Et maintenant les législatives – La priorité des priorités : l’emploi (2ème partie)

 

   En votant massivement pour François Hollande, les Réunionnais ont envoyé d’une part un signal de détresse, et d’autre part, un message d’espoir.

C’est notamment le cas en ce qui concerne l’emploi.

 

Inutile de rappeler les chiffres : ils sont suffisamment dramatiques.

Pour résoudre cette question, il va falloir agir sur tous les fronts.

 

Nous avons vu, dans un article précédent, ce qui pourrait être fait dans le secteur privé.

Dans le secteur public, il y a aussi des espaces à conquérir.

 

Le cas de l’AGORAH

 

Là aussi, l’actualité récente nous a montré qu’il fallait redoubler de vigilance.

Comment peut-on nous faire croire qu’il n’y avait pas de Réunionnaise ou de Réunionnais qualifié(e)s pour occuper les fonctions de directeur de l’AGORAH ?

 

L’explication consistant à dire que les présélectionnés n’ont pas donné suite, n’est pas vraiment crédible.

On peut aussi s’interroger sur les postes de cadres de la haute administration à La Réunion. Combien sont occupés par des Réunionnaises et des Réunionnais ?

 

Le seul – sauf erreur de ma part – à avoir occupé des fonctions de responsabilité dans un service déconcentré de l’Etat a été Alix Séry, Directeur Départemental de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

Direction qui, depuis, a profondément été modifiée.

 

Il y a eu également un Réunionnais, qui a occupé les fonctions de Directeur des Affaires Culturelles, Paul Mazaka, mais pas dans notre île.

La question est donc là : pourquoi aussi peu de Réunionnais dans des postes de Directeurs de structures décentralisées de l’Etat ?

 

Les fonctionnaires réunionnais travaillant en France hexagonale

 

L’emploi public, c’est aussi la question des fonctionnaires réunionnais, partis en France, qui souhaitent revenir dans leur île et qui ne le peuvent pas.

Sur ce même blog, un ami, Idriss Rangassamy, m’avait envoyé une lettre que j’ai publiée.

 

Elle est toujours d’actualité, vous pouvez la retrouver à l’adresse suivante :

http://blog.pierreverges.fr/courrier-de-lecteurs/courrier-de-lecteurs-la-vie-dun-policier-reunionnais-en-metropole

 

Son combat était partagé par un autre gardien de la paix, lui aussi Réunionnais.

Ils ne sont pas les seuls à vouloir rentrer au pays, à apporter à La Réunion l’expérience acquise sous d’autres latitudes.

 

Une passerelle nécessaire : un « bonus » adapté

 

Pourquoi est-ce si difficile ?

Pour ces gardiens de la paix, comme pour tous les autres fonctionnaires partis en France et qui veulent rentrer, il faut absolument qu’il y ait des « passerelles » et pour le moins une priorité leur permettant de revenir.

 

Au « jeu des mutations », il devrait y avoir un « bonus » adapté pour les Réunionnais voulant revenir dans leur pays.

En outre, il serait peut être judicieux et impératif de limiter la venue de fonctionnaires, notamment dans l’éducation nationale, quand, dans le même temps, bon nombre de Réunionnais sont envoyés en métropole.

 

Certains veulent partir, pas de problèmes.

Pour d’autres, la situation familiale implique le fait de rester sur place.

 

Va-t-on continuer à jouer pendant longtemps à ce jeu de « vases communicants » : faire partir les forces vives d’un pays et embaucher d’autres personnes.

Bien évidemment, la priorité d’accès aux résidents réunionnais doit s’appliquer.

 

Un moratoire de 15 ans

 

Il y a là dessus une sorte de « consensus » de façade ; car sur le papier, ou dans des déclarations de candidature, on le dit et on le répète.

Mais lorsque, dans le cas de l’AGORAH par exemple, le slogan n’est pas suivi d’une quelconque prise de position publique sur le sujet… cela montre que l’auteur de la déclaration n’est pas fiable.

 

C’est dans ce contexte que le Parti Communiste Réunionnais a demandé qu’un moratoire de 15 ans soit décrété.

Ce serait une période durant laquelle les postes à pourvoir dans la fonction publique ne seraient pas mis au « mouvement national ».

 

Là aussi, l’idée est raisonnable et raisonnée : il y a un dispositif juridique qui le permet.

C’est ce que l’on appelle « le droit à l’expérimentation ».

 

C’est une disposition constitutionnelle qui permet d’envisager des dérogations au droit commun.

On est là, sur cette question de l’emploi et plus précisément du moratoire, pile poil dans ce cas là.

 

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1 Commentaire sur

Et maintenant les législatives – La priorité des priorités : l’emploi (2ème partie)

  • Numa ThierryNo Gravatar |

    Bonsoir,pierre concernant les affectations des enseignants, en tant que représentant de la FCPE 55 je pense qu’il serait grand temps que notre nouveau ministre de l’éducation revoit les modalités d’affectations. Même ici en métropole nous connaissons des affectations très loin de la géographie d’origine de l’enseignant.Je pense qu’à la Réunion le vivier doit être très riches.De la Réunion à la Métropole malgré la distance les problèmes dans l’éducation nationale sont les mêmes.

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