Du 29 juillet au 31 août : rétrospective – Septembre 2012 : L’émotion par le souffle culturel, la transparence dans l’engagement

Pierre Vergès Je serai absent pour les jours qui viennent. C’est l’occasion de vous faire partager une rétrospective de mes articles depuis deux ans. Et les informations contenues dans ces papiers ont toujours une part d’actualité. J’entends par là qu’il est intéressant de voir combien la citation de Blaise Pascal « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà » est juste.

Ainsi par exemple, la vérité sur un fait, l’indignation devant une injustice, la revendication devant un traitement inapproprié , peuvent être fortes… ou faibles voire inexistantes, selon que l’on est dans l’opposition ou au pouvoir.

Cela dit, celles et ceux qui dans ces articles sont sujets à des critiques peuvent avoir parfois montré leurs aptitudes à se remettre en cause. Comme quoi personne n’est parfait.

Enfin, j’arrête là et vous souhaite bonne lecture !

 

1er septembre 2012 – Époustouflant et émouvant ! Des sculptures sous-marines pour commémorer les victimes de l’Holocauste Africain       

 

carte des antilles2010 Saviez-vous que sont exposées des sculptures sous-marines près de l’île de Grenade en l’honneur des esclaves Africains qui ont été jetés par dessus bord des navires négriers durant l’Holocauste africain ?

Une exposition sous-marine de Jason de Caires Taylor, un sculpteur anglo-guyanais.

Celui-ci a totalement renversé les codes de l’art sculptural.

Ses œuvres sont époustouflantes, donnent la chair de poule et sont pleines de sens.

Esclavage Vicissitudes Culture Identité Parmi ses pièces maitresses, la remarquable « Vicissitudes », sculpture sous-marine dans les profondeurs des eaux de l’île de la Grenade, est en mémoire des captifs Africains jetés des bateaux négriers pendant la traite transatlantique.

  

Des millions d’africains déracinés     

 

Pour rappel, la traite transatlantique des esclaves africains est dans l’histoire le plus vaste mouvement forcé de personnes innocentes. 

D’après les estimations de l’UNESCO, cette traite a déraciné 15 à 20 millions d’Africains qui ont été séquestrés et trainés de force dans les Amériques et les Caraïbes.

Ces personnes ont enduré une misère indescriptible de même que leur descendants et ce pendant des centaines d’années.

Bien que 400 années de traite transatlantique d’esclaves représentent un élément majeur de l’histoire mondiale, on n’en sait que très peu sur certains aspects de cette pratique de même que sur ses conséquences irréparables à travers le monde.

 

On n’en parle pas assez, on n’en sait pas assez     

 

Ce que l’on sait, c’est que depuis la fin du XVème siècle, l’océan Atlantique, autrefois une barrière redoutable entre les peuples vivant sur les quatre continents et qui empêchait les contacts réguliers entre ces peuples, est devenu pour la première fois un passage commercial qui a combiné les histoires de l’Afrique, de l’Europe, du continent Américain et des Caraïbes.

L’esclavage et la traite transatlantique des esclaves furent les piliers de ce procédé qui a fait du fond de l’océan un tombeau pour les millions qui n’ont pas survécu à l’épouvantable traversée.

On n’en parle pas assez, on n’en sait pas assez.

 

Mille fois bravo à Jason de Caires Taylor

 

Alors, mille fois bravo à Jason de Caires Taylor qui, à travers ses pièces, rend hommage aux ancêtres africains qui ont vécu et subi des traitements ineffables. 

Esclavage Silent evolution Culture Identité Son exposition subaquatique explore les frontières entre art, histoire, et environnement, relie objets inertes et organismes vivants et touche du doigt l’instant présent à travers un art en perpétuelle transformation.

 

Pour en savoir plus sur son art, vous pouvez aussi visiter une vidéo sur ce lien : 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=X33698McQ7g

Vous pouvez aussi visiter son site internet :

http://www.underwatersculpture.com/

Pour aller plus loin sur la traite transatlantique, le site des nations unis a mis en ligne

un article sur la commémoration des victimes de la traite.

 

20/09/12 – Émission « Devant La Réunion » du lundi 17 septembre 2012 : la retranscription     

 

Pierre Verges Tout en restant fidèle aux questions et réponses de l’émission, j’ai effectué une retranscription écrite en évitant les hésitations, les formules utilisées pour les transitions dans l’explication, et j’ai mis entre parenthèses les précisions utiles.. 

Bonne lecture.

 

Sophie Person : Pierre Vergès, bonsoir, ce midi, manifestation en soutien des journalistes agressés lors de la conférence de presse du député-maire de Saint-Leu, on a vu quelques politiques sur le parvis des Droits de l’Homme à Saint-Denis, mais pas vous ?

 

Pierre Vergès : Non, j’ai aussi à gérer d’autres aspects de ma vie, pas seulement professionnels, mais aussi personnels et familiaux et, à ce titre, je n’ai pas pu me dégager. En fait j’ai ma mère qui est dans une situation assez difficile. 

Je dois donc faire des choix. Ce qui ne m’empêche pas d’être totalement solidaire de la protestation qui a été exprimée de manière assez massive me semble-t-il à la lecture des reportages sur les divers sites internet.

 

Sophie Person : Qu’avez-vous pensé de cette affaire ?

 

Pierre Vergès : Je me dis que c’est quand même très dangereux comme dérapages parce que, si à chaque fois qu’un journaliste dit quelque chose qui nous heurte, il devait être excommunié, il n’y aurait plus beaucoup de journalistes ni au JIR ni au Quotidien, ni à Témoignages faut-il le souligner, et je ne parle pas d’autres media. 

Beaumarchais « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ! »

C’est extrêmement dangereux de vouloir une presse à son service, et c’est un des problèmes qui se pose aujourd’hui avec plus d’acuité au moment où notre île connaît une détresse sociale. Il ne faut pas utiliser cela à des fins électoralistes ou personnelles.

 

Yves Montrouge : Quand vous l’avez soutenu en 2008 aux municipales à Saint-Leu, était-il déjà comme ça ?

 

Pierre Vergès : Je ne sais pas s’il était comme ça de manière ostentatoire. Je ne le crois pas, mais manifestement, il a décidé de suivre une trajectoire personnelle, et de faire que sa carrière soit la plus conséquente possible, quitte à ce qu’elle soit brève.

 

Yves Montrouge : Mais quand vous dites que les journalistes ne doivent pas être attaqués, est-ce que Témoignages est exemplaire sur ce point ?

 

Pierre Vergès : Je ne dis pas qu’ils ne doivent pas être attaqués. Le fait de les désigner à la vindicte, c’est plus que les attaquer. 

Il m’est arrivé de voir des contre vérités proférées par celui qui est en face de moi, Mr Montrouge. 

J’ai répondu sur mon blog, parce que j’ai estimé de mon devoir d’y répondre, de manière ferme, mais sans excès. 

Cela ne veut pas dire que je désigne quiconque à la vindicte.

 

Yves Montrouge : C’est donc une bataille de mots, un débat d’idées…

 

Pierre Vergès : Oui, et dans ce cadre l’on peut déraper en parlant de « politicien démagogue », en disant « il se contredit »,etc. 

Ce sont des choses tout à fait normales. 

Presse-agressee-1 L’agression du journaliste Édouard Marchal

Ou alors, cela veut dire que l’on veut être mis sur un piédestal. Et c’est extrêmement dangereux parce que de la « démocrature », on passera à la « dictature ». 

Et tous les représentants politiques ou des media sont interpellés à titre personnel. 

C’est la raison pour laquelle j’ai parlé de responsabilité personnelle dans ma tribune libre en tant que politique.

 

Sophie Person : Témoignages ne se gêne par parfois pour attaquer les confrères. C’est l’organe de presse du PCR. Trouvez-vous cela normal ?

 

Pierre Vergès : Entre confrères, il y a parfois des mots (durs).

Vous parlez de Témoignages, mais vous auriez très bien pu parler du JIR et de son « voisin d’en face » (Le Quotidien).

Cela ne les empêche pas d’être solidaires (quand ils sont agressés). 

Faire un « procès » à Témoignages, au JIR ou autre est de mauvais goût. 

Par contre, il peut y avoir parfois des excès, qui peuvent conduire à se retrouver devant un tribunal. 

À ce sujet, vous savez très bien que j’ai dernièrement pris une position pour dire qu’il y a des excès qui ne nous honorent pas (quand on écrit qu’une personne qui quitte notre Parti nous fait penser à une « collaboratrice des nazis »).

 

Yves Montrouge : Donc pour vous, jamais d’agression physique ?

 

Pierre Vergès : Pas seulement.

Manif-journaliste Rassemblement de protestation des journalistes à Champ Fleury

Quand on dit que telle personne (la journaliste du JIR Clicanoo) n’a pas sa place là et doit « dégager » – alors même que cette personne n’est pas celle (Yves Montrouge) qui a assumé la qualification de « cinéma » (à propos de Thierry Robert) – sur une place publique, on va susciter chez certains une colère telle, en adhésion au combat qu’on mène et qui peut être légitime. 

On ne peut pas alors dire qu’on n’est pas responsable quand on sait que l’on a attisé cette colère qui peut être mauvaise conseillère.

 

Sophie Person : Vous siégez dans une majorité au côté de Thierry Robert, mais vous avez annoncé la semaine dernière que vous allez démissionner de votre poste de vice-président. Votre tribune libre commence par « Reconstruction du PCR : le dire, et le faire ». Cela veut-il dire que d’autres en parlent, mais vous, vous l’appliquez ?

 

Pierre Vergès : Dans cette tribune libre, j’ai souligné qu’il doit y avoir une responsabilité collective, non seulement dans les avancées, mais également dans les échecs. Ensuite qu’il doit y avoir, au-delà de cette responsabilité collective, une responsabilité personnelle. 

Comment je vois la mienne ? J’ai 55 ans environ. Dans 15 ans, j’aurai l’âge où Mr Jean-Louis Bianco (député PS qui a annoncé prendre sa « retraite politique » à cet âge) compte « arrêter ». Je suis un heureux grand-père de 4 petits-enfants. 

J’estime qu’il est de mon devoir de poursuivre mon engagement politique durant ces 15 prochaines années, mais pour « transmettre le relais », pour essayer d’apporter ce que je peux apporter par mon expérience, pour partir plus « apaisé », parce qu’il aurait de nouvelles générations qui émergeraient, avec la fidélité aux combats passés et aux principes qui ont prospéré, de manière à ce qu’il n’y ait pas ce que l’on voit aujourd’hui (les dérives et « trahisons ») pour se dire que la seule issue possible est de rester aux avant-postes et que les autres soient derrière. 

Pierre Vergès et Faaïza Ibrahim Au marché du Chaudron, avec Faaïza Ibrahim

Voilà ce qui m’a guidé, pour ce qui me concerne. 

À partir du moment où je dis que c’est une responsabilité personnelle, chacun doit répondre devant les media ou autres. Je ne suis pas là, moi, pour dire « untel fait bien, untel ne fait pas bien », je ne suis pas juge…

 

Yves Montrouge : Mais comment rester aux avant-postes si vous démissionnez en 2013 du poste de conseiller général, car vous n ‘aurez plus de mandat…

 

Sophie Person : Est-ce que ça veut dire que vous ne briguerez plus aucun mandat ?

 

Pierre Vergès : J’ai dit que je serai toujours dans des combats politiques, mais que je ne serai pas forcément aux avant-postes. 

Lorsque je fais une tribune libre, j’essaye d’être le plus précis possible. 

J’ai vu que cela n’empêche pas certains de mal la lire, et d’avancer ceci : « est-ce que ce ne serait pas pour préparer l’échéance municipale de 2014 au Port ? » 

Car si je dis qu’il s’agit pour moi de « passer le relais » en 2013 en sortant « par la porte » du Conseil général, ce n’est pas pour revenir « par la fenêtre » et conduire en 2014 une liste municipale au Port. Sinon, je serai en contradiction avec moi-même ! 

Par contre, est-ce que je dois être présent ? Je le souhaite ardemment, mais tout dépendra de ce que les camarades souhaitent.

 

Sophie Person : Mais est-ce que vous pourriez plus tard être à nouveau candidat ?…

 

Pierre Vergès : Oui, j’ai dit que je mènerai la bataille là où le Parti le souhaiterais, à Saint-Denis, au Port, comme ailleurs.

Pierre Verges et Elisabette Ponama Aux législatives dans l’Est, avec ma suppléante Elisabeth Ponama

Si on me dit que ça ne sera pas (certain d’être) couronné de succès, heureusement ! Quand on mène des batailles aussi difficiles qu’à Saint-Paul contre Paul Bénard, alors maire, aux élections cantonales de 1985, qu’à Saint-Denis contre Gilbert Annette, alors maire, au deuxième tour des élections de député en 1993, qu’à Saint-André en 2007 dans une circonscription difficile où je n’ai pas eu un franc soutien de l’ensemble de mes camarades, il faut le dire sans « langue de bois »…

 

Yves Montrouge : Vous parlez d’Eric Fruteau ?

 

Pierre Vergès : Je ne parle pas de Eric Fruteau, je parle de camarades qui n’ont pas été aux avant-postes à mes côtés… effectivement que ce sont des batailles difficiles, mais peu me chaut : le problème n’est pas simplement d’être élu. 

Je rappelle que les batailles et les conquêtes politiques à La Réunion l’ont été par un parti qui n‘avait pas beaucoup d’élus… peut-être que lorsqu’il en a eu trop, cela a posé problème.

 

Yves Montrouge : Vous faites cette tribune, l’assemblée générale pour la reconstruction a lieu le 30 septembre, est-ce que ce n’est pas pour vous positionner auprès de vos camarades en arguant qu’étant libre de fonctions électives, vous pouvez prendre les rênes de ce PCR reconstruit ?

 

Pierre Vergès : Vous me donnez là l’occasion de dire ceci : je ne souhaite absolument pas être le secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais. 

Est-ce que je souhaite faire partie d’une direction collégiale ? Si les camarades estiment que j’y ai ma place, j’assumerai. S’ils estiment que je n’y ai pas ma place, je resterai un militant de base, comme le disent certains, sans venir contrecarrer l’orientation qui aura été prise par ce parti. 

Car j’estime malgré tout que c’est ce parti auquel j’appartiens, et aucun autre.

 

Yves Montrouge : C’est vous qui ne souhaitez pas (être secrétaire général) ou c’est parce que vous êtes un peu contesté au sein du parti, parce que vous êtes « fils de »… est-ce que c’est un handicap ?

 

Pierre Vergès : Pour certains c’est sans doute un handicap, une « tare ». En ce qui me concerne, je souhaite qu’il y ait une direction collégiale. Cela va à l’encontre de la pratique habituelle dans les différents partis…

 

Yves Montrouge : c’est-à-dire, plus de secrétaire général ?

 

Pierre Vergès : Il doit y avoir un secrétariat général avec des responsabilités assignées à chacun de ses membres, et c’est ainsi que l’on pourra avoir cette transmission du relais, je l’espère, par des « anciens » qui ont apporté énormément, qui restent présents pour accompagner, et non pas dire « maintenant que vous prenez les rênes, débrouillez-vous ». 

C’est dans cette approche collégiale que l’on pourra susciter l’engagement et la motivation de jeunes générations dans un cadre d’organisation disciplinée, et non pas dans un cadre où chacun décide…

 

Sophie Person : Est-ce que vous pensez aussi comme certains qui disent que Paul Vergès devrait se retirer ?

 

Pierre Vergès : Je ne suis pas à la place de Paul Vergès.

Paul Vergès meeting Saint André  Mais en ce qui me concerne, quand je dis que je vais démissionner en 2013, pas avant, j’ai expliqué pourquoi.

Il y a des problèmes sensibles en matière de transports ou autres. Mais les problèmes demeureront après 2013, sinon ce serait avoir la prétention de certains députés maires. 

Moi je ne souhaite pas apparaître comme le messie. Je souhaite simplement apporter mon concours (à la reconstruction) et dans ce cadre démissionner en 2013. D’autres le feront peut-être en temps voulu. En tout cas, pour ma part, je crois que c’est un signe fort qu’il faut apporter pour le bien de notre Parti.

 Firose Gador et Pierre Vergès Avec Firose Gador  

 

Yves Montrouge : Vous dites que vous démissionnez seulement en 2013 au profit de Firose Gador parce que vous avez des délégations au Conseil Général…

 

Pierre Vergès : Ce n’est pas parce que j’ai des délégations, c’est parce que je suis engagé de par ces délégations dans des procédures déjà en cours, notamment (pour la délégation des transports) la réalisation d’un plan départemental de transports, et pour l’agriculture la réalisation des cahiers de l’agriculture. 

Pour les transports, il s’agit de marquer de notre empreinte, par un saut qualitatif, l’action du Conseil Général pour les 10 ans à venir. Ça devra d’abord être débattu en assemblée plénière.

Mais 10 ans, cela permet d’asseoir une politique, notamment en matière d’investissement pour les transporteurs.

À ce sujet, je souligne que je souhaite que cela soit comme pour le Parti, c’est-à-dire dans la continuité de ce qui s’est fait, et non pas arriver à dire à ceux qui ont travaillé à construire les transports dans le département de La Réunion, « dégagez ». 

Il faut que le département retrouve sa vocation « express » parce que les usagers disent « quels transports départementaux quand on fait de Saint-Denis à Saint-André en passant par Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, où il y a X stations et où l’on met plus d’une heure (de trajet) ».

carte de La Réunion réseau transports car jaune  Carte des communautés d’agglomération

 

Sophie Person : Mais où en est-on des transports quand on sait qu’il y a eu beaucoup de soucis avec la Région, notamment pour créer ce fameux syndicat mixte des transports ?

 

Pierre Vergès : Le plan départemental des transports ne dépend absolument pas de la Région. Il concerne les autorités organisatrices de transports urbains que sont la CINOR, la CIREST, le TCO, la CIVIS et la CASUD, et le Département. 

Notamment parce que le département a des lignes qui ne sont pas des lignes express, et fait le travail « au lieu et place » de certaines communautés d’agglomération pour certaines lignes. Pour certaines lignes, car par ailleurs, les communautés d’agglomération font aussi leur boulot. 

Mais aujourd’hui, dans le cadre de ce nouveau contrat (de DSP, délégation de service public en 2013), on risque d’être sanctionné par la Préfecture (dans le cadre du contrôle de la légalité) si nous nous occupons de « choses » (lignes en service) qui relèvent des communautés d’agglomération. 

Nous avons donc une opportunité formidable de mettre des lignes express au plus grand plaisir de celles et ceux qui n’ont pas besoin de passer par X stations pour arriver là où ils doivent travailler. 

Ce travail, je suis en train de le faire. Je ne peux pas transmettre le relais dans de mauvaises conditions, ce qui serait la démonstration si je partais dès maintenant. 

Mais ne vous tracassez pas, soyez rassurés, on se retrouvera mi-2013, car en ce qui me concerne, le dire, et le faire est quelque chose de très fort.

 

Yves Montrouge : N’est-ce pas comme certains le disent, aussi parce que vous êtes esseulé au sein de la majorité du Conseil Général ?

 

Pierre Vergès : Pas en ce qui concerne les transports, ou alors ce serait très grave. 

Pierre Vergès Michel Dennemont et Axel Vienne Michel Dennemont, Axel Vienne et Pierre Vergès

 

Yves Montrouge : Je parle de manière générale, car il y a eu un groupe qui s’est créé autour d’Eric Fruteau avec des élus de Saint-André et des élus de Saint-Paul avec Huguette Bello, alors que vous, vous êtes seulement 3 avec Roland Robert et Loulou Hyppolite…

 

Pierre Vergès : Mais ça ne nous empêche pas de travailler dans la plus grande sérénité pour le bien du Département.

Dans cette majorité, il y a différentes trajectoires, les Modérés du sud, du nord, on parle même des socialistes du sud, du nord, au sein du département, peut-être pas avec le même fracas… mais chacun verra midi à sa porte tôt ou tard.

 

Sophie Person : On a pourtant un peu de mal à imaginer cette majorité plurielle arriver à travailler ensemble et que les dossiers avancent aussi vite que s’il y avait eu une majorité « normale »…

 

Pierre Vergès : Je ne sais pas. En ce qui me concerne, je travaille en étroite collaboration avec mon collègue Michel Dennemont. 

Et nous faisons tout pour être dans les délais pour l’élaboration du plan départemental des transports, qui devrait être débattu (en assemblée plénière) au plus tard en novembre, de telle sorte qu’il serve à un cahier des charges pour une consultation (des entreprises) de délégation de service public qui sera mise en œuvre à mi 2013.

Chacun prendra ses responsabilités. 

Mais je ne vais pas faire de problèmes de personnes.

Je pose des principes : le Département doit-il avoir une vocation « express » en matière de transports ?

Je pense que oui.

Sinon, on ne comprend pas comment la ligne « Zéclair » (notamment la ligne express de Saint-Denis à Saint-Pierre) marche terriblement bien, alors que d’autres lignes marchent moins bien parce qu’il y a des problèmes de temps de trajet qui sont insupportables.

 

Sophie Person : Vous nous dîtes que vous êtes en train de mettre en place des lignes rapides, express. N’êtes-vous pas en train de mettre en place le Trans Eco Express de Didier Robert ?

  

Pierre Vergès : Non. Le Trans Eco Express de Didier Robert prévoyait 2000 bus.

Aujourd’hui, il se réduit à quelques bus puisqu’il déclare qu’il faut prendre en compte les bus existants. Dont acte. 

En tout état de cause, la Région est la bienvenue dans un syndicat mixte (de transports) où il devrait y avoir l’ensemble des communes représentées bien sûr par l’intermédiaire de leurs communautés d’agglomération. 

Stationnement parking-surface Le casse tête du stationnement

Parce qu’au-delà des problèmes de lignes de transports, express ou urbaines, avec des TCSP (transport collectif en site propre) comme celui du Chaudron au centre ville de Saint-Denis, il y a des politiques de police de la circulation et de stationnement qui peuvent ou fragiliser le dispositif que l’on met sur pied, ou au contraire l’encourager. 

Ces compétences relèvent des maires.

Si l’on ne les associe pas au syndicat mixte, on fera une politique de transports qui ne tiendra pas compte des politiques de circulation et de stationnement. C’est un non-sens . 

J’espère qu’on ira vers ça (leur implication).

 

Yves Montrouge : Qui doit prendre cette initiative ? Pourquoi cela ne s’est pas fait jusqu’à maintenant ?

 

Pierre Vergès : La Région ne souhaite pas qu’il y ait plus de 2 représentants par communauté d’agglomération.

Même si Saint-Louis est plus grande que Les Avirons, cela ne me plairait pas trop que Saint-Louis vienne dicter aux Avirons, ou à l’Etang-Salé, la politique en ce domaine alors même que la population souhaite qu’il y ait un représentant de sa commune, qu’elle a élu.

 

Yves Montrouge : Vous dîtes ça parce que c’est Claude Hoarau ?

 

Pierre Vergès : Non, je pourrai citer La Possession et Saint-Leu (qui font partie du TCO)…

 

Sophie Person : Ça fait quand même 2 ans que le dossier bloque…

 

Pierre Vergès : Je vous rappelle que j’ai posé publiquement sur mon blog les données du problème : 

19 août 2011

http://blog.pierreverges.fr/routes-transports-btp/a-propos-du-syndicat-mixte-des-transports-de-la-reunion-ne-pas-mepriser-les-representants-du-peuple

5 septembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/politique-locale/transports-region-departement-epci-et-syndicat-mixte-gardons-une-attitude-politique-respectueuse-des-autres

9 décembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/institutions/syndicat-mixte-de-transports-et-tee-la-balle-est-dans-le-camp-de-la-region  )

Que l’on me réponde.

Fabienne Couapel Sauret Fabienne Couapel Sauret : impossible de travailler si on est à 42 élus ?

Mais la seule réponse qui a été faite est qu’avec 42 personnes (du fait de la représentation de chaque commune) ce sera un « foutoir », car « on ne peut pas travailler quand on est à 42 ». 

Moi je trouve assez surprenant que l’on puisse dire que l’on ne peut pas travailler s’il y a un représentant de chaque commune (30 en tout, pour que chaque communauté d’agglomération ait 6), et des représentants du département (6) et de la Région (6).

C’est considérer des élus comme des incapables.

Je ne peux pas abonder dans cette voie. 

J’ai posé le problème.

Si la Région l’entend, très rapidement cela (le syndicat mixte) peut être créé. 

Et nous devons aller beaucoup plus loin que le plan départemental des transports, avec la discussion sur une zone unique, pour payer le même tarif si vous allez de Saint-Benoît jusqu’au Tampon (en passant par Saint-Denis), sur la possibilité d’utiliser les réseaux urbains CINOR, CIREST, CIVIS, TCO, CASUD (avec le ticket Car Jaune).

Je pense que c’est une « révolution » qui doit être accompagnée par la Région. 

Mais à condition que la Région ne dise pas « il faut (seulement) 2 représentants pour la CINOR », (donc au besoin) tirés au sort entre Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne par exemple. Ça ne fait pas sérieux.

 

Sophie Person : Parlons du dossier important de la Route du littoral. Il y a une sénatrice des « Verts » qui a dénoncé le coût de cette route. Qu’est-ce qui ne va pas dans ce projet selon vous ?

 

Pierre Vergès : Il y a beaucoup d’aléas.

Difficile et périlleux d’en parler en 2 secondes sans paraître escamoter le dossier.

route du littoral projet Didier Robert routes transports Le projet de Didier Robert

J’en ai parlé sur mon blog « en long, en large et en travers » : 

25 juillet 2012 :

http://blog.pierreverges.fr/institutions/environnement-routes-transports-et-deplacements-a-propos-de-la-nouvelle-route-du-littoral-le-risque-dun-echec-retentissant

8 février 2012

http://blog.pierreverges.fr/tribune-libre/tribune-libre-de-bruny-payet-la-commission-denquete-pouvait-elle-sopposer-a-la-route-littorale-en-mer

17 novembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/institutions/ma-tribune-libre-a-paraitre-dans-la-presse-quotidienne

2 novembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/developpement-durable-2/route-du-littoral-chiche-pour-un-referendum-volet-13

3 novembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/developpement-durable-2/route-du-littoral-chiche-pour-un-referendum-volet-23

4 novembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/developpement-durable-2/route-du-littoral-chiche-pour-un-referendum-volet-33

10 octobre 2011

http://blog.pierreverges.fr/presidentielle-2012/la-population-reunionnaise-a-droit-a-des-mises-au-point-sur-la-future-ex-route-du-littoral-insecurisee

16 septembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/routes-transports-btp/lettre-ouverte-1-%E2%80%A8a-monsieur-le-president-de-la-region-%E2%80%A8a-propos-de-son-numero-special-mag’-n°3-%E2%80%A8sur-son-projet-de-route-en-mer

15 septembre 2011

http://blog.pierreverges.fr/routes-transports-btp/nouvelle-route-du-littoral-est-on-a-la-veille-dun-nouveau-scandale

16 juillet 2011

http://blog.pierreverges.fr/alerte-climat/lu-sur-le-site-du-journal-le-monde-un-rapport-souligne-le-poids-des-catastrophes-naturelles-sur-leconomie  )

 

En reproduisant ma contribution (le 2 décembre 2011) à l’enquête publique qui s’est faite

http://blog.pierreverges.fr/routes-transports-btp/enquete-publique-–-nouvelle-route-du-littoral-volet-14

http://blog.pierreverges.fr/routes-transports-btp/enquete-publique-–-nouvelle-route-du-littoral-volet-24

http://blog.pierreverges.fr/routes-transports-btp/enquete-publique-–-nouvelle-route-du-littoral-volet-34

http://blog.pierreverges.fr/routes-transports-btp/enquete-publique-–-nouvelle-route-du-littoral-volet-44 ),

Où je soulignais qu’il y avait des aléas techniques, environnementaux et financiers.

Il faut effectivement aller vite, mais il faut d’abord résoudre un premier problème, qui est celui de l’entrée dans Saint-Denis pour éviter durant le temps des travaux, qui devrait nous conduire à 2017-2020, qu’il y ait des embouteillages sur la route du littoral. 

Sinon cela ne résoudra pas les risques de drames, pas sur une ou deux voitures.

Aujourd’hui, c’est faire durer le risque de drames pour des dizaines et des dizaines de voitures en cas d’effondrement de masse.

 

Sophie Person : Mais il y a bien eu un accord pour les études (avec Saint-Denis et la CINOR)…

 

Pierre Vergès : Ces études, quand vont-elles aboutir ? On n ‘en sait rien.

Deuxièmement, quels vont être les financements ? On n’en sait rien, rien n’est prévu (aujourd’hui).

 

Yves Montrouge : Pour le Tram Train aussi il y a eu des études. Il faut bien passer par des études…

 

Pierre Vergès : Il faut bien sûr passer par des études.

C’est la raison pour laquelle il faut très vite connaître  quand se termineront ces études. 

Comment faire pour ne pas résoudre seulement la question du Boulevard nord (de la caserne Lambert au Cimetière en passant par le Barachois) ?

Et de faire que le Boulevard Sud (du Tronçon U2 jusqu’à la technopole en passant par la Trinité) soit une véritable rocade pour que les véhicules « dégagent » très vite de la portion qui les « embouteille » sur la route du littoral, sous la falaise. 

Et à partir de là, se dire qu’il faut résoudre la question du passage des Dyonisiens qui habitent en amont du Boulevard sud (à Bellepierre, Camélias, Saint-François, Bois de Nèfles, Moufia, La Bretagne…) pour se rendre en aval. 

Boulevard Vivier Merle Cela pose le problème d’ouvrages de franchissement aérien, qui existent dans beaucoup de villes, Toulouse ou ailleurs. 

Et pour cela, il ne faut pas « 36000 » études. Il faut avoir la détermination de le faire. 

Ensuite, il faut faire une nouvelle route « sécurisée », mais peut-être pas avec la solution « pharaonique » de 6 voies en mer. 

Il y a une suggestion qui a été faite d’un tunnel pour coupler (les voies d)’un Tram Train en monotube et deux voies (routières) pour aller de La Possession à Saint-Denis. Ce qui voudrait dire que les voies existantes côté mer pourraient être plus protégées avec les déblais du tunnel, et de faire qu’il n’y ait aucun embouteillage sur cette route dangereuse…

 

Yves Montrouge : Déjà la sénatrice Archambaud dit que cette route est un « projet coûteux et rétrograde »,  si vous décidé d’un tunnel routier avec un Tram Train, ce serait plus qu’un projet coûteux…

 

Pierre Vergès : Non, ce serait moins cher puisque le coût du tunnel a été identifié par certaines sociétés, et cela coûterait beaucoup moins cher que de faire ce projet, pour peu que l’on utilise les déblais (du tunnel à 2 voies routières plus les voies du Tram Train) comme piège, en cas d’effondrement de masse, côté montagne. 

Il suffirait (pour s’en convaincre) de faire déjà une étude sommaire par la Direction des Routes (Direction régionale des routes – DRR), ensuite de soumettre la question à des experts, notamment de l’Inspection (Générale) des Ponts et Chaussées. 

Quitte à se dire alors qu’on a (encore) perdu un peu de temps, mais résolvons d’abord le problème des entrées de Saint-Denis parce que en attendant de faire la route du littoral, quelle qu’elle soit, il faut éviter que des voitures restent prisonnières sous la falaise.

 

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