Départementalisation – Fin d’un cycle, début d’un autre ? 1er volet : La question des flux financiers

 

   Il y a un constat partagé par bien des personnalités politiques à propos de l’évolution nécessaire après 66 ans de départementalisation, et ce quelle que soit leur appartenance politique.

C’est une réalité politique, économique et sociale.

 

C’est tellement vrai qu’un « politique » comme Didier Robert évoque ce dossier.

 

Didier Robert veut remettre en cause une réforme qu’il a… voté !

 

Par exemple, lors du congrès de l’Union de la Droite, en septembre dernier, il parlait d’une évolution institutionnelle.

Il remettait ça en janvier 2012, en proposant un référendum sur la réforme territoriale.

 

Ne cherchez pas à comprendre ! Il a pourtant votée la réforme territoriale.

Une réforme qui pourrait être détricotée par les socialistes si François Hollande était élu Président de la République le 6 mai.

 

En revanche, ce sont les motivations profondes qui changent.

Pour Didier Robert, il s’agit purement et simplement de rester « dans le mouv », de surfer sur une vague rose et de tenter de sauver ce qui peut l’être d’un naufrage grandiose d’une UMP aigrie.

 

Didier Robert avait émis une idée qui peut être séduisante : la régionalisation de l’emploi.

Idée qui, on vient de le voir avec la succession de Philippe Jean-Pierre à la tête de l’AGORAH, est vite battue en brèche.

 

Ce ne sera pas un Réunionnais mais quelqu’un de l’extérieur.

La régionalisation de l’emploi, c’est sur le papier.

 

Dans les faits, les bons vieux réflexes de la « goyave de France » reviennent au grand galop !

 

L’analyse face à l’utopie

 

Didier Robert avait même proposé « d’offrir du travail aux Réunionnais de Bac + 2, Bac + 3 à La Réunion se disant prêt, par exemple, à embaucher des professeurs au salaire régional ».

Ça ne coûte rien de parler la bouche ouverte.


Cela relève de la plus grande des utopies.

Parce que d’une part, le « salaire régional » n’existe pas.

Parce que d’autre part, parce que cela remettrait en cause bien des équilibres.

 

Certes, il n’est pas question de tout laisser « en l’état », lorsque l’on souhaite « une rupture » avec la politique menée dans l’outre-mer depuis 1946.

Mais le bon sens exige simplement de le faire dans la concertation et dans la réflexion.

 

Toujours est-il que l’on en est à un point de non retour.

L’Egalité, sous-jacente de la loi du 19 mars 1946, est enfin réalisée.

 

Il aura fallu un demi siècle, des nombreuses luttes et des combats incessants.

Mais l’égalité, individuelle et collective, elle est plus ou moins là.

 

Est-ce pour autant que La Réunion connaît un essor économique et social ?

Non, et là je ne vous rappellerai pas les chiffres du chômage, de l’illettrisme, de l’endettement, du nombre de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté ou de ceux qui attendent un logement.

 

Sur les flux financiers

 

L’on entend souvent dire qu’il y a beaucoup d’argent à La Réunion.

C’est partiellement vrai. Les flux financiers sont importants :

 

Certains flux financiers alimentent les collectivités locales : là, l’égalité de traitement entre collectivités ultramarines et collectivités hexagonales n’est pas tout à fait réglée.

Les dotations de fonctionnement ou d’équipement étant organisées différemment entre France et outre-mer, les comparaisons sont difficiles.

 

Mais toujours est-il que le mode de calcul de certaines dotations ne prend pas en compte l’évolution démographique.

À l’inverse des collectivités de France hexagonale, toutes les collectivités réunionnaises connaissent une progression de leur population.

 

Ainsi, au fil des années, les écarts vont se creuser.

Il y aurait donc nécessité de revoir le mode de calcul de ces dotations, en intégrant l’idée d’indexation à l’évolution démographique. Ce qui ne serait que pure justice.

 

Certains flux financiers alimentent les foyers réunionnais.

C’est d’un côté les rémunérations versées aux personnels de la fonction publique d’Etat.

C’est de l’autre, les allocations et prestations versées aux familles.

 

Le cas particulier de la sur rémunération

 

Si d’un côté, il y a sur rémunération, de l’autre, il y a « sous prestation ».

Ce qui crée une situation de profonde inégalité.

 

Ce qui peut surtout créer les conditions d’une implosion ou d’une explosion sociale.

En outre, les flux financiers publics sont souvent recyclés dans le privé et repartent illico presto en France, sans que pour autant La Réunion en garde un quelconque « bénéfice ».

 

Cet exemple des flux financiers est donc révélateur d’une situation qui ne peut plus durer.

Il faut donc revoir comment réorganiser ces flux afin qu’ils génèrent réellement de l’emploi, de l’activité, une « plus value » pour La Réunion.

 

En l’état actuel de la législation française, cela est-il possible ?

S’il appartient aux députés et sénateurs d’amender les textes de loi pour que les dotations aux collectivités locales soient dynamiques et non statiques, quelle est leur marge de manœuvre pour ce qui est des salaires et prestations ?

 

L’idée émise par le PCR, de créer un Fonds réunionnais de Développement, intégrant de nouvelles recettes mais aussi l’épargne volontaire de tout contribuable sous forme de placements rémunérés, est tout à fait pertinente.

Encore faudrait-il que la collectivité qui gérerait ce fonds en ait les compétences légales.

 

C’est un premier point à intégrer.

Il convient donc de réfléchir quelle pourrait être cette collectivité.

 

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1 Commentaire sur

Départementalisation – Fin d’un cycle, début d’un autre ? 1er volet : La question des flux financiers

  • ManuellaNo Gravatar |

    parler des vrais problèmes: intéressant.
    tout réorganiser à La Réunion: indispensable.
    comment? that is the question.
    peut être avec la 6e République. vive Mélenchon ! vous avez raison de préparer le terrain; même si le seul candidat intéressant de cette campagne n’est pas certain d’être au second tour

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