Social – Accord sur l’emploi : du « pas acceptable » à « l’accélérateur d’emplois » en passant par « oui…mais »

 

 Qui a dit : « Cet accord n’est pas acceptable » ?

 

Qui a dit : « il contient de nombreuses régressions sociales que les quelques avancées ne peuvent en aucun cas justifier » ?

 

Qui a dit :  il « prévoit des clauses contraires aux engagements de la gauche et du candidat à la présidentielle » ?

 

Qui a dit :  il « ne peut être qualifié d’accord majoritaire ».  

 

La CGT ? Non.

FO ? Non.

 

Des élus du PS. 

Pas tout le PS bien sûr, mais quand même !

 

Emmanuel Maurel, membre du bureau national du PS.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann et le député Jérôme Guedj.

Lesquels n’en sont pas à leur premier mouvement d’humeur, à tel point qu’ils ont créé leur propre mouvement « Maintenant la gauche ».

 

Plus surprenant, la déclaration de Guillaume Balas, secrétaire général du courant du ministre Benoît Hamon (« Un Monde d’Avance »).

 

Celui-ci estime que le texte est loin d’être suffisant à tel point qu’il a demandé aux parlementaires de

« jouer pleinement leur rôle dans ce débat crucial autour de la sécurisation de l’emploi ».

Histoire d’améliorer le texte.

 

Encore une surprise : la déclaration de Bayrou.

Quoi que maintenant certains diront (ceux qui l’ont abandonné ?) qu’il ne pèse pas  grand-chose !

 

Le président du MoDem, François Bayrou, a déclaré :

« Je le trouve positif, et je pense qu’à la lecture de l’accord, on mesure qu’il est substantiel. (…).

Dans les habitudes françaises, dans les mœurs françaises qui sont des mœurs  d’affrontement, voir les syndicats de salariés et les représentants du patronat s’entendre sur des choses qui ont du poids, c’est très positif et très encourageant pour l’avenir ».

 

Évidemment, le gouvernement se félicite.

À tel point que  le ministre du Travail, Michel Sapin, a expliqué que cet  l’accord sur l’emploi pouvait être « un accélérateur de création d’emplois », car il fera « sauter la peur de l’embauche ».

 

Un accord « décisif pour les entreprises et pour les salariés », qui bien évidemment va permettre d’inverser la courbe du chômage.

Ou pour le moins « d’éviter de détruire des emplois » !

Précision subtile !

 

Mais Sapin évoque la vraie finalité de l’opération : il s’agissait de « Prouver que la France est capable de mettre en place une démocratie sociale moderne ».

 

On n’est surtout pas très loin de la sociale démocratie !

 

Côté analystes politiques, les avis sont mitigés :

«  En cas d’échec, c’est toute la stratégie du gouvernement qui se serait révélée inefficace » ;

 

« Il s’agit d’un accord à contenu et légitimité limitée, avec un seul grand syndicat signataire (la CFDT), et à court terme, il n’y aura pas de miracle pour l’emploi ».

 

« Le contenu n’est pas négligeable, mais cela reste une juxtaposition de compromis échangés in extremis ». 

 

« C’est une réforme de structure, avec des pistes ambitieuses, qui devrait permettre à terme d’aller vers plus de confiance pour les entreprises, mais pour parvenir à la flexion-sécurité qui a fait ses preuves dans les pays du Nord, un quart du chemin est parcouru ».

 

Il n’y a plus qu’à attendre que la mayonnaise prenne. L’espoir fait vivre…

 

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