Du 29 juillet au 31 août : rétrospective – Novembre 2012 : déplacements routiers, ferroviaires… et de responsabilités financières

Pierre Vergès Je serai absent pour les jours qui viennent. C’est l’occasion de vous faire partager une rétrospective de mes articles depuis deux ans. Et les informations contenues dans ces papiers ont toujours une part d’actualité. J’entends par là qu’il est intéressant de voir combien la citation de Blaise Pascal « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà » est juste.

Ainsi par exemple, la vérité sur un fait, l’indignation devant une injustice, la revendication devant un traitement inapproprié , peuvent être fortes… ou faibles voire inexistantes, selon que l’on est dans l’opposition ou au pouvoir.

Cela dit, celles et ceux qui dans ces articles sont sujets à des critiques peuvent avoir parfois montré leurs aptitudes à se remettre en cause. Comme quoi personne n’est parfait.

Enfin, j’arrête là et vous souhaite bonne lecture !

 

21 novembre 2012 – Déplacements durables – La nouvelle route du littoral fait encore débat : comment pourrait-il en être autrement ?      

 

AH8X1802 Un ami vient de me faire parvenir des images du tramway de Casablanca, au Maroc.

Un nouveau mode de transport moderne pour la population qui depuis deux mois effectue ses derniers réglages avant sa mise en service prévue le 1er janvier prochain.

Une ligne ferroviaire de 30 km desservant les quartiers Sud Ouest de la Métropole marocaine et le centre ville autour de 48 stations.

Tout cela pour un coût d’investissement de 3 milliards 500 millions d’euros, soit 4 milliards de Dirhams. 

Ce montant inclut la réalisation de tout le réseau voirie et assainissement qui n’existait pas à Casablanca.

Notons cependant que le Tram Train de la Réunion, d’une longueur de plus de 40 km et plus de 40 stations, coûtait pourtant moins cher et ce malgré le franchissement du massif de La Montagne… 

AH8X1806 Selon mon ami, cet équipement fait aujourd’hui le bonheur des 7 millions d’habitants de la ville de Casablanca.

Comprenez donc que je ne peux m’empêcher de penser au sort qui a été réservé à notre projet de tram train à La Réunion.

En effet, il y a un peu plus de deux ans, le contrat de partenariat public privé entre La Région Réunion et le groupement Tram’tiss (Bouygues, Bombardier, Véolia) pour la construction du futur Tram Train avait été signé en même temps que celui du tramway de Casablanca. 

Je suis heureux pour nos amis Marocains.

Mais je suis triste pour notre île qui méritait d’avoir un jour un  mode de transport viable et moderne tel que le tram train.

J’espère qu’un jour ou l’autre, les Réunionnais prendront la mesure d’une telle décision sur leur avenir.

Une telle irresponsabilité ne devrait pas être porté par un seul homme, Didier Robert.

Comme parfois le destin  est cruel, voilà que ce dernier risque de plonger la Réunion dans une aventure périlleuse avec la construction de la nouvelle route du littoral en haute mer.

C’est un investissement dangereux pour l’écosystème de notre Île si riche en biodiversité.

Mais c’est surtout un investissement dangereux pour les finances publiques du Conseil Régional en termes de coût d’investissement et d’exploitation.

Je rappelle que je ne suis pas opposé à une nouvelle route du littoral,

Mais je suis opposé à un viaduc en mer d’une telle importance.

J’ai d’ailleurs développé des solutions concernant d’une part la route du littoral, dont la vocation première, je le rappelle, est la sécurité des usagers.

J’ai d’autre part fait des propositions pour aménager les entrées de ville de Saint-Denis, à double titre :

– compte tenu de l’urgence de fluidifier le trafic… dès maintenant pour éviter les embouteillages actuels sous la falaise menaçante,

– et demain pour éviter des embouteillages monstres sur cette « fumeuse » route du littoral version Didier Robert, si le problème des entrées de Saint-Denis ne sont pas réglés.

Je vois que je ne suis pas le seul à y penser, puisque le maire de Saint-Denis, Gilbert Annette, est lui aussi très inquiet dans la faisabilité de ce projet de Didier Robert.

Je peux le comprendre, car aucune solution n’a été envisagée pour fluidifier la circulation à l’entrée de Saint-Denis.

Pourtant, les commissaires enquêteurs avaient émis des réserves en ce sens pour l’obtention de la DUP (Déclaration d’utilité publique).

Sans compter le flou entretenu sur le véritable coût de cette route ainsi que son financement… 

Je suis également heureux de constater qu’aujourd’hui, ceux qui étaient opposés au projet du tram train, se mordent les doigts et manifestent régulièrement leur regret qu’on ait abandonné ainsi de façon irresponsable, un tel projet prioritaire pour notre île.

En attendant, comme on dit si bien « cabri i mange salade » !

Et nos amis de Casablanca vont pouvoir se déplacer comme bon leur semble et aisément sur leur tramway flambant neuf.

J’espère que Gilbert Annette a encore en mémoire le calendrier de la construction du tram train, à savoir que lui aussi, mais surtout ses administrés dionysiens, auraient pu voir le tram sillonner les rues de Saint-Denis dans un an. 

En effet, le calendrier des travaux prévoyait la livraison de la première tranche, entre Sainte-Marie et la station de Bellepierre… le 20 décembre 2013 ! 

Le problème, c’est que La Réunion reste considérée par certains, parfois des compatriotes même, comme un territoire qui ne doit pas bénéficier des mêmes avantages qu’un territoire de l’hexagone.

Lamentable !

  

29 novembre 2012 – Education – Réforme des rythmes scolaires : un coût de 600 millions d’euros pour les communes !     

 

emoticone smiley pouce levé 2013… puis 2015… puis 2014… puis à nouveau 2013. Drôle de rythme ponctuant les hésitations calendaires.

Après ces hésitations calendaires, le gouvernement a tranché : c’est à la fois en  2013 et en 2014.

 

Pour certains, ce sera donc lors de la prochaine rentrée d’août.

Pour d’autres,  la réforme des rythmes scolaires s’appliquera un an plus tard.

Au choix des maires ! Lesquels ne sont pas particulièrement heureux de ce cadeau gouvernemental. 

La réforme des rythmes scolaires entrera bien en vigueur à la rentrée 2013 et à la rentrée 2014.

Vincent Peillon l’a confirmé pour 2013.

François Hollande l’a fait pour 2014.

Même si, initialement,  l’Elysée avait déjà annoncé cette date de 2013 !

De quoi s’agit-il ? 

Il s’agit de la mise en place de la semaine de 4,5 jours dans le primaire.

Un projet qui ne suscite pas l’adhésion de tous.

« S’il y a encore des réticences, des inquiétudes, des hésitations, on va les lever. C’est l’intérêt des élèves. Ca doit se faire avec les professeurs et les collectivités locales », a précisé le ministre.

Il faut donc croire que l’’Elysée – qui dans un premier temps, avait formellement démenti les informations de presse selon lesquelles la présidence de la République réfléchissait au report en 2014 de la réforme sur les rythmes scolaires – a su lever toutes les inquiétudes et hésitations.

 

Très fort !      

 

Rappelons que ce débat sur la refondation de l’école figure parmi les priorités du quinquennat.

Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, avait jugé qu’un report d’un an

« serait une décision sage si les communes ne souhaitent pas s’engager parce qu’elles n’ont pas les moyens ».

Le syndicat a donc été entendu.

Du côté des maires, on a aussi parlé d’une réforme précipitée et peu financée, et demandé au gouvernement de s’engager fermement pour que les communes aient les moyens nécessaires.

Quelles sont les communes qui ont les moyens ?

Essentiellement les plus grandes communes.

Mais les petites et moyennes communes ? Pas sûr.

Et le constat est bien entendu valable pour toutes les communes d’outre-mer.

Avec encore plus d’acuité pour les petites et moyennes communes. 

On va donc s’acheminer vers une  réforme qui ne sera peut être pas réussie dans les communes qui en auront les moyens.

Et bien sûr, cela va être un échec pour les autres communes. 

Sauf à ce que le gouvernement n’applique pas ce qu’il a édicté lui même comme règle budgétaire : maintien à leur niveau des dotations aux collectivités locales encore pendant deux ans !

 

Partager la pénurie      

 

Certaines voix se sont élevées pour demander  « un fonds de péréquation entre communes pauvres et communes riches ».

Autrement dit, pour La Réunion, c’est le partage de la pénurie.

Et de plus, ok pour la solidarité, mais tout de même, il ne faut pas exagérer, cette péréquation  horizontale va être la règle. 

Bien sûr, certaines communes – et c’est le cas en France métropolitaine – ont des moyens conséquents.

Parce qu’elles ont des ressources liées aux potentialités fiscales de leurs concitoyens. 

Parce qu’elles ne construisent pas de logements sociaux.

Parce qu’elles n’ont pas à faire à des publics très démunis qu’il faut accompagner à travers les CCAS. 

On voit très bien ce qui peut se passer :

– dans les communes qui n’auront pas les moyens, il y aura des enfants qui seront mis à la garderie après 15H30 ;

– dans d’autres communes, parce qu’elles ont des moyens ou des structures, pourront proposer des activités culturelles, sportives ou artistiques.

Il est bien évident que les collectivités locales vont devoir assumer un coût supplémentaire pour les activités péri-scolaires et les transports scolaires engendré par le retour à la semaine de 4,5 jours.

Rappelons que ce système a été abandonnée en 2008.

Selon l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), le coût de la réforme pour les collectivités locales s’élève à 600 millions d’euros pour l’ensemble des enfants en année pleine.

  

Trois heures      

  

L’Association des maires de France (AMF) a interpellé François Hollande sur « les difficultés de mise en oeuvre » de la réforme des rythmes scolaires.

Les maires souhaitent « que l’Etat limite le coût de la réforme et s’interrogent sur sa prise en charge des dépenses supplémentaires induites », selon un communiqué.

Les maires auraient en charge non plus 1h30 mais 3h de temps périscolaire sur la semaine.

1h30 serait dédiée à l’accueil de tous les élèves après la fin des cours. 

Et 1h30 serait plus spécialement ajoutée pour assurer l’accueil des élèves qui ne suivraient pas le soutien scolaire ( cet accueil serait assuré par les enseignants).

Tout n’est pas que question d’argent.

En effet, le SNUipp-FSU a publié les résultats d’un sondage révélant que seule la moitié des enseignants était favorable au retour à la semaine de 4,5 jours (contre 4 actuellement) :

– 20% sont « tout à fait favorables »,

– 30% « plutôt favorables »,

– mais 19% sont « plutôt opposés »

– et 28% « tout à fait opposés »

– (3% ne se prononcent pas). 

Le moins que l’on puisse dire est que la refondation de l’école aura fait couler beaucoup d’encre…

 

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