Du 29 juillet au 31 août : rétrospective – Septembre 2011 : tempête budgétaire et débat du moment

Pierre Vergès Je serai absent pour les jours qui viennent. C’est l’occasion de vous faire partager une rétrospective de mes articles depuis deux ans. Et les informations contenues dans ces papiers ont toujours une part d’actualité. J’entends par là qu’il est intéressant de voir combien la citation de Blaise Pascal « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà » est juste.

Ainsi par exemple, la vérité sur un fait, l’indignation devant une injustice, la revendication devant un traitement inapproprié , peuvent être fortes… ou faibles voire inexistantes, selon que l’on est dans l’opposition ou au pouvoir.

Cela dit, celles et ceux qui dans ces articles sont sujets à des critiques peuvent avoir parfois montré leurs aptitudes à se remettre en cause. Comme quoi personne n’est parfait.

Enfin, j’arrête là et vous souhaite bonne lecture ! 

22 septembre 2011 – Avis de tempête : des budgets des départements de plus en plus en difficulté     

 

Claudy Lebreton, président de l'ADF Claudy Lebreton 

Le président de l’Assemblée des départements de France (ADF) a, une fois de plus, attiré l’attention sur l’état des finances des départements.   

Outre la crise,  la réforme de la fiscalité locale, un autre élément pèse sur le budget : la hausse des dépenses sociales.

En outre, l’ADF s’insurge contre la réduction de l’autonomie financière des départements. 

Notamment du fait de la suppression de la taxe professionnelle.

Les dotations versées par l’État n’auront pas le même dynamisme que la taxe professionnelle, les départements ne pouvant pas en fixer le taux.

Les marges de manœuvre dont disposent les départements sur leurs recettes sont donc réduites, alors que, dans le même temps, leurs dépenses sociales, quasi incompressibles et mal compensées par l’Etat, continuent à s’envoler sous l’effet du vieillissement de la population et du chômage.

Les départements n’ont eu d’autres choix en 2010 puis en 2011 que de limiter leurs dépenses et subventions  d’équipement brut. Et ce sont leurs budgets qui sont en très grande difficulté !

 

30 septembre 2011 – Le débat du moment ? Madame ou mademoiselle ?    

  

Femmes flyer 8 mars recto 

Depuis quelques jours, bien des sites s’agitent autour de cette idée : faut-il retirer la case « mademoiselle » des formulaires administratifs ?

La question a été posée par les associations « Les chiennes de garde » et « Osez le féminisme » dont une adhérente explique :

« Ça peut paraître un détail, mais c’est très symbolique des inégalités. Cela oblige la femme à exposer une situation personnelle et familiale ». 

Selon elle, le terme a également une «connotation condescendante ».

Elle rappelle cette évidence : les hommes n’ont pas à choisir entre « monsieur » et « damoiseau ». 

Les deux associations demandent aux femmes « d’exiger  un « madame » dans leurs correspondances, même si elles ne sont pas mariées ».  

Ce qui, légalement, ne poserait pas de problème, car le choix entre « madame » et « mademoiselle » relève uniquement de l’usage et non pas de la loi.

« Le ‘mademoiselle’ n’a aucune valeur légale », confirme  Laurence Waki, auteure du livre « Madame ou mademoiselle ? ».

Position confirmée par Brigitte Grésy, auteure d’un « Petit traité contre le sexisme ordinaire » : «  Je ne vois pas pourquoi on fait ce distinguo, qui n’a plus aucun sens ».

Alors, combat gadget ou véritable bataille à mener ?

Car il y a bien des autres situations sexistes dans la vie quotidienne :

les écarts de salaires entre femmes et hommes ;

les promotions moins rapides pour les premières que pour les seconds ;

l’accès difficile à certains métiers ou certains postes ; 

et toutes les situations de la vie quotidienne où le sexisme existe mais le matraquage a été tel que l’on ne le voit plus !

 

Question de vocabulaire 

 

« Le langage reflète la réalité du monde » explique une militante pour la féminisation des métiers.

Exemple : le féminin de « homme public », serait « femme publique »…. Oups ! Bonjour la dérive sémantique ! 

En outre, dans le domaine politique, on appelle généralement les femmes par leur prénom « Ségolène » « Martine ».

Entend-on « François » ou « Manuel » ?

Dans le même ordre d’idée, on avait eu droit aux « Juppettes », les femmes ministres du premier gouvernement Juppé (1995).

Celui-ci avait nommé 12 femmes à des postes de ministres ou secrétaires d’Etat dans son gouvernement de 42 ministres.

Les « juppettes » n’ont pas fait 6 mois.

Elles ont été virées (dans leur grande majorité) lors du premier remaniement.

Même chose au Sénat, nouvelle mouture.

Les femmes siégeant au Sénat ne sont que 77 contre 271 hommes,

Après les élections de 2008, il  y avait 75 femmes au Sénat.

Par le jeu des suppléants, elles étaient 80 samedi au soir, la veille de l’élection,  soit une proportion de 23,32%. Désormais, leur nombre stagne à 22,13%.

En sport, ce n’est pas mieux : il y a quelques années, cela était « Marie-Jo » (tout du moins, tant qu’elle gagnait, après, c’était « Perec »).

Même chose pour Laure. Maintenant, c’est « Manaudou ».

D’ailleurs, le sport est macho.

Et les émissions sportives tout autant sinon plus.

Exemple : après les commentaires sur le mondial de rugby, sur les résultats de la ligue 1 en foot, le seul reportage présenté concernant le sport féminin portait sur une équipe de basket.

Mais pas pour parler de leurs exploits mais … de leur nouvelle tenue ! C’était sur une chaîne du groupe France Télévisions, il y a une dizaine de jours.

 

Sexisme ordinaire  

 

Autre exemple : la locution « chef de famille ». Écrit comme ça, c’est l’homme.

Pourquoi pas « cheffe de famille » ? Il aura fallu attendre 2004 pour que cette mention « chef de famille » soit supprimée des formulaires d’enquêtes de l’INSEE, et remplacée par « personne de référence ».

Et il est vrai que les paroles, les phrases sont lourdes de sens.

Lorsqu’un homme dit à une femme « cette robe te va très bien, tu devrais la mettre plus souvent », c’est sous-entendu « quand tu t’habilles autrement, t’es moche ».

Bien sûr, le sexisme commence à l’âge des jouets.

Dans les pages roses, pour les filles, c’est l’aspirateur, la dînette et le kit de la parfaite ménagère.

Dans les pages bleues pour les garçons, c’est le mécano, les voitures et la voiture de pompier.

Et il y a des jeux « mixtes ». Dont certains montrent un petit garçon en train de jouer pendant que la petite fille regarde !

Et parfois, lorsqu’on est jeune, noir, footballeuse professionnelle, mère de famille et émigrée… ça coince énormément.

C’est ce qui arrive à Rigoberte M’Bah, footballeuse camerounaise engagée dans une interminable bataille juridique pour obtenir un titre de séjour.

Depuis 2008, elle joue en France, recrutée par un club amateur.

Qualification insuffisante pour obtenir le titre de séjour.

Elle est recrutée par un club de nationale 1 et rejet pour les mêmes motifs de sa demande.

Ce qui fait dire à son avocat que les autorités ont une « analyse sexiste du dossier » 

Car la jeune femme a deux enfants, restés au Cameroun, ce qui est affirmé comme étant la justification du refus des autorités.

Mais si l’on refusait la carte de séjour à tous les footballeurs de ligue 1 qui ont des enfants dans leur pays de naissance, il y aurait probablement moins de joueur dans les clubs.

L’édition est aussi un milieu sexiste, à en croire une auteure.

Cette femme, Polly Courtney travaillait à la City à Londres.

Le quartier des affaires.

Et bien sûr du machisme et du sexisme.

Elle plaque tout et devient auteure et retrouve les mêmes concepts.

Elle reproche à son éditeur de commercialiser son livre « de manière « sexiste   et   dégradante ».

Motif du conflit, selon l’auteure «les connotations sexuelles inappropriées de la couverture et du titre de son livre It’s Man’s world – but it takes a woman to run it », illustré par une photo d’une jeune femme dont on voit essentiellement les jambes (nues) et dotées de talons hauts. Quant au visage, il est  tronqué !

Autre exemple : Le site Babelio a réalisé une étude pour mesurer les inégalités homme-femme dans le domaine des prix littéraires.

Le résultat ? Le monde des livres n’est pas épargné par le machisme.

Bon, on arrête là !

 

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