Feuilleton – Les dialogues (presque) imaginaires – 9ème épisode

 

   

Au bar  au petit Nicolas, on refait le monde politique.

 

Urbain Charles Lebeau : Mes amis, on anticipe. On se prépare pour les législatives. On investit dans la 5e, avec Stéphane, le  candidat du rassemblement.

 

Patrick Solange : Hé, collègue, attention, ce n’est pas parce que tu mets 300 personnes dans une salle que tu joues la carte du rassemblement.

 

Pierre Charles Rivière : Je me suis laissé dire qu’il y avait un monsieur Loyal, lors de la cérémonie. Il a littéralement mis le feu à la salle…

 

Ève Émilie Le Vent : Moi qui suis jeune et belle, pas comme vous les politiques, c’est scandaleux, ce propos. Car s’il a mis le feu à la salle, il n’a rien fait pour protéger les petites fleurs du Maïdo. Depuis que ça brûle, on ne l’entend pas…

 

Ulric Michel Payet : Bien évidemment, vous pensiez que l’on allait faire comme vous, des primaires. Mais, bien évidemment, nous on sait comment faire de la politique. On attribue des investitures. Avec des primes au sortant, bien évidemment, mais pas toujours.

 

Ève Émilie Le Vent : Moi qui suis jeune et belle, pas comme vous les politiques, je te dis ceci : tu oublies les femmes, comme d’habitude.

 

Ulric Michel Payet : Bien évidemment, tu fais référence aux Poulidor en jupon de la politique, celles qui sont toujours numéro 2. Dans les scores comme dans les fonctions, bien évidemment ! Mais bien évidemment, le rassemblement, ce n’est pas que géographique, nous on rassemble tout le monde ! De Saint-Philippe à Saint-Pierre, en passant par la Source et la Pyramide, bien évidemment ! Ce n’est pas comme chez toi, Patrick !

 

Patrick Solange : Hé, collègue, tu opposes ruralité et urbanité ! Mais non, nous, c’est dans la complémentarité.

 

Pierre Charles Rivière : Oui, on l’a vu, certains travaillent, d’autres causent et le reste amuse la galerie, donne dans l’humour… même si les talents d’humoristes ne sont pas suffisants pour remplir la salle, paraît-il.

 

Ulric Michel Payet : Bien évidemment, vous savez qu’on se la joue tactique. On peut volontairement perdre un mandat, bien évidemment, pour sauver une personne, bien évidemment, une femme…

  

Pierre Charles Rivière : C’est parce qu’elle est une femme ou parce qu’elle est à un poste stratégique ? Et que le cheval actuellement en attelage n’est plus dans la course ? Quelle galanterie déplacée !

 

Patrick Solange : Hé collègue, comme toujours, c’est Paris qui va trancher pour vous entre le sortant et la tantine !

 

Ulric Michel Payet : Bien évidemment, il est plus facile de se moquer que de travailler. Nous, on va créer de l’emploi. Bien évidemment.  Beaucoup d’emplois. 8,000 emplois. 12.000 emplois ! Bien évidemment, pour les jeunes, pour les vieux. Bien évidemment pour les femmes, pour les hommes….Bien évidemment, pour tout le monde.

 

Pierre Charles Rivière : On vous a même entendu dire qui fallait baisser à 14 ans l’âge d’aller en apprentissage ! Et qu’il fallait  récompenser au mieux les méritants.

 

Ulric Michel Payet : Bien évidemment, on propose des contrats de travail en alternance, des contrats de professionnalisation. Bien évidemment, des stages obligatoires de six mois de fin d’étude, bien évidemment pour avoir de l’expérience.

 

Pierre Charles Rivière : « Bien évidemment », -aïe, si moi aussi je commence à avoir ce tic- nous on a fait tout pour que les jeunes réussissent. Didi a fait le  CPRDFP !!!

 

Ève Émilie Le Vent : Moi qui suis jeune et belle, pas comme vous les politiques, je ne comprends pas ce que c’est…

 

Ulric Michel Payet :  Bien évidemment, c’est  le Contrat de plan régional de développement des formations professionnelles. Nous, bien évidemment, on va créer des emplois dans les secteurs prioritaires. Bien évidemment.

 

Pierre Charles Rivière : Et quels sont les secteurs prioritaires ?

 

Ulric Michel Payet : Bien évidemment, c’est le BTP, le  tourisme, les TIC, l’agriculture, la pêche, Bien évidemment l’agronutrition, le commerce, les services, Bien évidemment, les transports, la croissance verte.

 

Patrick Solange : Hé collègue, tout est prioritaire donc. Et c’est quoi les non priorités ? Ce truc, ça manque d’ambition. Et ça va coûter cher.  Hé collègue, c’est pour ça aussi que mon collègue à moi a préféré aller en France, après 15 ans de bons et loyaux services…

 

Pierre Charles Rivière : voilà un drôle d’hommage, Patrick, rendu par ton pseudo adversaire : « homme rigoureux dans les débats ».

 

Patrick Solange : Hé, collègue, je comprends que certains en ait assez de voir la politique qui est une chose sérieuse, être faite par des clowns, des  monstres d’incohérence, d’absurdité et des personnages grotesques.

 

Ulric Michel Payet : Bien évidemment, c’est sûrement pour cela que Didi a dit que ton collègue était un homme qui respectait les autres !                                                                                                                                                                                                                                                                                      

Pierre Charles Rivière :  en attendant, au moment où les compteurs du chômage s’affolent avec plus de 150 000 demandeurs au Pôle Emploi, il y a des politiques qui sortent leur costume de saison, aux couleurs bigarrées : mensonge, manipulation, cynisme, tyrannie, déloyauté, non-respect de la parole donnée, ambition dévorante… ce doit être l’arrivée de l’été…

 

Patrick Solange :  mon collègue, tu ne crois pas que c’est plutôt à l’approche de la saison des élections ?

 

Pierre Charles Rivière :  je n’en sais rien, mais bon… Bon week-end et honorons nos anciens en ce 1er novembre. À commencer par ceux qui ont disparu, pour leur rester fidèles. 

 

Toute ressemblance avec des personnages ou des faits existant ou ayant existé est fortuite… mais… mais quoi ? Chutt…                                                                                                                                                                                                          

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