarau.

Il a souhaité qu’on fasse passer le message, que la liste qui doit être conduite lors des élections en 2012, doit être la même que celle qui a été plébiscitée en 2008.  
  
  
Sabrina Supervielle : Vous intervenez au nom de l’ensemble des élus du PCR ?  
  

Pierre Vergès : J’interviens au nom de la Direction du Parti, qui n’a pas fait l’objet pour l’instant de contestations de la part de celles et ceux qui pourraient contester.

Sur ce plan , nous tenons régulièrement des réunions du secrétariat du PCR du comité central.

Vous me direz qu’il y en a qui ne viennent pas. Mais je ne veux pas rentrer dans ce débat.  

  
  
Mr Vergès, il y a quelques jours, vous avez refusé de prendre part au vote de la SPL (Société Publique Locale Avenir Réunion) au Département. Est ce que vous le regrettez ? 

 

Pierre Vergès : Absolument pas, parce que je pense qu’il y a un vrai malaise.

Vous avez une société qui doit intervenir pour l’amélioration de l’habitat et pour les constructions de casernes pour l’ensemble des communes.

La première question que je pose : toutes les communes ont-elles été consultées ? Réponse : non… mais ça viendra, elles peuvent venir.

Je demande alors si les statuts prévoient que si elles viennent, elles puissent être présentées au conseil d’administration. On me répond : « on verra plus tard ».

On ne peut pas devant la population être sérieux s’il y a un tel dossier qui finalement ne prévoit pas l’égalité des traitements de toutes les communes.  
   

 

Sabrina Supervielle : Dans l’émission Face à L’info, le 5 novembre, Nassimah Dindar a souligné que vous étiez le seul de l’Alliance à quitter la salle avec l’opposition. « Question de tempérament », a t-elle dit. 

 

Pierre Vergès : C’est vrai que je ne peux pas concilier une gestion partagée avec des arrangements.

Et je pense que cette SPL qui ne comprend que quatre communes + le Département, ce n’est pas finalement une société qui est digne d’égalité de traitement quand on oublie vingt communes.  
  
  
Sabrina Supervielle : Votre position est celle de tous les autres élus de l’Alliance au Département ?  

 

Pierre Vergès : Ce serait faire de la langue de bois que de ne pas dire qu’il y a contradiction à ce que certains élus participent à cette société, alors même que leurs propres amis n’ont pas été sollicités.  
  
  
Vous parlez d’Éric Fruteau ?  

 

Pierre Vergès :  Je ne cite aucun nom.

Je pense que le débat qui doit être mené au sein du parti aujourd’hui doit être sur le respect d’un certain nombre de principes : la parole donnée, la solidarité, l’engagement pris devant son parti, et la discipline.

Je crois que ces principes ont été un peu bafoués ces temps-ci.  
  

  
Sabrina Supervielle : Une mise au point est prévue dans les semaines qui viennent ?  

 

Pierre Vergès : Je pense qu’il faut qu’on aille vers un débat sur des principes et que des mises au point soient faites, avec les sections, au comité central, et l’opinion doit être informée.

Il y a tellement de choses qu’on dit sur les élus, qu’ils perçoivent des indemnités et qu’ils ne les restituent pas, même à leur parti, ni même pour l’intérêt général.

Il faudra que les gens le sachent.  
  

  
Sabrina Supervielle : Problèmes de discipline ? 

 

Pierre Vergès : Problème de discipline évidemment.

Lorsque vous avez des personnes qui ne viennent pas aux réunions, ça ne peut pas marcher.

Pour qu’ensuite ces mêmes personnes parlent au nom du parti.  
  
  

Sabrina Supervielle : Les mauvais resultats du PCR aux sénatoriales. A qui la faute ? Les modérés ou les personnes de votre propre clan ? 

 

Pierre Vergès : Moi j’ai pour principe de souligner que c’est la faute de tout le monde.

Nous-mêmes au niveau de notre communication, je pense qu’on aurait pu être beaucoup plus précis sur les engagements qui doivent être pris par les uns et les autres, pour montrer qu’il y a avait un enjeu national et qu’il ne fallait pas faire de bêtises.

Certains se sont dits, de toute façon on peut y aller, on peut même aller jusqu’à voter pour un candidat de l’UMP.

Il y a un problème !

Donc cela concerne, j’en suis persuadé, le candidat UMP (ou alors le candidat de l’UMP qui a été un peu exclu c’est Jean-Paul Virapoullé).

Mais pour nous, je pense qu’il faut qu’il y ait un débat là-dessus, si les personnes ne s’accomodent pas de nos principes, elles peuvent partir.

Nous sommes en démocratie.  

  
  
Sabrina Supervielle : Pour expliquer vos résultats aux sénatoriales, votre père parle de la corruption qui touche la classe politique depuis 50 ans. Qui est corrompu ? 

 

Pierre Vergès : Lorsqu’il y a des personnes qui acceptent de ne pas contrer un adversaire parce que cet adversaire peut disposer de moyens, je pense à la Région, je dis qu’on n’est plus dans un débat démocratique, puisqu’à ce moment là tout peut s’acheter.  
  
 

Sabrina Supervielle : Qui ? 

 

Pierre Vergès : On verra. Je le dis, ce sont des problèmes de principes. Ceux qui disent fortement non, je le conteste, et nous devons être ensemble sur ces principes, ils seront avec nous.

Donc, on verra qui ne sera plus avec nous.
  
 

Sabrina Supervielle : Serez-vous candidat aux législatives ? 

 

Pierre Vergès : Aujourd’hui non, je dis non.

Mais si on me le demande, je serai prêt à en discuter.

Mais je souhaite souligner par exemple que dans la circonscription de Cambuston jusqu’au Chaudron, il y a suffisamment de candidats potentiels pour que franchement on ne me demande pas de me présenter sur cette circonscription.  

  

Sabrina Supervielle : Souhaitez-vous prendre le leadership au PCR ?

 

Pierre Vergès : Non, mais je souhaite en tout cas en être un des animateurs à condition qu’on débatte des principes. Sinon, si des personnes peuvent ne pas venir aux réunions, toucher leurs indemnités, voter comme ils veulent, et revendiquer leur position au Parti, cela n’a pour mois pas de sens.

  

Sabrina Supervielle : Merci. 

 

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2 Commentaires sur

Ce que j’ai dit dans Face à l’info ce samedi sur Antenne Réunion

  • Jean-JacquesNo Gravatar |

    outre ce que vous avez dit, M. Vergès, autre chose me frappe: pourquoi les journalistes cherchent – ils toujours à faire des comparaisons ou des rapprochements? qu’est-ce qu’il y a de commun entre Saint-Louis et Sainte-Suzanne (outre l’appartenance politique de leur maire) ?
    mais d’accord avec vous: il va falloir mettre tout à plat, s’expliquer et faire connaître les principes pour que chacun juge de celles et de ceux qui ne les respectent pas

  • ManuellaNo Gravatar |

    je suis proche du PCR sans avoir ma carte, et je suis une femme, mais ce que je regrette, c’est d’entendre toujours le même refrain: on fait ça parce que c’est une femme, ou ce sont des femmes.
    respect des femmes, oui, bien sûr,
    respect de la parole donnée, oui, bien sûr
    mais ce n’est pas parce qu’on est femme que l’on est pas politique. la parité, ce n’est pas de vouloir avoir des droits supplémentaires. ni des obligations plus grandes.
    en tant que femmes, je dirais nou lé pa plis nou lé pa moin respekt anou
    et ce qu’avait dit Laurent, c’est valable pour tout le monde. le respect, il doit être de tous les côtés

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