Pour une grande politique des déplacements à La Réunion : attention aux « fausses bonnes idées » ! (1ère partie)

 

   Je voudrais pour cette semaine vous faire partager une analyse réalisée par la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’usagers des Transports).

Créée en 1978, cette fédération rassemble aujourd’hui 150 associations implantées dans toutes les régions françaises.

 

Association de consommateurs agréée, la FNAUT conseille et défend les usagers de tous les modes de transport et les représente auprès des pouvoirs publics et des entreprises de transport.

 

Groupe de pression d’intérêt général, elle s’efforce d’infléchir la politique des transports et de l’aménagement du territoire.

 

Je vous invite à prendre connaissance d’un certain nombre de « fausses bonnes idées » recensées par la FNAUT.

Certains exemples nous seront d’une grande utilité dans un avenir proche, afin de ne pas « dérailler » dans la mise en oeuvre d’une grande politique de déplacements à La Réunion, dans un espace contraint, devant faire face à l’augmentation démographique et à la croissance du parc automobile.

 

Exemple 1 : Le Segway, un gadget 

 

Le gyropode auto-équilibré Segway peut être utile pour effectuer des déplacements internes à un entrepôt ou des missions de surveillance.

 

Mais il est totalement inadapté à la ville, où il n’est qu’un gadget encombrant pour touristes branchés.

 

Il est dangereux pour les piétons et même pour ses utilisateurs (le patron de la firme Segway s’est tué en conduisant un tel engin, il est tombé dans un ravin).

 

À l’inverse, le vélo pliable, le vélo à assistance électrique (VAE) et le vélo en libre service sont des innovations très utiles qui ont élargi le créneau de pertinence du vélo.

  

Exemple 2 : Le « tramway sur pneus », une invention inutile 

 

On devait assister à une révolution : la qualité de service du tramway pour deux fois moins cher, les villes moyennes pourraient enfin s’offrir une technique plus performante que le bus.

 

Le  résultat  est  un  fiasco  cinglant  à  Nancy  et  Caen  avec  le  TVR  bricolé  par  Bombardier, véhicule  hybride  mal  conçu,  aussi  coûteux  que  le  tramway  “sur  rails“,  de  capacité  trop limitée, souvent en panne, incapable de fonctionner en tram train.

 

À  Clermont-Ferrand,  c’est  le  matériel  Translohr,  mieux  conçu,  qui  a  été  retenu. 

 

Mais aujourd’hui, le Syndicat Mixte des Transports Clermontois fait appel à la RATP « parce que les incidents, pannes, déraillements se multiplient sur la ligne », explique son vice-président.

 

Et   malgré   ces   difficultés,   c’est   le   Translohr   qui   a   été   choisi   avec   un   entêtement incompréhensible   par   la   RATP   pour   équiper   les   lignes   franciliennes   Chatillon – Vélizy – Villacoublay et Saint-Denis – Sarcelles.

 

En définitive, le «tramway sur pneus» est une invention (qui date en fait du début du 20ème siècle) sans véritable intérêt, qui aura surtout servi à retarder l’adoption des solutions fiables : tramway, trolleybus ou BHNS suivant l’importance du trafic potentiel.

 

Exemple 3 : Le « téléphérique urbain », un créneau très étroit 

 

Nouvelle solution miracle, elle aussi présentée comme une alternative au tramway mais bien moins coûteuse : le transport par câble ou « tramway aérien ».

 

Contrairement au tramway sur  pneus,  il  a  son  créneau  de  pertinence  :  le  franchissement  des  coupures  urbaines  (fleuves,

autoroutes) et, comme le funiculaire, la liaison entre une ville haute et une ville basse.

 

Mais ce créneau est étroit (comme celui des navettes fluviales ou portuaires).

 

Il n’est adapté qu’à des itinéraires  rectilignes,  et  ses  coûts  en  milieu  urbain  sont  encore  largement  inconnus,  sans parler des difficultés d’insertion et d’accessibilité aux usagers à mobilité réduite.

 

Source : http://www.fnaut.asso.fr/

 

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