Découpage cantonal – Les raisons d’un découpage préservant les intérêts des communes dites « petites »

 Petit complément d’information au sujet de mon article d’hier : il est utile de classer les cantons selon leur proportion par rapport à la moyenne départementale de 32 655 habitants pour un canton.

 

Cantons dont la population est inférieure ou supérieure de 20 % à celle de la moyenne départementale    

 

1°- Cantons dont la population est inférieure de

 

– moins de 10 % à la moyenne départementale : cantons 10, 12, 16 et 20.

 

– 10 à 20 % à la moyenne départementale : cantons 17 et 18.

 

2°- Cantons dont la population est supérieure de

 

–  moins de 10 % à la moyenne départementale : canton 2, 7, 13, 14, 22, 23 et 25. 

 

–  10 à 20 % à la moyenne départementale : canton 11, 21.

 

Il y a donc 15 cantons, soit 60 % des 25 cantons à délimiter, qui répondent à l’ancien critère qui prévalait dans le cadre des précédents découpages électoraux.

 

Cantons dont la population est supérieure de 20 à 30 % à celle de la moyenne départementale    

 

Cantons 8 et 9.

Ils concernent des parties de la commune de Saint-Denis 1 (145 209 habitants).

 

Il y a donc 2 cantons, soit 8 % des 25 cantons à délimiter, qui restent là encore dans la règle qui avait été fixée par le Gouvernement dans le cadre du découpage à opérer pour 2015.

 

Cantons dont la population est inférieure de 30 % à celle de la moyenne départementale    

 

Cantons dont la population est inférieure de

 

–  30 à 40 % à la moyenne départementale : cantons 19 et 24.

Ils concernent les petites communes : Cilaos (5 989 habitants), Entre Deux (6 176 habitants) et Petite Île (11 582 habitants).

 

–  40 à 48 % à la moyenne départementale : cantons 1, 3 et 15.

Ils concernent les petites communes : Saint-Philippe (5 100 habitants), Sainte-Rose (6 822 habitants), et la Plaine des Palmistes (5 072 habitants), Bras-Panon (11 699 habitants) et Salazie (7 406 habitants), et Trois-Bassins (7 057 habitants)

 

Il y a donc 5 cantons, soit 20 % des 25 cantons à délimiter, qui sont concernés par cette approche motivée de permettre la représentation de communes dites « petites », mais qui ont une population bien plus conséquente que celle des petites communes de France continentale, et qui de surcroît ont des territoires très importants, ne serait-ce qu’en terme de superficie ou d’activités économiques.

 

Cette approche peut être envisagée du fait que le Conseil constitutionnel a enlevé l’obligation fixé par le Gouvernement pour ce découpage de rester dans un écart inférieur ou supérieur à 30 % par rapport à la moyenne départementale, à condition que cela soit motivé par des considérations objectives au plan géographique, ou autres.

 

Cantons dont la population est supérieure de 30 % à celle de la moyenne départementale    

 

Cantons dont la population est supérieure de

 

–  30 à 40 % à la moyenne départementale : canton 5 et 6.

Ils concernent les communes ou des parties des communes de : Saint-André (52 949 habitants), Sainte-Suzanne (22 437 habitants) et Sainte-Marie (30 367 habitants).

 

–  40 à 48 % à la moyenne départementale : canton 4.

Il concerne des parties de la commune de Saint-André.

 

Cette approche peut être envisagée du fait que le Conseil constitutionnel a enlevé l’obligation de rester dans un écart inférieur ou supérieur à 30 % par rapport à la moyenne départementale.

 

Il y a donc 3 cantons, soit 12 % des 25 cantons à délimiter, qui sont concernés par cette approche motivée par le souhait de permettre la représentation de communes dites « petites », dans un souci de solidarité, sans enlever aux communes sollicitées la possibilité d’une représentation équitable au sein de la future assemblée.

 

Les avantages d’un tel découpage    

 

En termes de perspectives d’élus, toutes les communes peuvent être concernées.

Pour le canton 1, il est vrai que 2 élus, un homme et une femme, représenteront les 3 communes, qui ont quand même des intérêts communs évidents.

 

Peuvent prétendre à être représentée par

 

– au moins un (ou une) élu : Bras-Panon, Salazie, Ste-Suzanne, Trois-Bassins, Les Avirons, Etang Salé, Cilaos, Entre Deux et Petite Île.

 

– 2 élus : Saint-Benoît, Sainte-Marie, La Possession, Le Port, Saint-Leu et Saint-Joseph.

 

– 3 élus : Saint-André, Saint-Louis.

 

– 4 élus : Le Tampon.

 

– 5 élus : Saint-Pierre.

 

– 6 élus : Saint-Paul.

 

– 6 à 7 élus : Saint-Denis.

 

Les inconvénients du projet de découpage « officiel projeté » 

 

En premier lieu, le fait que dans ce projet, des cantons affichent

une population supérieure à 40 000 habitants (canton regroupant Saint-André 2, Saint-André 3 et Salazie, canton regroupant Saint-André 1 et Sainte-Suzanne, canton regroupant Saint-Leu 1, Saint-Leu 2 et Les Avirons)

ou s’en approchent (canton regroupant Le Port 1 et Le Port 2, canton regroupant Etang Salé et Saint-Louis 1, canton regroupant Saint-Louis 2, Cilaos et Entre Deux, canton regroupant Le Tampon 3 et 4),

montre qu’il est possible d’envisager un projet de découpage comme je l’ai envisagé, dans l’objectif de préserver la représentation des communes dites « petites ».

 

Mais par ailleurs, un problème est à considérer avec sérieux : celui d’une possible lutte « hégémonique de proximité » dans l’hypothèse où les forces politiques en présence s’affrontent pour imposer leur influence.

 

Est-ce irréaliste, quand l’histoire politique réunionnaise regorge d’exemples dans ce domaine ?

 

Dans le cadre du projet de découpage qui émanerait du Ministère de l’Intérieur, diverses hypothèses où une « logique d’affrontement » pourrait surgir, peuvent être évoquées :

 

1°- Dans la 5ème circonscription :

 

Saint-Benoît 2 représente 57,72 % de la population cantonale regroupant aussi Sainte-Rose et Saint-Philippe.

Ces deux communes peuvent espérer au mieux avoir un élu, sauf s’il est de la même tendance politique que celle de Saint-Benoît… avec la tentation d’avoir en ligne de mire la « conquête » de ces municipalités.

 

Saint-Benoît 1 représente 52,32 % de la population cantonale regroupant aussi Bras-Panon et la Plaine des Palmistes.

Ces deux communes peuvent espérer au mieux avoir un élu… sauf s’il est de la même tendance politique que celle de Saint-Benoît.

 

Saint-André 1 et Saint-André 2 représentent 82,05 % de la population cantonale regroupant aussi Salazie.

Autant dire que Salazie ne peut espérer avoir espérer avoir la certitude de bénéficier d’un représentant émanant de sa commune, sauf s’il est de la même tendance politique que celle de Saint-André… avec la tentation d’avoir en ligne de mire la « conquête » de cette municipalité.

 

2° – Dans la 1ère et 6ème circonscription

 

Saint-Denis se taille « la part du lion » puisque la commune peut prétendre à… 10 élus, soit 20 % de la composition de la future assemblée.

 

Aujourd’hui, Saint-Denis, avec 9 élus, représente 18,36% des  élus composant l’actuelle assemblée de 49 conseillers.

 

3°-  Dans la 7ème circonscription

 

Saint-Paul 4 représente 72,26 % de la population cantonale regroupant aussi Trois Bassins.

Autant dire que Trois Bassins sera sous influence directe de la commune de Saint-Paul.

 

Saint-Leu 1 et 2 représentent 74,47 % de la population cantonale regroupant aussi Les Avirons.

Cette dernière commune n’a plus qu’à espérer être en bons termes avec la grande commune voisine pour envisager d’avoir toujours un élu au sein de la future assemblée.

 

Saint-Louis 1 représente 66,26 % de la population cantonale regroupant aussi Etang Salé.

Autant dire que l’Etang Salé ne peut espérer avoir la certitude de bénéficier d’un représentant émanant de sa commune, sauf s’il est de la même tendance politique que celle de Saint-Louis… avec la tentation d’avoir en ligne de mire la « conquête » de cette municipalité.

 

4°- Dans la 3ème circonscription

 

Saint-Louis 2 représente 67,23 % de la population cantonale regroupant aussi Cilaos et Entre Deux.

Ces deux communes peuvent espérer au mieux avoir un élu,  et en tout état de cause se verront « amputées » de leur représentation actuelle de deux conseillers généraux.

 

5°- Dans la 4ème circonscription

 

Saint-Pierre 1 représente 63 % de la population cantonale regroupant aussi Petite Île.

Il est évident que Petite Île ne peut envisager avec plus de certitude maintenir sa représentation qu’à la condition d’avoir les « bonnes grâces » de son grand voisin Saint-Pierrois.

 

Voir aussi les articles suivants sur mon blog : 

 

22 mai 2013 : Découpage cantonal et représentation des petites communes : et si l’on montrait notre solidarité envers les petites communes ?

21 mai 2013 : À propos du découpage cantonal pour 2015 – Le projet du ministère de l’intérieur : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

14 mai 2013 : Du nouveau à propos de la réforme électorale : un découpage cantonal semblant vouloir préserver les intérêts des petites communes… mais comment ?

25 mars 2013 : Contribution au débat – Hypothèse de carte cantonale à La Réunion en cas d’application du droit commun issu de l’Acte III de la décentralisation

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