Pierre Moscovici : « L’euro est fort, peut-être trop fort » !

 Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, a admis que le niveau de l’euro devenait pénalisant pour les exportations.

Le ministre a déclaré ceci : « L’euro est stable, l’euro est fort, peut-être d’ailleurs trop fort à certains égards ».

 

La monnaie  a encore progressé face au dollar vendredi, évoluant au-dessus du seuil de 1,36 dollar après avoir atteint dans la journée 1,3711 dollar, son plus haut niveau depuis mi-novembre 2011.

 

La monnaie unique a également augmenté face à la devise nippone et touché 126,97 yens, son plus haut niveau depuis fin avril 2010.

Pour le gouvernement français, cette hausse devient préoccupante car une monnaie trop forte pèse sur les exportations.

 

Menace de dépression ? 

 

Un économiste Bruno Colmant , le 14 janvier 2013, écrivait sur son blog : 

« Il est incontestable que la monnaie unique est temporairement en phase de stabilisation. 

Mais à quel prix ? 

Le risque est que la politique monétaire restrictive de la BCE alimente une monnaie trop forte, qui entraîne une dépression prolongée. 

Le scénario serait alors pire qu’une stagflation, c’est-à-dire une mauvaise chimie de récession domestique et d’inflation. 

Ce serait alors, comme dans les années trente, une profonde dépression ».

 

Et l’on retrouve cette même analyse de l’économiste Dominique Thiebaut :

« si la zone euro a réussi à rétablir un certain équilibre dans les marchés de la dette des pays dit de la périphérie, l’appréciation de la monnaie unique et la hausse des taux d’intérêts à court terme ne sont pas ce dont a besoin l’économie, alors la hausse de l’euro au-dessus de 1,35 dollar ne devrait être que temporaire ».

 

Pour mémoire, on nous avait bien dit également qu’un euro faible faisait peser des incertitudes et des risques sur l’économie.

 

Après l’austérité ? 

 

Alors euro fort ou euro faible : c’est une question de stratégie et de prise de position économique ET politique.

Alors, au gouvernement, chacun est «  attentif à cette question  ».

 

Car à titre d’exemple, « une hausse de dix centimes d’euro, c’est un milliard de chiffre d’affaires en moins pour EADS », le géant européen de l’aéronautique, expliquait Montebourg.

Chacun a ses références.

 

Donc, au gouvernement, on continue à dire qu’il faut faire des économies.

Et qu’il faut patienter.

 

Avec la déclaration suivante sur le  projet réaménagé de taxe sur les hauts revenus :

« Dans les deux à trois semaines qui viennent, vous saurez ce qu’est la position du gouvernement, au plus tard d’ici la fin février ». 

 

Après nous avoir martelé qu’il fallait l’austérité, le FMI fait marche arrière et dit que ce n’est pas la solution.

Et pendant ce temps là, comme le dit Montebourg : 

« On ne peut pas se résigner à l’idée que le chômage augmente sans arrêt ».

 

On ne peut pas se résigner comme en Grèce, victime de l’austérité, qui continue à se mobiliser : marins et agriculteurs protestent contre l’austérité.

« Nous n’avons d’autre choix que de poursuivre notre mouvement, nous sommes au bord du désespoir ».

 

Car le gouvernement vient d’abaisser le montant de certains remboursements et de subventions pour l’achat de carburant dont bénéficient les agriculteurs, tout en augmentant leurs cotisations sociales.

 

Baisse des remboursements ?

Hausse des prix ?

Hausse des cotisations sociales ? 

 

En France aussi, c’est au programme !

 

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